samedi 24 novembre 2012 - par Daniel Salvatore Schiffer

Les dindons de la farce : Barack Obama et la peine de mort aux USA

Quel grand humaniste, ce Barack Obama ! Il s’apprête en effet, son large sourire aux lèvres et sa charmante petite famille à ses côtés, à gracier deux dindes, qui viennent d’être acheminées sous escorte policière dans un luxueux hôtel de Washington, comme il le fait chaque année, depuis son élection à la présidence des Etats-Unis d’Amérique et lors d’une très officielle cérémonie tous les quatrièmes jeudis du mois de novembre, à l’occasion de « Thanksgiving » : fête traditionnelle depuis 1671, début des guerres amérindiennes. C’est à cette célébration populaire que remonte le premier grand repas historique qu’une administration publique (la ville de Charlestown), alors présidée par les colons anglo-saxons du Nouveau Monde, concocta pour remercier Dieu - d’où le nom de « thanksgiving », signifiant « actions de grâce » - de leur avoir octroyé une victoire aussi providentielle qu’inespérée (de leur point de vue) sur les indigènes. En d’autres termes, les Indiens.

 

LE PREMIER GENOCIDE DE L’HISTOIRE MODERNE

D’où, notre perplexité : étrange, donc, que ce président, prix Nobel de la paix et dont les ancêtres furent des esclaves, se prête d’aussi bonne grâce (c’est le cas de le dire) à la commémoration de ce qui s’avéra ainsi là, via cette sanguinaire guerre de conquêtes territoriales, le prélude au premier génocide - la quasi extermination des Indiens d’Amérique, précisément, et, plus tard, leur abjecte concentration en d’infâmes réserves dites « naturelles » - de l’histoire moderne !

Mais passons : il est vrai qu’Obama, qui n’aura strictement rien fait jusqu’ici pour mériter les honneurs de l’Académie d’Oslo, hormis quelques beaux discours théoriques (mais c’est plutôt le prix Nobel de littérature, censé récompenser phrases et mots, qu’il aurait alors fallu lui attribuer), n’en est plus à une contradiction ni une baliverne près. Que la nation que ce bavard préside depuis maintenant près de cinq ans - et que l’on dit par ailleurs être (sans rire) la plus grande démocratie du monde - occupe la troisième place du podium en matière de peine capitale, juste derrière l’Iran et la Chine mais avant même les dictatures religieuses pratiquant la Charia (l’Arabie Saoudite, le Bahreïn, le Qatar, la Somalie…), ne semble pas trop le déranger : pas un seul petit mot, en effet, n’a jamais été prononcé par son illustre personne, pourtant friande donc de belles paroles, à l’égard des condamnés à mort de son pays, où la Californie vient par ailleurs de rejeter, à une écrasante majorité, l’abrogation de la peine de mort.

 

EXECUTIONS CAPITALES

Pensez : 218 exécutions par injonction létale (l’un des pires supplices qui soit) ont déjà été effectuées depuis que Barack Obama a été élu président des Etats-Unis, en 2008, sans que celui-ci ne trouve rien à redire, du moins publiquement, ni même ne bronche ! A ceux qui voudraient le détail des chiffres, en ce macabre décompte d’assassinats légalisés (il est vrai très « high tech » malgré parfois leurs très cruels « ratés » pour les plus inexpérimentés de ces bourreaux) dans les pénitenciers yankee, le voici donc : 37 en 2008 ; 52 en 2009 ; 46 en 2010 ; 43 en 2011 ; 40 en 2012. Une bonne et très stable moyenne, apte à satisfaire ces tortionnaires en col blanc et cravate « regimental » qui ne jurent que par la Bible : « in God we trust », assure même, dans un bel encadré sur fond de billet vert, le sacré dollar !

Certes sais-je pertinemment bien que le président américain, aussi puissant soit-il, ne dispose d’aucun pouvoir, au sein des 33 Etats (sur les 50 qui composent les USA) pratiquant encore cet inique et barbare châtiment. C’est là une prérogative, quasiment exclusive, de leur Gouverneur respectif. Mais, enfin, les abolitionnistes (dont je suis) de la peine de mort s’attendaient tout de même à ce qu’un homme aussi influent que Barack Obama profite de son incomparable stature politique, auréolée du très prestigieux prix Nobel de la paix de surcroît, pour tenter d’infléchir un tant soit peu, nanti de sa bonne parole justement, la conscience de ceux qui décident ainsi, sans pitié ni remords et avec une insensibilité défiant tout cynisme, du sort - la vie ou la mort - de dizaines d’êtres humains, et parfois, qui plus est, innocents (tels Troy Davis ou Hank Skinner, tous deux victimes d’une terrible erreur judiciaire) ou à la limite de la déficience mentale (telle Teresa Lewis, qui, à l’époque du crime dont elle a été accusée, était sous l’emprise du véritable meurtrier).

