samedi 4 mai 2013 - par rosemar

Choc et émotion : dénonciation de la violence à l’école...

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Voilà un sujet fort et préoccupant : la violence et le harcèlement à l'école. Dans son dernier clip, intitulé College boy, le groupe de musique français Indochine évoque ce thème dans un court-métrage d'une très grande violence.

Tourné en noir et blanc par le réalisateur québecois Xavier Dolan, le film montre un jeune garçon harcelé par ses camarades qui finit par être crucifié avant d'être exécuté par balles devant une assemblée aveugle, les yeux masqués par un bandeau.
 
Ce film très beau, très fort, plein d'émotion a le mérite de dénoncer la violence dans un milieu fermé : celui de l'école, une violence qui peut devenir quotidienne et répétée, une violence qui va crescendo comme on le voit bien dans la construction de ce clip : d'abord l'adolescent harcelé reçoit de la part de ses camarades des boulettes de papier sur le visage, puis un jet de stylo, un ballon qui le meurtrit, enfin il est balancé d'un perron dans un escalier et violemment tabassé alors qu'il est à terre, battu à coups de pieds, insulté, conspué : crachats, urine complètent la scène qui s'achève par la crucifixion de l'adolescent, et par son exécution avec des tirs d'armes de guerre.
 
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La violence atteint un paroxysme, par le sang versé, par l'indifférence et le refus de voir la réalité du harcèlement symbolisé par les bandeaux que portent sur les yeux certains adolescents et certains adultes...

 
Que dire ? Les images sont pleines de cruauté, de haine assouvie, de sourires vengeurs parfois : on y perçoit bien le mécanisme de la violence qui s'exacerbe, s'amplifie au fil du scénario... L'émotion est intense et le film assène des vérités insoutenables : la violence d'un groupe face à un garçon isolé, meurtri...
 
Les paroles de ce clip video viennent souligner le message : "la vie ne sera pas facile chez les gens... Je serai trop différent pour leur vie si tranquille, pour les gens...leur monde ne m'aime pas... souvent j'ai de la peine quand j'entends ce qu'ils disent derrière moi... quand je serai sûr de moi, un petit peu moins fragile, ça ira"
 
On le voit, dans ce harcèlement, ce sont souvent les différences qui sont stigmatisées et montrées du doigt : homosexualité, défauts physiques, ou encore même de bons résultats scolaires....
 
Ce film a suscité la polémique : certains jugent les images trop violentes mais la réalité de la violence de nos sociétés existe, il faut la dénoncer d'autant plus lorsqu'elle atteint des enfants, des êtres vulnérables...
 
On peut simplement reprocher à ce film un certain manque de réalisme dans l'ambiance du monde scolaire qui est restitué au début : on se croirait dans une école tranquille des années 50....
 
Le film a tout de même le mérite de dénoncer un phénomène que l'on refuse souvent de voir : la violence à l'école qui peut viser les adolescents mais aussi les enseignants eux-mêmes.

 
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27 réactions


  • daniel paul 4 mai 2013 08:58

    Merci de sortir ce sujet.
    Pour moi il est clair que ceci est une volonté.....mais de qui donc ?
    Comme il n’existe aucun plan caché nulle part, même dans le business,ou la guerre ,on l’on prévient en détail avec les dates et plans d’attaque le voisin que l’on va envahir on ne peut que s’en remettre à la fatalité..

    ainsi la violence est naturelle dit le monsieur qui sait tout...regardez les singes, non pas les bonobos on vous dit..oui enfin il manque au moins dix chainons manquants mais passons..

    La violence est un des deux seuls moyens avec l’argent pour dominer les autres.....d’un coté les banques, certaines plus que d’autres sont en passe de racheter tout....ADN et soleil compris,et l’autre volet nécessaire pour qu’une société dominée par des voleurs se maintienne se déroule sous nos yeux, le volet de la violence nécessaire pour voler est aussi là pour essayer d’empêcher l’inéluctable qui va bientôt se produire...nous allons ré-découvrir le fait de vivre ensemble et non les uns contre les autres..car l’abject monde de compétition ne peut plus durer...
    Alors cette violence est injecté avec grand soin exprès dans le milieu scolaire aussi...et pour faire court le seul but est d’éviter à tout prix que le collectif des hommes se dise ..vous les voleurs de notre travail collectif et pourvoyeurs de guerres et de morts ,de pauvreté et de destruction de cultures ,allez vous faire foutre....
    elle est pas simple la vie :-=

