Commentaire de volt
sur Curiosité ou sécurité ?
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peut-être Alinea, n’allez-vous pas tout à fait au bout de votre propos... ainsi par exemple, nulle part vous n’évoquez la jouissance exacte du curieux, ou du moins en quoi au juste elle consiste.
puis d’où ça vient, comment ça commence ?
pourquoi chez certains c’est plus coloré que d’autres ?
ensuite votre opposition du groupe à la curiosité, doublée de l’affadissement de celle-ci avec la fin l’adolescence - on pourrait témoigner du contraire.
Sans oublier combien ce bouclier pour la personne pourrait surtout en constituer un contre...
Avez-vous remarqué qu’il a suffi qu’une jeune sociolo-désemparée de 20 ans, pose qu’elle est « face au monde » pour que l’expression « nous agoravoxiens » apparaisse ?
Vous n’avez pas non plus tenu conte du fait que si la curiosité vers l’extérieur s’émousse, c’est parce qu’avec la tombée des filtres, la chose la plus curieuse devient soi-même, terrain d’exploration abondamment livré et défrichable à l’envi.
certains poussent la curiosité jusqu’au point où la seule douleur du savoir peut encore les arrêter ; leur mère au sens large devient aussi un grand objet de curiosité, elle y prend garde très vite avec ses centaines de milliers de bras... le contrat tacite qui fait alors suite à leurs inqualifiables découvertes est souvent qu’ils n’en piperont mot ; ainsi Rimbaud raconte au tout début de sa Saison que sa plume est veillée de très près :
« Mais cher Satan, je vous en conjure, une prunelle moins irritée ! (...) vous qui aimez dans l’écrivain l’absence des facultés descriptives et instructives... »
le fait est avéré.
le même schéma est déjà lisible dès la toute première strophe des Fleurs du Mal :
« Lorsque, par un décret des puissances suprêmes
Le Poète apparaît en ce monde ennuyé,
Sa mère épouvantée et pleine de blasphèmes
Crispe ses poings vers Dieu, qui la prend en pitié : »...
voilà qui est Curieux...
vraiment.