D’où, cette seconde perplexité : que ne sont-ils donc, ces pauvres hommes et femmes retenus captifs dans les angoissants couloirs de la mort, des dindes ? Peut-être auraient-ils ainsi un jour la chance, paradoxalement, de trouver grâce aux yeux de l’inénarrable Obama, ce démagogue hors pair (avec un autre silence assourdissant, allié à une non moins consternante inaction, sur le processus de paix au Proche et Moyen Orient, sur le camp de prisonniers de Guantanamo, sur le port d’armes à feu, sur l’émergence de l’intégrisme islamiste au sein des révolutions arabes, etc.) dont les plus naïfs d’entre nous - ceux qui ont cru un peu trop rapidement à ses discours de circonstance et autres vaines promesses - se révèlent être aujourd’hui les dindons de la farce !

DANIEL SALVATORE SCHIFFER*

 

* Philosophe, auteur de « La Philosophie d’Emmanuel Levinas - Métaphysique, Esthétique, Ethique » (Presses Universitaires de France), porte-parole francophone du Comité International contre la Peine de Mort et la Lapidation (« One law For All »), dont le siège est à Londres.



27 réactions


  • cevennevive cevennevive 24 novembre 2012 11:09

    Bonjour Monsieur Schiffer,

    Pas une seule virgule à changer dans votre article qui reflète exactement ce que, personnellement, je pense très sincèrement.

    Effectivement, l’on aurait pu penser qu’Obama change, si peu que ce soit, ce sentiment d’orgueil et de puissance qu’ont les USA. Cela n’a pas été le cas.

    Cependant, existerait-il au monde un futur président des Etats-Unis capable de changer une telle certitude d’être les plus fort, et d’avoir toujours raison ? Je ne le crois pas... Même les « ratages » économiques ou géopolitiques se transforment en performance chez « ces gens-là ».

    Cordialement.


  • jacques lemiere 24 novembre 2012 11:14

    Certes mais la peine de mort est surtout un symbole...en pratique...ce n’est rien.. pourtant cela possède un immense pouvoir clivant, du , à mon avis au fait que se déclarer contre la peine de mort n’a pas beaucoup de conséquence sur sa vie personnelle, c’est donc très facile et très discriminant. On fronce les sourcils on prend un air pénétré et on manifeste contre..la peine de mort aux usa en passant devant des sdf dans la rue...

    En france la peine de mort concernait un cas par an...on peut m^me se demander pourquoi c’est si clivant tant c’est insignifiant....
     
    Mettre fin à la pauvreté, soigner les gens assurer la prospérité du pays sont des objectifs qui priment l’abolition selon moi.. j’ajouterais en ce qui concerne la justice, il y a d’autres réformes à mettre en place par exemple pour éviter d’exécuter des innocents ( qui peut revenir en pratique à une quasi suppression de la peine de mort)..Il suffit de regarder regarder la population carcérale américaine pour voir que le malaise social est grand.
    Alors certes, abolition pourquoi pas mais si le prix à payer pour l’obtenir est d’empêcher les autres réformes..ça n’en vaut pas le coup. c’est une opinion !
    Et puis Obama n’est peut être pas non plus contre l’abolition de la peine de mort...Il est difficile d’admettre la politique belliciste d’un pays et de s’offusquer du sort réservé à des assassins de sang froid..Une bombe qui s’égare sur une école en Afghanistan ou exécuter un assassin qu’est ce qui vous choque le plus ?




  • Éric Guéguen Éric Guéguen 24 novembre 2012 12:07

    Bonjour.

    Pourquoi les philosophes qui sont pour la peine de mort n’interviennent jamais dans les débats à ce sujet, en France ? On a coutume d’entendre qu’il n’y a plus de débat à tenir à ce sujet, que les Français sont définitivement mieux éduqués que les Américains, etc.

    N’y a-t-il réellement que le Français moyen qui soit pour un retour de la peine de mort en France ? Ou bien faut-il signer un jour au bas d’une feuille en promettant de ne jamais dire publiquement que l’on est pour la peine de mort pour se voir considérer comme intellectuel dans notre beau pays ?

    Je ne vise aucunement Monsieur Schiffer, je déplore simplement l’hypocrisie qui consiste à ne donner la parole, en France, qu’aux abolitionnistes.


    • Francis JL 24 novembre 2012 14:33

      « je déplore simplement l’hypocrisie qui consiste à ne donner la parole, en France, qu’aux abolitionnistes. »

       !!!