    car la violence n’est pas originelle mais elle est un effet ,un moyen nécessaire d’une cause autre pour celui qui veut dominer un groupe pour en tirer des bénéfices personnels, bénéfices que seul il n’aurait jamais..car seul on ne survit même pas...
    c’est en fait un probleme de fond de la psyché humaine ,qui n’est pour moi à l’origine ni compétitive, ni violente par nature contrairement à ce que la desinformation nous dit partout..la violence est le résultat dans le noir glauque de nos cerveaux de la peur de mourir qui vient gacher notre occupation principale qui est de chercher une continuité et une sécurité absolue qui est un mirage..une situation que la vie d’un humain n’offre pas...
    ceci fait mal psychologiquement car le chemin est le mauvais chemin , aussi au lieu de comprendre nous fuyons, plutôt essayons de fuir comme dans la drogue, l’alcool, la religion ,les loisirs etc etc etc mais aussi dans la possession de biens et d’argent, mais comme ça ne marche jamais bien au contraire..le besoin de drogue devient ...hallucinant...et pour continuer à se fournir dans cette drogue du pouvoir qui est la fuite de soi même et de la mort inévitable qui fait si mal, il faut augmenter les doses ,et pour ce faire la violence doit être organisée jours après jours partout pour essayer de maintenir l’abjection au pouvoir...

    ceci est une attitude suicidaire lente...ou pas ! smiley

    Merci..


    • rosemar rosemar 4 mai 2013 10:09

      Bonjour daniel 



      merci pour ces réflexions sur la violence qui, en période de crise, ne cesse de croître : violence du pouvoir de l’argent, en particulier... violence du travail qui affecte les hommes... violence des rapports humains dans une société de compétition et de profits...

    • Philippe VERGNES 4 mai 2013 10:26

      Bonjour daniel paul,

      Absolument d’accord avec votre développement et encore plus avec votre conclusion : « la violence est le résultat dans le noir glauque de nos cerveaux de la peur de mourir... »

      Je ne traite actuellement que de cela dans mes articles en attendant de rédiger celui qui viendra les synthétiser.

      Si je puis me permettre : on sent le vécu dans vos propos.

      Bien à vous !


    • daniel paul 4 mai 2013 10:31

       Re rosemar

      et re merci !

      Pour aller plus loin sur l’école et la violence, j’habite en Irlande depuis 2007 ,j’ai 3 enfants de 16 ; 14, et 8 aujourd’hui..en 2011 pour des raisons de familles nous sommes revenus en france dans les hautes pyrénées,endroit « magique » pour nous... donc tout aurait du se passer bien. smiley
      Mais voila il y a eu l’école et la violence ordinaire que tu décris. Ici en Irlande le probleme de la violence est très bien capté , il y a ce qu’ils appellent « anti bullying law » ( règles anti violence physique et mentale des fauteur de troubles )qui agit de suite sur tout problèmes de violence physique et mentale...çà marche...il faut juste le vouloir ce qui n’est pas très dur.....
      comme disait un sketch de chevalier et laspales : tout est possible tout est réalisable, c’est le jeu de la vie smiley..

      Alors devant la « catastrophe »scolaire pour nos enfants , le petit ne voulait plus du tout aller à l’école alors qu’il adore cela en fait ,les autre n’arrivant pas à se faire a l’ambiance violente générale.. en plus le prof n’ayant pas eu d’autre choix que d’ignorer que nos enfants étaient en fait plus avancés bien sur en études en langue anglaise pour les cataloguer finalement comme des « crétins » quasiment..et oui la nouvelle classification des enfants c’est ça aussi..et bien nous avons du plier bagages et revenir.....le sourire aussi est revenu...il y a là un probleme très profond de société , de volonté délibérée de pourrir l’éducation et le bien vivre ensemble que tu soulignes...

      Re salutations ..et re merci.. smiley

      cheers..


