Commentaire de volt
sur Travail physique souverain
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très beau texte, grande subtilité, et l’on voit bien le tournant que rome constitue, même si vous choisissez(?) de ne pas trop y insister ; derrida par contre décide alentour de forger le mot « mondialatinisation »...
mais bref, ce que je peux vous apporter en notes autour du passage adamique :
les expressions employées en genèse 3 en réfèrent aux nerfs, « tu travailleras dans l’angoisse », ou « ton travail porteras sur tes nerfs »...
mais le tout se joue dans un contexte où le verbe désignant le travail est le même que celui du culte, et lorsqu’il est dit qu’Adam est mis dans le jardin « pour le cultiver », comme décident trop vite les traducteurs, il faut avoir la pudeur d’entendre tout bonnement « pour la culture » ; les rabbins eux lisent « pour le culte » - ça change tout, puisque tout travail terrestre devient célébration du ciel.
sauf que tout commence au chapitre suivant, avec Eve, et ceux que Baudelaire désigne du nom de « race de Caïn »... Car à la naissance de Caïn, c’est là que l’enfer s’initie, de la bouche de sa mère ; elle dit textuellement « j’ai acquis (acheté) un homme de Dieu » - début de la marchandisation, de l’esclavage, Adam est un détail, l’absence, et le fils est devenu acquisition, possession, Mammon commence dans et avec Caïn, ce dernier va bâtir des villes, là où son frère promène des chèvres.
Votre photo finale de neptune est très juste...
lui aussi, avec Apollon réduit en esclavage dans une punition de Zeus, va accomplir l’oeuvre immense de construire les remparts de Troie ; quand ces deux dieux se rencontrent, c’est presqu’avec honte qu’ils se chuchotent cet épisode indicible où ils furent esclaves des humains ; pourtant ailleurs, ils y tiennent à cette muraille, prêts à se battre gratuitement pour qu’elle tienne les assauts.