      Mais qu’est-ce qu’il dit ? De quoi parle-t-il ? Y a-t-il quelqu’un qui « donne la parole », en France ?

      Et d’abord, il n’y a pas d’abolitionnistes en France, puisque la peine de mort n’y est plus pratiquée.


  • Francis JL 24 novembre 2012 14:29

    "218 exécutions par injonction létale (l’un des pires supplices qui soit) ont déjà été effectuées depuis que Barack Obama a été élu"

    Des injonctions, vous êtes sûr ?

    Sur le fait qu’une injection létale est un supplice, on aurait ailé un peu plis de références.


    • Éric Guéguen Éric Guéguen 24 novembre 2012 15:02

      @ edelweiss :

      InjEction...


    • Francis JL 24 novembre 2012 18:50

      Tout à fait d’accord avec vous edelweiss,

      c’est ce que je voulais souligner.

      Il se dit que cette injection paralyse et fait souffrir terriblement, si bien que les ’spectateurs’ ne voient rien, avec leurs yeux.

      C’est regrettable pour le supplicié. Surtout en cas d’erreur judiciaire.


  • velosolex velosolex 24 novembre 2012 15:34

    Bravo pour cet article
    Mille fois raison de faire l’enchainement sur d’autres loies scélérates, issues du choc du 11 Septembre ( a ce propos on ne perdra pas son temps à lire le livre de Noamie Klein : La théorie du choc, où elle montre comment la notion de choc, est mise à profit, et parfois instrumentalisée, pour faire voter des lois régressives)

    N’épiloguons pas sur la valeur de ce prix nobel de la paix, donné par le passe à Kissinger, by exemple, et qui fut le supporter voir l’ investigateur des pires régimes en Amérique du sud, et qui a le sang de milliers de victimes sur ses mains, pourtant portant boutons de manchette en or.

    Barak, comme on l’appelle, semble si sympa.
    Sauf qu’il a juste donné un coup de peinture blanche sur la baraque des states, un truc qui ressemble à cette maison du shérif, vous savez, avec la prison interne, et l’arbre en face, pour pendre les suspects et surtout se soulager.

    L’Amérique s’est construite sur des valeurs pionnières : Liberté de ne pas s’emmerder, d’entreprendre et de prendre. L’exécution capitale fait partie de ses cartes truquées, issues d’un passé mythifié ou la loi du juge lynch permettait jusque dans les années trente de pendre des grappes de noirs aux branches des arbres.

    « Stranges fruits ! » Chantait Billie Hollyday, la divine !

    Les enfants des écoles étaient conviés parfois à aller voir ce genre de choses, et l’on en faisait des cartes postales.

    Inutile de dire combien la peine de mort fait partie combien de cette histoire basée sur la violence, et qu’il faudrait un certain courage pour s’y attaquer. Autant qu’à s’attaquer au port d’armes, qui est son pendant expéditif, et personnalisé.

    L’amérique s’est adjugé aussi un droit de vie et de mort sur le monde, avec la bombe atomique, dont elle reste encore à ce jour, heureusement, la seule utilisatrice.

    Une firme comme Montsanto, responsable de la mort de milliers de suicides de petits paysans en inde, est a classer, dans son ambition de s’emparer du vivant, et donc de distiller la mort, dans la même catégorie que ces prédateurs, ne s’encombrant d’aucun sentiment humain pour appuyer sur le bouton.


    • Éric Guéguen Éric Guéguen 24 novembre 2012 17:03

      @ velosolex :

      "L’Amérique s’est construite sur des valeurs pionnières : Liberté de ne pas s’emmerder, d’entreprendre et de prendre...« 

      Liberté de porter une arme à feu également... C’est donc un problème culturel. Ça les regarde et ils y souscrivent en majorité. Alors soyons à leur encontre... comment dit-on déjà... ah oui... »tolérants" ! smiley


    • velosolex velosolex 24 novembre 2012 18:02

      Etre tolérant, c’est très bien, mais uniquement vis à vis de gens qui le sont aussi, sinon ça s’apparente à de la faiblesse. Avait-on raison d’être tolérant vis à vis de la politique de monsieur Hitler comme on disait, dans les années trente ?

      L’Amérique en tout cas ne supporte pas de recevoir des leçons des autres, et elle ne supporte pas les campagnes lancées contre elles, ce qui a l’effet souvent contraire, d’exacerber sa paranoïa, parfaitement constitutionnelle.
      On sait qu’elle fut construite par des réfugiés, des criminels, des gens qui avaient un compte à régler avec qu’ils appelaient le vieux monde.
      Tout est là, susceptible de transformer un paradis en enfer, le noir et le blanc, le bien et le mal, les deux marqueurs sorties d’une lecture partisane et primitive de la bible, transformée en machine à laver la pensée, et en justificatif des pires actions.
      L’Amérique fait ainsi parfois écho avec les fondamentalistes salafistes.