    • rosemar rosemar 4 mai 2013 10:48

      Merci encore 


      pour ce témoignage personnel en direct d’Irlande, daniel : que sont exactement ces lois anti-violence qui sont appliquées en Irlande ? Est-ce qu’on peut les exporter en France ?

      Belle journée...

    • daniel paul 4 mai 2013 11:00

      Je te mets,désolé en Anglais, un base de description des comportements répérés comme « bullyingTypes of Bullying..avec cependant la premier phrase qui dit : agression physique, cette conduite est plus commune chez les garçons que chez les filles...

      Pupil Behaviour
      Physical Aggression :
      This behaviour is more common among boys than girls. It includes pushing, shoving punching, kicking, poking and tripping people up. It may also take the form of severe physical assault. While boys commonly engage in ‘mess fights’, they can often be used as a disguise for physical harassment or inflicting pain.
      Damage to Property :
      Personal property can be the focus of attention for the bully ; this may result in damage to clothing, school books and other learning material or interference with a pupil’s locker or bicycle. The contents of school bags and pencil cases may be scattered on the floor. Items of personal property may be defaced, broken, stolen or hidden.
      Extortion :
      Demands for money may be made, often accompanied by threats (sometimes carried out) in the event of the victim not promptly »paying up". Victims’ lunches, lunch vouchers or lunch money may be taken. Victims may also be forced into theft of property for delivery to the bully. Sometimes, this tactic is used with the sole purpose of incriminating the victim.
      Intimidation :
      Some bullying behaviour takes the from of intimidation : it is based on the use of very aggressive body language with the voice being used as a weapon. Particularly upsetting to victims can be the so-called ‘look’ – a facial expression which conveys aggression and/or dislike.
      Abusive Telephone Calls :
      The abusive anonymous telephone call is a form of verbal intimidation or bullying. The anonymous phone call is very prevalent where teachers are the victims of bullying.
      Isolation :
      This form of bullying behaviour seems to be more prevalent among girls. A certain person is deliberately isolated, excluded or ignored by some or all of the class group. This practice is usually initiated by the person engaged in bullying behaviour. It may be accompanied by writing insulting remarks about the victim on blackboards or in public places, by passing around notes about or drawings of the victim or by whispering insults about them loud enough to be heard.
      Name Calling :
      Persistent name-calling directed at the same individual(s), which hurts, insults or humiliates should be regarded as a form of bullying behaviour ; most name-calling of this type refers to physical appearance, e.g. ‘big ears’, size or clothes worn.
      Accent or distinctive voice characteristics may attract negative attention. Academic ability can also provoke name calling. This tends to operate at two extremes ; first, there are those who are singled out for attention because they are perceived to be slow, or weak, academically. These pupils are often referred to as ‘dummies’, ‘dopes’ or donkeys’. At the other extreme are those who, because they are perceived as high achievers, are labelled ‘swots’, ‘brain-boxes’, licks’, ‘teachers’ pets’, etc.
      Slagging :
      This behaviour usually refers to the good-natured banter which goes on as part of the normal social interchange between people. However, when this slagging extends to very personal remarks aimed again and again at the one individual about appearance, clothing, personal hygiene or involves references of an uncomplimentary nature to members of one’s family, particularly if couched in sexual innuendo, then it assumes the form of bullying. It may take the form of suggestive remarks about a pupil’s sexual orientation.
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  • daniel paul 4 mai 2013 10:37

    Absolument d’accord avec votre développement et encore plus avec votre conclusion : « la violence est le résultat dans le noir glauque de nos cerveaux de la peur de mourir... »

    Je ne traite actuellement que de cela dans mes articles en attendant de rédiger celui qui viendra les synthétiser.

    Si je puis me permettre : on sent le vécu dans vos propos.

    Bien à vous !

    Salut Philippe...

    oui je parle par rapport à des événements vus en profondeur,vécus, je ne fais aucune référence a des lectures...sauf exception pour appuyer ce qui fut « vu ».

    Je vais aller faire un tour sur tes articles(tu amical) et j’attends avec impatience l’article qui viendra les synthétiser..je prépare à vitesse lente un article sur le fonctionnement du cerveau tel que je le perçois à partir de faits personnels vécus....je n’ai aucune compétence professionnelle sur le sujet et entends bien rester dans cette ignorance..ça me convient

    amicalement..


