Commentaire de Philippe VERGNES
sur Choc et émotion : dénonciation de la violence à l'école...
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Énervé, il y a de quoi l’être lorsque j’entends parfois les monceaux de bêtises que certains déblatèrent avec une certitude quasi sacerdotale. C’est à se demander s’ils réfléchissent à deux fois avant de dire n’importe quoi.
J’avais émis l’hypothèse, qu’avec votre assertion, vous soyez dans l’école : je connais cette complainte par cœur, celle qui finalement consiste à affirmer : c’est pas moi c’est lui (ou eux : les parents). Avec de telles solutions, nul doute que l’on avancera pas d’un pouce dans la prévention de la violence à l’école et la prise en charge du harcèlement.
Le lien vers le document que je vous ai donné n’est pas un rapport pour comprendre l’école, c’est une synthèse sur la prévention du harcèlement à l’école dont la lecture devrait être rendu obligatoire à toutes personnes visant à exercer un métier dépendant d’un établissement scolaire. Cela concerne également les agents territoriaux. Il fait état de pas moins de quinze propositions pour mener une véritable politique de long terme contre ce fléau. Ces quinze propositions sont faîtes à minima et sont loin d’être exhaustives. Pas une ne saurait être favorisée au détriment dune autre et pourtant, si les choses commencent à se mettre doucement en place, rares sont les établissements qui font l’objet de dispositifs que préconise ce rapport.
Quand bien même vous soyez dans l’école, vous avez beaucoup à apprendre sur le sujet du harcèlement et vous me faîtes penser à ces gens aux yeux bandés que caricature très bien le clip d’Indochine.
Maintenant, je vais vous dire autre chose. Rares sont encore les chercheurs qui ont compris que derrière chaque cas de suicide nous devrions nous poser la question de la prédation morale ou, autrement dit, celle du harcèlement. Mais les professionnels les plus au fait de cette problématique commencent à faire consensus sur ce constat-là. Naturellement, on va pas vous le chanter sur les toits. Il y a en France près de 13000 suicides par an (si je dis 13000 et non pas 10500 comme les chiffres officiels l’annoncent, c’est que dans les milieux « initiés » ont considère que près de 20 % des accidents - de voiture, ménager,etc. - sont des suicides déguisés). Le suicide est la seconde cause de mortalité chez les jeunes de 15 à 24 ans et la première chez les filles de cette tranche d’âge. Un récent rapport du Sénat faisait état du coup de 107 milliard d’euro concernant les souffrances psychiques (celle dont on peut dire qu’elle entrainent les suicides qui ne sont que la face visible de l’iceberg). En ces temps de crise, cela vaut peut-être la peine de se retrousser les manches pour comprendre ce qui ce cache derrière cette problématique.
Autre exemple (même si je vous livre les informations en bloc sans prendre le temps d’expliciter ) : aux Etats-Unis les recherches sur les tueurs de masse (ceux qui pénètrent dans un lieu tel qu’une école et qui ont pour objectif de faire le plus de victime possible bien souvent avant de retourner l’arme contre eux) les chercheurs ont pu déterminer que 75 à 85 % d’entre eux avaient été harcelé.
Ces quelques données vous parlent-elles et comprenez-vous mieux désormais mon agacement face à certains propos ?