      Mais il faut nuancer les choses en bien des matières, qu’un petit billet ne peut que trahir.
      Un creuset d’énergie et d’optimisme, la rencontre de cultures différentes et sans cesse renouvelées.
      Il faut lire la littérature américaine, qui reste sans doute la mieux à même de nous transmettre toutes ces nuances : Ron Rash, Russel Banks, Mac Carthy, Annie Proulx, Jonathan Frantzen......Les meilleurs ambassadeurs de ce grand pays.


    • Éric Guéguen Éric Guéguen 24 novembre 2012 18:35

      @ velosolex :

      Vous dites que les Américains ont horreur de recevoir des leçons de morale, je suis d’accord. Mais quel pays aime ça ? Par ailleurs, il ne faut pas oublier que la France, elle, adore en donner !!! Nous sommes mondialement connus pour ça et ça nous rend antipathiques aux yeux des autres, Américains inclus.


    • velosolex velosolex 24 novembre 2012 19:17

      Personne n’aime recevoir des leçons de morale, si c’est dire les choses ainsi, comme disent les les ados
      Mais on peut les appeler simplement autrement , des échanges, des conseils, des analyses, toutes ces choses ayant rapport à la vie, mais tant que le monde est monde, les gens continueront à en donner et en recevoir, la preuve qu’ils sont vivants et réactifs, et non pas indifférents à ce qui se passe autour d’eux.
      Si nous polémiquons ici, c’est pour échanger les uns avec les autres.
      Le monde évolue en régresse en rapport avec des forces convergentes ou opposées, et tant qu’on a une bouche ou un esprit il est vital de s’exprimer et de travailler à l’émergence de valeurs à qui l’on croit.
      Les USA ne se privent pas de cet usage, et ils utilisent les moyens qu’il faut pour ça : Première puissance du monde du spectacle, et leur président est aussi un formidable acteur !


  • appoline appoline 24 novembre 2012 17:56

    Dans les cas où la culpabilité est prouvée pour les crimes sadiques, viols et tortures, la peine de mort ne me pose aucun problème. Il ne faut pas rêver, si le gouvernement français avait fait un référendum cette loi contre la peine de mort n’aurait jamais été votée. 


    Enfermer les ordures à vie au frais du contribuable est tout bonnement un non-sens qui coûte cher à la société. Et les victimes, on ne parle jamais des victimes, quand vous aurez une soeur, une fille qui passera dans les pattes d’un désaxé, peut-être aurez-vous un peu d’imagination pour comprendre ce qu’elle a enduré

    • velosolex velosolex 24 novembre 2012 18:15

      Appoline

      Je comprend votre révolte, comme beaucoup d’ailleurs qui s’insurgent devant les décisions de justice aberrante : Incompréhensible de laisser courir des multirécidivistes.
      Incompréhensible aussi cette collusion de peine, qui fait qu’un type, même s’il est jugé pour 15 crimes commis, ne sera condamné qu’à une durée ne pouvant pas être supérieure, au jugement rendu du crime le plus sanctionné.
      A mon avis, le facteur économique joue à fond dans ce genre de décision : Un détenu coute cher.

      On sera surpris de constater par ailleurs qu’en prison moisisse des personnes, non dangereuses pour les autres. Elles seraient sans doute amendables d’une autre façon, par exemple par des travaux d’intéret général, ou par des amendes.
      La prison est là à mon avis, pour empêcher de nuire les pervers, les tueurs, tous ces psychopathes dont on sait qu’ils offrent un risque majeur.

      Pour autant, il faut refuser la peine de mort. Inutile de chercher les justifications, elles existent tant que je perdrais mon temps à les donner. Allez faire un tour sur le net.
      La plus évidente en tout cas à admettre et le risque évident d’erreurs judiciaires, et elles sont légions, on le sait.
      Alors évidemment en l’appliquant sans se poser des questions on fait des économies, ne serait-ce que les indemnités qu’on ne versera pas, en cas de cassation du jugement, à la personne qui a passé dix ans derrière les barreaux, comme on l’a vu dans l’affaires Dils.


    • Éric Guéguen Éric Guéguen 24 novembre 2012 18:32

      @ velosolex :

      L’argument de l’erreur judiciaire me semble un peu bancal. À ce compte-là, il demeurera toujours un doute sur la culpabilité d’Hitler !
      Quand on est certain d’avoir coincé un pervers, la main dans le sac, et ce pour la deuxième fois de sa vie, les scrupules s’amenuisent autant que face à une bête enragée. On appelle ceci la salubrité publique.