    • Philippe VERGNES 4 mai 2013 11:12

      Ok !

      Pas de problème pour moi avec le tutoiement (il n’y a qu’envers ceux qui me manque de respect que je ne tolère pas cette forme de communication familière).

      Au ryhtme où vont les chose, mon article de synthèse n’interviendra pas avant la fin de l’année. Cependant, l’un de mes prochains articles portera sur les conséquences neurologiques, biologiques et génétiques du harcèlement et il est fort probable que tu puisses proposer le tien avant que je ne termine le mien. Aussi et dans cette hypothèse, n’hésite pas à m’indiquer (à la suite d’un de mes articles pour avoir une alerte mail ou par l’intermédiaire de mon blog) le moment où tu proposeras cet article à la modération, ton témoignage et ta façon personnelle de synthétiser les choses m’intéressent au plus haut point.

      Amicalement,


  • Philippe VERGNES 4 mai 2013 10:47

    Bonjour Rosemar,

    Merci pour cet article et ce simple rappel tant ce sujet, d’une importance gravissime, dépasse de loin le simple cadre de la violence à l’école.

    Je n’avais pas encore vu le clip d’Indochine qui est tout simplement génial pour ce qu’il dénonce. En 6 mn et par une succession de scénettes, ce clip résume bien la réalité de ce que représente, pour la victime, ce qu’est véritablement un harcèlement : c’est-à-dire un meurtre. Certes psychique, mais meurtre quand même et c’est bien à l’école qu’il faudrait agir si nous voulons enrayer ce fléau.

    J’ai déjà écrit six articles sur le sujet et ces phénomènes comorbides (7 si l’on compte celui sur le harcèlement sexuel paru sur ce site) pour en décrire les forces qui animent cette problématique. J’estime qu’il m’en faudra encore autant pour finir d’en tracer le contour, car ce problème est loin d’être simple. Il met en jeu beaucoup de mécanismes inconscients et en premier lieu celui cité par daniel paul de la peur de mourir.

    Cependant, si nous voulons un jour parvenir à rompre le cycle de la violence, c’est bien à l’école qu’il faut agir. Ce qui nécessite de former les enseignants et le personnel scolaire à la reconnaissance et la compréhension des processus en jeu dans le harcèlement et pour ce faire, il y a vraiment un travail de dingue à réaliser, mais c’est le prix à payer pour « humaniser » notre société.

    Cordialement,


    • rosemar rosemar 4 mai 2013 10:54

      Bonjour Philippe

      Merci pour ce message...

      le clip est très fort et intense : l’émotion est à son comble... le mécanisme du harcèlement est bien analysé : le groupe face à l’individu, la montée progressive de la violence...

      C’est un réel problème que celui de la violence à l’école et les profs sont en première ligne...


    • tf1Goupie 4 mai 2013 11:19

      Je ne pense pas qu’il y ait besoin de former les enseignants, ils sont conscients de ces problèmes de violence et de harcèlement, que ce soit en classe, dans la cour d’école ou même sur Facebook, la question n’est pas là ...


    • rosemar rosemar 4 mai 2013 11:45

      quelle est la solution ? en fait la violence est inhérente à nos sociétés et en période de crise elle s’exacerbe....


    • philouie 4 mai 2013 11:52

      en fait la violence est inhérente à nos sociétés et en période de crise elle s’exacerbe....

      Pas du tout.

      ce qui exacerbe la violence, c’est de libérer la pulsion.

      On libère la pulsion en cultivant le désir.

      On cultive le désir en renonçant à le castrer par la frustration.

      Comme la frustration est anti-économique et contraire aux idéaux dits des lumières, on a les résultats que l’on mérite.


    • Philippe VERGNES 4 mai 2013 12:10

      @ tf1Goupie,

      Que les professeurs soient conscients du problème de la violence ou du harcèlement à l’école est une chose, qu’ils aient les moyens d’intervenir ou les bons outils pour lutter contre est autre chose.

