samedi 5 janvier 2013 - par Robert GIL

Contre la déforestation, la sécheresse et la pauvreté : plantez des arbres !

Wangari Muta Maathai, née le 1er avril 1940 à Ihithe et morte le 25 septembre 2011 à Nairobi, était une biologiste kényane. Elle était également professeur en médecine vétérinaire. Cependant, elle est mieux connue pour son militantisme politique et écologique. Le 8 octobre 2004, elle devint la première africaine à recevoir le Nobel de la paix pour « sa contribution en faveur du développement durable, de la démocratie et de la paix ». C’est grâce à la mentalité progressiste de ses parents que la jeune Wangari a la chance d’aller à l’école, pour ensuite être la première femme en charge d’une chaire universitaire à Nairobi.

En 1977, elle fonde le Green Belt Movement (mouvement de la ceinture verte), destiné à lutter contre la déforestation, facteur de sécheresse et de pauvreté pour les populations locales. Wangari pense globalement et agit localement ; elle constate que les communautés africaines n’avaient jamais commercialisé leur relation à la nature, et aujourd’hui elles sont menacées par la mondialisation, la privatisation et le biopiratage.

Du temps des colons, les sociétés africaines étaient qualifiées d’arriérées, leurs croyances pécheresses, leurs pratiques agricoles inefficaces, leurs systèmes tribaux absurdes, leurs normes culturelles barbares et sauvages. Mais W. Maathai, par les témoignages de ses grands parents, connait les bienfaits de la période précédant le colonialisme. Les chefs étaient obligés de rendre des comptes, les gens mangeaient à leur faim, leur histoire et leur vision du monde était véhiculée par leur riche tradition orale, leur cohabitation avec les autres créatures et la nature était harmonieuse. La perte du mode alimentaire indigène et l’oubli des méthodes culturales ont contribué à l’insécurité alimentaire et à la diminution de la biodiversité.

Dans le cadre du Mouvement de la Ceinture Verte, elle développe dans les villages un programme civique d’éducation à l’environnement. Elle explique que les problèmes sont politiques et sociaux, et qu’il est nécessaire de voter pour des politiciens plus honnêtes. Les femmes sont invitées à jouer un rôle plus préventif dans la société, par l’éducation, le planning familial, la recherche d’une alimentation saine et la lutte contre la corruption.

L’objectif de planter des millions d’arbres à travers l’Afrique pour stopper les ravages du déboisement a été repris dans une dizaine de pays : Tanzanie, Ouganda, Malawi, Ethiopie, Zimbabwe… ; en près de trente ans, Wangari et son organisation ont soutenu la plantation de plus de 30 millions d’arbres fournissant du combustible, de la nourriture et du bois de construction. Cela a aussi permis de créer des centaines de milliers d’emplois. « L’Afrique ne doit pas dépendre du reste du monde, chaque africain, chaque africaine peut jouer un rôle à son niveau, c’est ce que je fais en plantant des arbres.  »

Activiste turbulente, Wangari Maathai s’est battue toute sa vie contre la déforestation en Afrique avec une énergie qui lui a valu parfois les foudres des autorités, des tabassages au cours des manifestations et des séjours en prison. Ses déclarations sur le virus du sida, « une création de chercheurs mal intentionnés », ont aussi suscité des réserves à son égard, notamment de Washington.

Wangari était consciente qu’avant la colonisation, les communautés africaines tiraient de la nature leur inspiration, leur nourriture, leur sens de la beauté et leur spiritualité. Leur mode de vie durable et de qualité se passait de sel, de savon, de matières grasses, de soda, d’une consommation quotidienne de viande et d’autres « biens » qui ont accompagné l’apparition des « maladies des riches ».

Sur Conscience Citoyenne Responsable

http://2ccr.unblog.fr/2013/01/03/wangari-maathai-planteuse-d%E2%80%99arbres/

Lire également : AFRIQUE, TERRE DE PILLAGES



14 réactions


  • jef88 jef88 5 janvier 2013 13:10

    dans mon coin des vosges, les terres agricoles, depuis 50 ans sont mangées par la forêt !
    elles étaient « trop petites » pour permettre une « agriculture moderne »
    dans mon village il y avait 23 agriculteurs en 1950, il en reste 2
    qui bénéficie de tout cela ?
    les intermédiaires importateurs ! vous savez ceux qui affrètent d’énormes bateaux et font rouler des flottes de camions !
    vive l’écologie !