      Si vous avez une heure et demi devant vous : débat sur la peine de mort.

      Sinon, je suis assez d’accord avec le reste de vos propos (critère économique et gens qui moisissent en prison). J’ajouterais cependant que si nous adoptions le cumul des peines, comme aux USA, la prison à vie aurait un sens et serait applicable. En dehors de ça, la peine de mort me semble le seul recours (et ne concernerait probablement que très peu de cas, le but n’ayant rien à voir avec le fait de vider les prisons).


    • Francis JL 24 novembre 2012 18:59

      @ Velosolex, le meilleur réquisitoire contre l’Amérique tueuse et qui va dans votre sens, est à mon avis le film de Lars Von Trier : ’Dancer in the dark’, magnifiquement porté par Björk. Cerise sur le gâteau, si je puis dire, et qui ne gâte rien, le personnage interprété par Catherine Deneuve.


  • Antoine Diederick 24 novembre 2012 20:43

    au pays de la Liberté, Obama n’a aucune liberté.....si j’ai bien compris ?


  • bonnes idées 24 novembre 2012 22:28

    Désolé encore d’être à l’opposé de la majorité mais certains désaxés ne méritent pas de vivre. Suivons ensemble pendant 6 mois les réseaux mafieux et pédophiles et on en reparle. Les marchands de « snuff », les violeurs de gamins et de fillettes dans la plus affreuse des barbaries, les réseaux sataniques c’est cela que vous défendez ? Vous me faîtes pitié avec vos sermons sur le droit de vie et de mort. Une ordure de moins pourtant parfois ça ferait du bien pour calmer les ardeurs de nombreux dégénérés. Parce que les enfermer pendant 23 heures toute leur vie dans 10 m² c’est humain ? Quelque part je suis plus humain que vous.


    • Éric Guéguen Éric Guéguen 24 novembre 2012 23:10

      @ bonnes idées :

      Détrompez-vous : vous faites partie de la majorité silencieuse, maintenue dans le silence par les ministres de la mauvaise conscience. Plus d’un Français sur deux est pour le rétablissement de la peine de mort, et il est assez déplacé de prétendre que ces gens n’aiment pas le genre humain.
      On entend souvent « pratiques d’un autre âge »... En tous cas, les Michel Fourniret, eux, sont bien de « notre âge ». Ils ont une enveloppe humaine, mais ils n’en n’ont que l’enveloppe. J’ai, moi aussi, peu de scrupules à penser à leur mort.


    • velosolex velosolex 25 novembre 2012 11:03

      Eric Gueguen

      Chouette ou hibou

      Cet animal sympathique ( mais tous les animaux me le semblent) dont vous avez fait votre image, était condamné souvent à mort au siècle dernier, clouée sur les portes des granges, pour son délit de sale gueule : N’annonçait-elle pas la mort de quelqu’un ?

      On peut toujours trouver une raison pour condamner un homme à mort.
      Certaines sont plus faciles que d’autres : Au répertoire des horreurs, il y a le choix.
      Ce sont des meurtriers, des violeurs !

      Pourquoi se géner, hein, et même ne pas organiser des exécutions publiques , comme ça se faisait avant.

      Pourquoi ?
      Parce que le faisant, nous nous mettons au même niveau de barbarie !
      ( le problème de la sécurité du public peut être réglé par des enfermement à vie)

      Pourquoi ?
      Parce qu’il ne faut pas confondre vengeance et justice.

      Pourquoi ?
      Parce qu’en le faisant, nous ouvrons une porte dans laquelle vont s’engouffrer le pire du meilleur des mondes : Un peu comme la TVA qui augmente, une fois qu’elle est votée, soyez assuré qu’après demain,seront exécutés non seulement les violeurs, etc....
      Mais tous les ennemis potentiels, les emmerdeurs, et pourquoi pas les vieillards et les chômeurs !

      C’est vrai ça, si on s’interroge un peu, ces gens là ne servent à rien et nous ralentissent. Ils empêchent les jeunes de vivre. Ce sont donc des criminels dont il faut se débarrasser.
      D’ailleurs, les allemands, dans les années 30 et 40, ont été les précurseurs de ce genre de choses : Tsiganes, communiste, juifs, homosexuels !....Quel dommage qu’ils se soient arrêtés en si bon chemin.

      Moi je dis ça comme ça, parce que je pense que dans ce genre de tribune, on est là pour penser un peu plus loin que le bout de son fusil, et qu’il ne faut pas confondre un stylo avec. Mais pourquoi se géner, et ne pas se faire plaisir en criant « à mort ! ».
      Ce qui évite de penser bien sûr, tout en taxant les autres de rêveurs.
      Je vous laisse votre cauchemar.


