Commentaire de bakerstreet
sur Le retrait d'Afghanistan


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bakerstreet bakerstreet 3 décembre 2012 16:29

Vous en connaissez un gouvernement légitime, qui a été imposé à sa population par les armes, après qu’on est fait des cartons et pas mal de bavures sur la population civile ?

Quand aux femmes en burka, celle ci n’est pas une création des talibans. Pour avoir passé quelques mois en Afghanistan, en 75, je peux vous persuader que ce n’était pas là bas qu’il fallait aller pour voir de jolies filles, en mini jupes, sortant de l’université.

Quoiqu’il en soit, c’était leurs valeurs, et je ne vois pas au nom de quoi il faudrait leur imposer les notres, qui en montré leur limites, et servent même de repoussoir, au travers par exemple du mercantilisme, de la pornographie, etc....


Mais tout cela était couru d’avance, et on le savait bien. Cette région du monde a tout de même résisté a Genghis Khan, aux troupes coloniales anglaises, aux russes.....Là bas les empires se font et se défont, et les gens continuent à vaguer à leurs occupations, priant, et prenant leur thé, qu’ils partageront de façon fort civile avec l’étrange, pourvu que celui ci les respecte..

Un peuple peu évoluer, se nourrir de l’influence des autres, et réciproquement, mais de lui même, harmonieusement, pas en lui imposant des diktats de façon arbitraire et violente, avec en plus ce simulacre de démocratie et de liberté, nouvelles enveloppes de l’impérialisme, qui parlait hier " de civilisation du progrès« , et de »devoir de civilisation"

« Aujourd’hui, il est encore en Afghanistan une forme de vie indigène, qui se manifeste dans les coutumes quotidiennes, dans les traditions, et dans des vertus très simples, très séduisantes pour les européens que nous sommes. Dans ce pays si singulier et si beau, pris entre l’union soviétique et les indes, le processus de modernisation sera t’il tragique ? Ou bien aura t’on amassé force et expérience, pour le faire profiter des conquêtes occidentales en lui évitant leurs inconvénients. »

Ces lignes prémonitoires datent de 1934. Elles sont celles d’une jeune femme de 26 ans, Annemarie Schwarzenbach, archéologue, journaliste, romancière, écrivain, photographe ; femme libre et engagée, et qui traversa l’Afghanistan en voiture, avec Ella Maillart, qui décrira dans « la voix cruelle » un autre périple à deux.

« Dans les ruelles du bazar, ces mêmes jeunes femmes qui offraient à notre vue leur charmant visage plein de vivacité et de joie de vivre, n’étaient plus que des créatures fantomatiques, à moitié aveugles, en proie à une peur et à une ignorance permanente. »

Quid de l’évolution des choses ? Comme Lévi-Stauss se rendant compte à la même époque dans « Tristes tropiques » de la disparition d’un monde, sous couvert de modernisation déjà à l’œuvre, elle ajoute, en analyste pertinente :

« Un jour c’est certain, en même temps que les murs du harem et le tchador, c’est toute une forme de vie familiale et une harmonie qui va disparaître, et l’émancipation de la femme va poser des problèmes dont l’Afghane n’a aujourd’hui pas la moindre idée. ».......


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