Commentaire de nemo
sur Contre la déforestation, la sécheresse et la pauvreté : plantez des arbres !
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Pas si simple en fait. La France pays très fertile est au contraire une grande exportatrice, en céréales notamment.
Les petits agriculteurs disparaissent (- 30 par jour) en raison d’une volonté politique : si un exploitant agricole produit autant que cinq petits paysans, le coût par tonnes produites peut également être divisé par cinq. Et du coup l’agro-alimentaire dispose de matière premières à un prix extrêmement bas, pouvant concurrencer les produits locaux d’Afrique ou d’ailleurs. On arrive à produire moins cher que le paysan africain ! Car l’exploitant agri français ou US vit de subventions, dumping censé être interdit, concurrence déloyale. Les terres moins productives sont délaissées car il faut être ultra-compétitif pour survivre dans l’agriculture actuelle. Et par conséquent ces terres retournent à la friche et se reboisent toutes seules. Voilà, en résumé, la situation.
En Afrique bien sûr les choses sont très différentes, et le reboisement est en effet la démarche la plus intelligente. Davantage de zones boisées signifie plus de pâturages, du bois pour la cuisine, une meilleure conservation de l’eau (transformée en feuillage, évaporation plus lente, davantage d’humidité ambiante, pluies plus fréquentes).
Enfin, et cela concerne tout le monde, la végétation est le piège à CO2 le plus efficace qui puisse exister. Le bois brûle (si, si !) car il est constitué de carbone accumulé. L’humus qui suit la décomposition (celle du bois lui-même ou des fumiers) est aussi très riche en carbone. A l’inverse déboisement signifie érosion des sols, destruction de l’humus, et ainsi diffusion de CO2 anciennement fixé, terres moins fertiles. L’agriculture chimique détruit aussi cet humus, qui a mis des milliers d’années à se constituer.