    • Éric Guéguen Éric Guéguen 25 novembre 2012 11:45

      @ velosolex :

      Pourquoi tenez-vous à tomber dans l’outrance et la caricature ?
      Je ne dis pas qu’il doit y avoir plaisir à mettre un homme à mort, fût-ce la plus immonde créature que la terre ait engendrée.
      Ce débat mérite un traitement rationnel (que symbolise précisément la chouette d’Athéna), et pour ce faire, il convient de rejeter dos à dos celui qui prétexte l’horreur d’une pendaison et celui qui met en avant la souffrance de la famille d’une victime.
      Il ne s’agit pas de vengeance, mais de justice. Lorsqu’un criminel prend la vie de l’un de ses congénères, gratuitement, volontairement, irrémédiablement, il déclare la guerre à la société. Celle-ci est en droit de se défendre : elle ne lui a rien demandé, s’est évertuée à le traiter à l’égal d’un autre... jusqu’à ce qu’il « dérape » (pour emprunter au vocabulaire bien-pensant).
      À partir de ce moment-là, il doit assumer le fait que la communauté de ses semblables entreprenne sa destruction ; il les a invités à une lutte à mort, à l’issue de laquelle il sera forcément perdant.

      J’ai à présent deux arguments à vous soumettre auxquels, si vous en avez le temps, j’aimerais que vous répondiez... de manière dépassionnée bien sûr, et sans la condescendance de quelqu’un persuadé de parler à un barbare du Moyen Âge :

      1. Lorsque le pays entre guerre, justement, il mandate sans vergogne des citoyens pour partir le représenter aux quatre coins des frontières, les armes à la main. Il sait pertinemment qu’ils ne reviendront pas tous : c’est une peine de mort à laquelle la plupart des gens consentent - sauf à permettre, par exemple (au hasard), à l’occupant nazi d’annexer notre pays. Je dis que l’assomption de la mort, donnée dans un tel cas, est au moins analogue à celle donnée dans le cas d’un criminel récidiviste : pourquoi tolérer que des innocents perdent la vie dans un cas, et qu’un criminel passe au travers dans l’autre ?

      2. Contre la peine de mort, certains abolitionnistes opposent la prison à vie. Dans un pays comme les États-Unis, ce choix est possible et cohérent - être condamné à 314 ans de prison est certainement équivalent à la mort de l’individu. Au moins est-on sûr qu’il ne recroisera pas la route de la partie saine de la société (je parle de monstres en l’occurrence, pas nécessairement du moindre meurtrier). Mais en France, cela reste impossible. La démocratie à la française s’y oppose. Oublieuse au possible, et le temps passant, elle efface le meurtre et fait peu à peu du bourreau d’hier la victime du moment. La Cour Européenne des Droits de l’Homme est là, ensuite, pour faire d’un monstre un homme comme les autres, qui souffre et mérite une seconde chance. Sans compter la compassion des gouvernements qui passent... Bref, l’argument de la prison à vie, en France, est une bouffonnerie. Elle n’existe pas et ne pourra exister, sauf à adopter les méthodes d’outre-Atlantique.

      Question subsidiaire : êtes-vous pour l’avortement et l’euthanasie ?

      Cordialement,
      EG


    • bonnes idées 25 novembre 2012 15:19

      Cultivez vous un peu et ne vous arrêtez pas toujours aux Allemands @vélosolex ! Creusez un peu, vous n’en serez que plus crédible. Pour votre compassion sans limite aux ordures, je ferai part de vos commentaires à la famille de Stan Maillau. Vous savez cet activiste des droits de l’enfant qui a disparu et dont les médias ne parlent jamais (il ne faut pas toucher aux jouets des riches). Priez le ciel afin que vos enfants ne tombent jamais entre les mains de ces immondes ordures que vous défendez la larme à l’oeil.


    • velosolex velosolex 25 novembre 2012 16:00

      Eric Gueguen

      Je vous reconnais le goût du débat.

      Et c’est tout l’intérêt de celui-ci de nous forcer à trouver des arguments, et à tenter d’exprimer notre pensée de la façon la plus pertinente.

      En se sens il est toujours intéressant de trouver des personnes d’un avis opposé au sien. Le monde serait infiniment triste s’il n’y avait pas une pluralité d’opinions.

      Depuis la Grèce antique, la démocratie s’est enrichie de tout ce vivier.
      A propos de l’article, et pour continuer à parler de la Grèce, reconnaissons que l’auteur a ouvert une boite de pandore ; les questions qu’il pose s’ouvrent sur d’autres, comme autant de poupées gigognes. Cependant il faut un moment le circonscrire, si l’on ne veut pas finir par parler de tout et de rien, et c’est pourquoi je ne vous répondrais pas sur des questions, comme celles de l’euthanasie et de l’avortement, des questions qui n’ont pas grand chose à voir.


