Commentaire de Emile Mourey
sur Bibracte, capitale gauloise, son histoire, preuves à l'appui
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@ nenyazor
D’abord merci d’accepter de bien vouloir débattre avec moi.
1. Cela ne me gêne pas de citer le journal de SetL. et que son propos fasse l’objet de critique, que son information vienne d’un archéologue ou non.
2. Je n’ai pas dit qu’il y avait une spécialisation des tâches. Je dis seulement que les nombreux vestiges retrouvés sur le plateau de Chassey-le-Camp ne peuvent s’expliquer, dans ma logique militaire, que par la présence d’un élément plus ou moins important qui surveillait l’entrée du couloir de la Dheune et qui, éventuellement, l’interdisait. Je n’ai pas connaissance qu’on y ait trouvé des indices de culture ou d’élevage. Et cela prouve que dès cette époque, les Chasséens étaient capables de penser un système de guet et de défense de leur territoire. Le rapport avec César, c’est que malgré les presque 4000 ans d’écart, le terrain ne change pas et les problèmes de défense qui y sont liés, non plus. Alors dites-moi pourquoi Arioviste a attendu si longtemps caché dans les marais avant de lancer son offensive contre les Gaulois (les Eduens). Pour moi, la réponse est évidente : parce que les Eduens, fatigués de monter la garde, avaient dégarni leurs positions (defatigatis, DBG I, 40), situation classique valable en tous temps.
3. Je ne souscris pas à votre vision. J’estime qu’au temps de César et même avant, il y a un pays éduen avec des frontières et que ce sont ces termes qui sont les plus appropriés. Quand César se dirige vers le pays des Séquanes (in Sequanos = chez les Séquanes), c’est bien parce qu’il se dirige vers le pays des Séquanes. Quand il longe les « fines extremos » du pays lingon, c’est bien parce qu’il traverse les territoires frontières de ce pays. Idem, lorsque César convoque les magistrats à Decize parce qu’ils ne sont pas autorisés à aller plus loin. Je ne vois pas dans le De Bello Gallico, le terme latin qui correspond à vos chefs-lieux. César utilise le plus souvent les termes d’urbs, d’oppidum et de cité. Il désigne les peuples par le nom des habitants. Quand il dit qu’un oppidum à la prééminence, quand, pour évoquer Bibracte, il parle de très haut lieu (summo loco natus, DBG VII, 39), je ne vois pas comment on peut traduire autrement que par « capitale » (de caput, la tête). Et ce n’est pas contradictoire avec le fait que César parle de confédérations à la tête desquelles était tel ou tel peuple.
