Commentaire de velosolex
sur Le Sud...


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velosolex velosolex 24 janvier 2013 20:36

Rosemar, vous m’avez donné le la
Parfois, il suffit d’un son, pour gratter le vernis, et ressusciter l’émotion disparue
Cette chanson me donnait envie de foutre le camp au sud.
 Allez savoir pourquoi je suis remonté un peu plus au nord.
Le port de Lorient a aussi une rue du bout du monde, et rien que de la regarder, avec la mer derrière, donne aussi un peu le vertige.

Sait-on de quoi sont faits nos souvenirs sur les chemins de la vie.
Sait-on pourquoi on s’invente à plaisir
Chacun sa Polynésie
 Comme disait Charles Trenet.

En 2000 j’ai pris la direction de Montcuq, avec ma Paimpolaise, en plein cagnard
Pas pour des millions d’années, mais juste pour le mois de juillet.
Néanmoins avec les enfants derrière, mais sans les poissons rouges,
 et avec le secret espoir de trouver un peu de ce parfum, qui m’avait tant fait rêver, et que je rabâchais en boucle sur le cassette : Le sud, la maison près de la fontaine aussi , qui est comme la suite ou l’avant gout du sud, on ne sait plus très bien.....

Montcuq, évidemment, c’était pas innocent.
C’était là qu’avait vécu Nino.
On a loué une ancienne ferme à une vielle dame qui nous attendait là, avant que le car ne l’emmène, passer l’été chez sa fille.
Rien ne semblait avoir bougé ici, depuis 40 ans, depuis que son mari était mort. Et c’était un peu difficile, de s’installer au milieu de tant de souvenirs, qui était pour elle la seule forme de présent.
« Alors comme ça vous venez de Bretagne ! Nous a t’elle dit. Alors vous devez êtes marin, non ? »
Elle était déçu.
Je n’étais plus soudeur, mais infirmier.
Un peu le même métier de couture et d’attention, bien que les mèches ne soient pas tous à fait les mêmes. Quand même, le breton se perd : On ne plus se fier à quelqu’un qui porte un pull marin.
Et le sud, au fait, elle qu’il correspondait à la chanson ?
Nous étions sur une colline et ce pays ressemblait à la Toscane, à l’Italie, c’était bien vrai, Nino n’avait pas menti, avec tous ces cyprès, et cette mosaïque magnifique de tuiles et de champs de colza, et de vignes.
Couleurs infinies où l’on pouvait trouver des nids, et rêver infiniment , en buvant café sur café, alors que le soir tombait, et que le rire des enfants, faisant des courses en vélo, raisonnait sur la petite route.
C’était bien le sud.
Et le fantôme de Nino, qui venait de mourir, un an ou deux avant, me faisait de l’œil.
J’étais comme un enquêteur, un hercule Poirot de la poésie qui cherchait des preuves au crime de la vie.
J’ai été voir à la mairie de Montcuq ;
Ah, ce nom qui fait ricaner les imbéciles, la peinture que Nino, peintre à ses heures, avait donné à la municipalité, et qui trônait dans le grand escalier.
Quel dommage qu’il soit mort quand même, tué d’un mauvais coup de fusil comme l’avait fait Van Gogh.
 Mais il ne fallait pas que cette mort rejette le génie de son vivant.
S’il avait été vivant, je n’aurais pas été le voir, naturellement.
Il faisait partie de ce peu de gens qui nous sont chers, bien qu’inconnus, et que l’on a pas envie de déranger, nous nourrissant pourtant de leur image.
C’est peut être ça, le sud


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