      Tout de même, je travaille dans le secteur hospitalier, et j’ai suffisamment de contact avec la souffrance, la mort et la misère humaine, pour éviter de passer par perte et profit un homme. Qu’un médecin puisse donner la peine de mort me semble une aberration, une trahison du serment d’Hippocrate.
      Sans doute ce débat peut déboucher sur d’autres, comme autant de poupées gigognes, d’une façon endémique, mais il me semble alors que le risque est grand de se perdre, aussi mieux vaut il circonscrire sa pensée. C’est pourquoi je ne vous répondrais pas, quand à l’euthanasie et à l’avortement, des problèmes qui n’on pas grand chose à voir.


      Tout de même, travaillant dans le secteur hospitalier, je suis assez concerné par la misère humaine sous toutes ces formes, pour ne pas débrancher quelqu’un et le passer par perte et profit, en vertu de mon sens des valeurs. S’il y a une chose que je ne peux reconnaître à l’homme, c’est bien son droit de vie et de mort sur ses semblables. Qu’un criminel le fasse ne m’autorise pas à l’imiter.

      Je préfère d’autres professeurs.

       

      Sans nul doute on peut travailler en amont, au niveau de la prévention.

      Il existe des sociétés criminogènes. Un individu obéit à des interactions. De la société Londonienne, victorienne, où les morts jonchaient les bas quartiers du west end, à la société américaine et son taux de passages à l’acte accablant, juste dépassé par les mexicains maintenant qui ont transformé certaines villes en jungles urbaines, la vie ne tient plus à grand chose, surtout pour les pauvres, ceux qui n’ont pas de soutien, d’argent, d’avocat.

      Certains criminels notoires seront transformés en victimes, alors que des pauvres bougres passeront rapides au peloton d’exécution.

      Inutile de préciser que les erreurs judiciaires sont légions, mais pourquoi s’embêter, les têtes ne repoussent pas quand elles sont tombées à terre, et ne protesteront plus. En tout cas elles serviront à se rassurer, à se donner une posture.

      Ce n’est pas pour rien que les pires régimes totalitaires sont partisans de la peine de mort ! Une fausse solution à de vrais problèmes, tant il est vrai que la criminalité interroge. Mais on n’arrête pas la caravane publicitaire du tour de France !

      La peine de mort rassure les braves gens, fait gagner des voix aux élections. Frottez les dans le sens du poil, c’est sûr que ça marche ! Il suffit de lire les commentaires pour s’en persuader, pour ceux qui en doutaient...Un cervelet semble pour beaucoup suffire à remplacer un cerveau

      .Les américains font très fort dans cette surenchère. Il est reconnu que l’immense majorité des pauvres diables qui s’agitent à Guantanamo, entravés dans leur combinaison orange, n’ont jamais été des combattants de l’islam. Et alors ? L’important est de montrer une image du mal ! Le vieux truc du bouc émissaire sur lequel on peut passer ses nerfs !

      Il faut lire « L’homme qui rit » de Victor Hugo, où il parle de ces pendus que l’on voyait de loin quand on approchait les cotes anglaises, il y a deux siècles. Se balançant au bout d’une corde, au grés du vent, un corbeau sur la tête, leur corps enduit de goudron pour les conserver un tant soi peu, mettait des années pour se décomposer. Leur rôle était de mettre en garde les trafiquant, criminels de toutes espèces. Ca marchait pas forcément , mais ça évitait de faire des lois sociales.

      Formidable Victor Hugo, soit dit au passage, lui qui fut royaliste à vingt ans, avant de finir républicain acharné et opposant à la peine de mort. Il faut lire aussi son formidable « dernier jour d’un condamné à mort ».

      Tout de même pas un rêveur, ce vieux sage.

       

      Je ne vous suis pas trop dans votre volonté de comparer un combattant et un condamné, tant il me semblent qu’ils sont à l’exacte opposition l’un de l’autre.

      Maquisard du Vercors, soldat de l’an un, soldat grec donnant leur vie dans le combat des Thermopyles, tous étaient animés d’une volonté d’engagement et de refus. Ils étaient dans la transcendance, ayant dépassé la défense de leur vie propre.

      Les animaux sont eux aussi animés de cette forme de don, quand une mère donnera sa vie pour défendre ses petits plutôt que de se sauver. Ce sont des choses qui nous rapprochent du sacré : Un homme donne sa vie pour une société.