    • amipb amipb 5 janvier 2013 14:04

      Il y a bien évidemment plusieurs écologies, mais la seule qui tienne la route est celle qui prend en compte tous les tenants et aboutissants.

      Reste que j’ai du mal à comprendre votre lien entre la disparition de l’agriculture, les intermédiaires importateurs et... l’écologie.


    • jef88 jef88 5 janvier 2013 15:08

      C’est pourtant simple !
      - on repique des arbres
      - on importe
      et on pollue ...
      le bénéf il est ou ?


    • Le printemps arrive Le printemps arrive 5 janvier 2013 21:33

      Dans les Vosges, beaucoup d’agriculteurs (paysans à l’époque) sont allés à l’usine et on les comprend, les conditions de travail étaient mieux que celles des champs...puis les usines sont parties.
      Beaucoup ne savent plus ou n’ont pas envie de s’occuper de la terre, migrent vers les villes. Les villages se vident, il n’y a plus besoin de paysans non plus, puisqu’il n’y a plus personne à nourrir.

      Ces villages servent aussi de lieux de retraite (sans aucune connotation péjorative) aux Suisses et Allemands qui ont les moyens de partir et souhaitent retrouver le côté nature de l’existence.

      Jef « des Vosges », il me semble que tout n’est pas aussi simple que votre analyse.

      Pour être sincère, la partie Est, la plus boisée, des Vosges (St Die, Remiremont, La Bresse, Gerardmer) reste un excellent souvenir de mes déplacements réguliers dans votre magnifique région et je n’ai pas bien compris votre diatribe colèrique de 13:10.


    • jef88 jef88 6 janvier 2013 17:22

      Je suis né et je vis dans la partie est des vosges ....
      Les terres autrefois cultivables portent des arbres !
      Les agriculteurs sont partis à l’usine entre 1870 et 1930
      Aujourd’hui il n’y a plus d’usines !
      Des chefs lieux de canton comme Fraize et Senones ont vu leur population diminuer de moitié en 40 ans ....
      Le plus gros employeur de Senones c’est la maison de retraite !
      mais c’est vrai la for^rt ’est magnifique ..........


  • nemo 5 janvier 2013 20:10

    Pas si simple en fait. La France pays très fertile est au contraire une grande exportatrice, en céréales notamment.
    Les petits agriculteurs disparaissent (- 30 par jour) en raison d’une volonté politique : si un exploitant agricole produit autant que cinq petits paysans, le coût par tonnes produites peut également être divisé par cinq. Et du coup l’agro-alimentaire dispose de matière premières à un prix extrêmement bas, pouvant concurrencer les produits locaux d’Afrique ou d’ailleurs. On arrive à produire moins cher que le paysan africain ! Car l’exploitant agri français ou US vit de subventions, dumping censé être interdit, concurrence déloyale. Les terres moins productives sont délaissées car il faut être ultra-compétitif pour survivre dans l’agriculture actuelle. Et par conséquent ces terres retournent à la friche et se reboisent toutes seules. Voilà, en résumé, la situation.

    En Afrique bien sûr les choses sont très différentes, et le reboisement est en effet la démarche la plus intelligente. Davantage de zones boisées signifie plus de pâturages, du bois pour la cuisine, une meilleure conservation de l’eau (transformée en feuillage, évaporation plus lente, davantage d’humidité ambiante, pluies plus fréquentes).
    Enfin, et cela concerne tout le monde, la végétation est le piège à CO2 le plus efficace qui puisse exister. Le bois brûle (si, si !) car il est constitué de carbone accumulé. L’humus qui suit la décomposition (celle du bois lui-même ou des fumiers) est aussi très riche en carbone. A l’inverse déboisement signifie érosion des sols, destruction de l’humus, et ainsi diffusion de CO2 anciennement fixé, terres moins fertiles. L’agriculture chimique détruit aussi cet humus, qui a mis des milliers d’années à se constituer.