      Rien à voir avec le diktat qui fait qu’une société va prendre la vie d’un homme, lui retirant toute humanité, et s’octroyant un droit divin ! 

       

      Un peu long sans doute,

      cordialement


    • cevennevive cevennevive 25 novembre 2012 16:57

      Vélosolex, vous êtes un sage et j’apprécie beaucoup vos interventions sur cet article.

      En effet, la peine de mort , pour quelque motif que ce soit (car j’y englobe l’euthanasie et la cruauté ignoble de certains conflits mondiaux) est une théorie inique. Combien d’entre nous, humains « normaux » pourraient, sans trembler, tenir le fusil, le couteau, la seringue ou presser sur le bouton de l’électrocution ?

      Les plus farouches partisans, j’en suis persuadée, laisseraient faire cela par d’autres, avec une bonne conscience complètement irresponsable...

      Cordialement.


  • Éric Guéguen Éric Guéguen 25 novembre 2012 18:55

    Victor Hugo (et ses délires extatiques autour de tables tournantes) ne fait pas partie de mon Panthéon, je lui préfère Balzac ou Flaubert, beaucoup plus fins et attentifs à la bêtise humaine. Avec Hugo, l’on tombe systématiquement dans le pathos. Mais, bien évidemment, décider de la mort d’un homme ne se fait pas à la légère. C’est la raison pour laquelle je puis avancer que, en tant que partisan d’un retour à la peine de mort, je me remets bien plus souvent en question que nombre d’abolitionnistes attachés au progrès par principe. Je n’ai pas pour habitude de prendre parti sans avoir décortiqué au mieux les tenants et aboutissants d’une affaire.

    Vous ne souscrivez pas au parallèle que j’opère entre l’individu que l’État envoie, contraint et forcé, au casse-pipe et la violence légitime exercée à l’encontre d’un ignoble criminel ? Le rapprochement me semble pourtant aisé : dans un cas comme dans l’autre, le tout passe avant les parties, le sort d’une nation avant celui de l’un de ses ressortissants. M’est avis, d’ailleurs, que la vie prise à un criminel devrait posait moins de problèmes que le fait de demander à un innocent le sacrifice de la sienne. Quant aux scrupules des amoureux de la vie lorsqu’il s’agit de celle d’un criminel, je trouve pour le moins étonnant qu’ils n’en aient pas une once eu égard à celle d’un fœtus, mais bon, vous bottez en touche à ce sujet et je respecte ce geste.

    Par ailleurs, à vous lire, on a l’impression qu’un criminel n’est jamais responsable de rien, que c’est la société qui exerce nécessairement une violence symbolique sur lui ; ainsi parvenez-vous à faire de l’être humain une simple enveloppe que remplirait aussi bien Gandhi que Staline. Permettez-moi de dire qu’à mes yeux l’homme est autre chose que le bipède de chair et d’os sur lequel se posent nos yeux. Certains de ces bipèdes, eu égard à leurs actes, ne font pas partie - j’ose le dire - de l’humanité digne, pas davantage qu’un animal ou qu’une huitre. Bien entendu, le fait qu’un être humain puisse dégénérer à ce point est en soi inquiétant et pose problèmes... bien plus que de savoir s’il mérite ou non la mort.

    Enfin, ultime question de ma part (car je sais que vous n’aimez pas cela). Savez-vous qu’il y a aux USA, ce pays de cow-boys attardés, une littérature pro et une littérature anti peine de mort ? Bien sûr, nous ne vivons pas, quant à nous, dans un État fédéral, mais... trouvez-vous normal - voire sain - qu’il n’y ait, en France, jamais le moindre livre pro peine de mort, lors même qu’un Français sur deux (au bas mot) est favorable à son retour ? Comment expliqueriez-vous cela et, honnêtement, est-ce... dé-mo-cra-tique ??? smiley

    Sur ce, bonne fin de week-end. J’espère au moins, humblement, vous avoir convaincu que l’on peut être partisan du recours à la peine capitale et être doté quand même d’un cerveau, fût-il plus étriqué que celui d’un officiant des Droits de l’Homme. Heureux que le net permette encore aux gens qui pensent comme moi de s’exprimer librement à ce sujet.

    PS : je vous conseille un film pour finir : Le droit de tuer, de Schumacher. Mais j’ai beaucoup aimé aussi La vie de David Gale et La dernière marche, inutile de me les conseiller en retour.

    EG


  • Éric Guéguen Éric Guéguen 26 novembre 2012 12:20

    Allo ?... velosolex ?


  • Éric Guéguen Éric Guéguen 26 novembre 2012 17:37

    Le sujet est clos. Vous aurez été le seul à ne pas esquiver le débat, c’est déjà pas mal.


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