    • Le printemps arrive Le printemps arrive 5 janvier 2013 21:06

      « une meilleure conservation de l’eau(...) » : aussi grâce au piégeage de l’eau dans le sol que les racines des arbres permettent.

      Schauberger disait qu’il faudrait une bande forestière de 500 m à un 1km de chaque côté des rivières pour voir les nappes phréatiques se remplir.


    • jef88 jef88 5 janvier 2013 21:32

      Davantage de zones boisées signifie plus de pâturages,

      ahhhhh ! le bétail bouffe des troncs d’arbre !


    • Croa Croa 6 janvier 2013 11:43

      à Jef88,
      L’intervenant pense aux chèvres qui aiment bien les sous-bois, pas aux vaches à lait bien sûr !


  • nemo 5 janvier 2013 22:32

    Je l’attendais celle-là. Voyager un peu c’est utile, tu aurais vu les chèvres à 6 mètres de haut...Et le berger peut couper des branches, y’a des graines qui tombent au sol, des branches basses...Entre un terrain plat comme la main et en plein cagnard à 60°C au soleil, ou un terrain boisé, ombragé, à ton avis c’est quoi le mieux pour les bestioles ? Bref essayons d’avoir une lecture constructive au lieu de chercher la réplique facile (et tout à fait erronée...).


  • Croa Croa 6 janvier 2013 11:57

    « Ses déclarations sur le virus du sida, « une création de chercheurs mal intentionnés », ont aussi suscité des réserves à son égard, notamment de Washington. »

    Et pour cause : Elle a raison !

    ( Les américains accusent les africains d’être à l’origine du SIDA mais la vérité est qu’il est sorti d’un laboratoire américain. La LAVDAM avait tout un dossier là-dessus mais il n’y avait pas Internet à l’époque et maintenant l’association n’existe plus. Cependant de ce que je m’en rappelle les responsables n’étaient pas mal intentionnés, disons pas plus que d’autres chercheurs fous, en fait ce serait un accident. )


    • lulupipistrelle 6 janvier 2013 15:39

      A l’époque des campagnes de vaccination massive contre la polio par voie orale en Afrique... les médecins préparaient des vaccins à partir de culture sur des reins de singes verts (réservoir du virus HIV).

      Ce vaccin oral  contenait la souche vivante et atténuée...du virus de la polio.. et le HIV, rétrovirus, dont on ne soupçonnait pas l’existence.
      La carte d’apparition du sida en Afrique coïncide avec celle des campagnes de vaccination anti-poliomyélite.

      Actuel avait sorti un excellent papier sur cette affaire. 

    • Croa Croa 7 janvier 2013 08:49

      Non, le laboratoire fautif faisait des expériences de clonages thérapeutiques en vu de xénogreffes sur des singes verts. C’est l’usage de cellules humaines qui aurait favorise la mutation virale. Les singes ont été renvoyés en Afrique en tant que lots défectueux où ils ont servi encore. Le fait est qu’il y a bien eu deux foyers de départ de l’infection, une en Californie, l’autre en Afrique.


  • jacques lemiere 6 janvier 2013 15:12

    oui l’action de cette femme est utile...plus pour la préservation des sols que la reforestation en elle même. ça dépasse la simple question de la surface en foret ..



    Pour les arbres...ce qui les sauve compte tenu de la population mondiale actuelle ce sont le le pétrole et le charbon .

    Pour le reste il faut voir au cas par cas.et fournir une solution alternative à la personne qui a besoin de cultiver un lopin ou de chauffer la soupe.... sinon...mes gens coupent le bois meme si ils savent qu’ils ne devraient pas.

    Il y a des régions ou le reboisement est d’un véritable intérêt..car il l’est pour les hommes et non pour la foret qui est évidemment secondaire.

    Mais on ne peut pas faire l’économie de l’usage fait du bois...ou des surfaces sinon c’est absurde.

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