      La formation des enseignants et du personnel scolaire est une nécessité pour toutes celles ou ceux qui, sensibilisés à cette problématique, souhaitent réellement agir pour aider les élèves en difficultés (tel que le sont tous les élèves harcelés). Et nombreux sont les enseignants qui se plaignent de ne pas avoir les outils nécessaires pour agir. Ils se trouvent totalement dépourvus et impuissants face à cette situation ce qui constitue pour ses enseignants-là, une source de stress supplémentaire et une remise en question profonde de leur utilité au sein du système.

      Je vous laisse le soin d’imaginer les dégâts que cela peut provoquer.


    • rosemar rosemar 4 mai 2013 12:10

      Donc les gens frustrés ne seraient pas violents ? Tout cela me paraît « tiré par les cheveux » !!


    • philouie 4 mai 2013 12:19

      Des gens frustrés ? ce n’est pas précisément ce que je veux dire en parlant de frustration : la frustration, c’est savoir dire non, c’est donner des limites, c’est donner un cadre.

      Si à la frustration est acceptée par les compensations qu’elle procure, en particulier en terme de sécurité, elle ne produit pas « des gens frustrés ».

      quelqu’un qui est frustré c’est qu’il refuse la frustration parce qu’il ne la pas apprise.


    • tf1Goupie 4 mai 2013 13:56

      @Vergnes,

      Il n’y a pas besoin d’être formé pour savoir qu’il faut intervenir.

      Par contre intervenir ne sert à rien si

      - la hierarchie ne veut pas en entendre parler,
      - les parents d’élèves ne veulent pas en entendre parler ..

      Il est donc plus urgent que les parents soient formés/informés des problèmes qui se passent à l’école.

      Et rien que votre réaction en cela est révélatrice.
      Voulez-vous dire qu’il faut que les enseignants soient formés pour que les parents puissent ne pas se sentir concernés ?

      Juste un exemple : quand dans le carnet d’un élève il est indiqué à plusieurs reprises qu’un enfant a un comportement violent et qu’il ne se passe rien, on fait quoi ?

      Quand les conseils de discipline sont « interdits » à partir de début mai on fait quoi ?


    • tf1Goupie 4 mai 2013 13:58

      J’ai relu plus attentivement votre message ; je crois que vous vous méprenez sur le mot « outil » : il ne s’agit pas de formation ...


    • Philippe VERGNES 4 mai 2013 14:59

      @ tf1Goupie,

      Heu... si vous faîtes des lectures des messages qui vous sont adressés en ne tenant compte que de votre seule définition des mots qui y sont employés, on va pas pouvoir dialoguer longtemps, ça c’est une certitude.

      Que vous disiez que je n’emploie pas le mot « outil » dans le sens où vous vous l’entendez, cela je l’accepte. Mais que vous affirmiez péremptoirement que je me méprend sur le mot « outil », j’ai beaucoup plus de mal à l’entendre, car cela signifie que seule votre définition du mot « outil » est juste donc que vous cherchez à me prendre (ou à me faire passer) pour ce que je suis loin d’être.

      Vous dîtes : « ... et rien que votre réaction en cela est révélatrice » est tout aussi « con » et catégorique que si je vous répondais que : « de toute évidence, vous ne connaissez rien à cette problématique de la violence et du harcèlement à l’école » ce que je serais parfaitement en droit de répondre, car j’ai probablement écrit sur ce sujet plus que vous ne seriez capable décrire durant toute une vie. Écrits qui servent justement à certaines associations pour mettre en place des formations à destination des enseignants, des AS, etc. et de toutes professions en lien avec l’aide sociale y compris les magistrats, les avocats, les médiateurs, etc.

      Alors, je vous prie, avant de dire n’importe quoi informez-vous au préalable et sachez que ce fléau, qui touche près de 10 % des élèves, fait désormais l’objet d’un nombre d’études si important que nier l’une des principales recommandations qui est faîtes par toutes ces recherches, à savoir former les enseignants à la reconnaissance et la lutte contre le harcèlement (c’est-à-dire à leur donner des outils pour pouvoir agir) est proprement insultant pour les chercheurs qui analysent ce problème et les solutions à mettre en œuvre.

      L’interprétation que vous faîtes de mes propos (« Voulez-vous dire qu’il faut que les enseignants soient formés pour que les parents puissent ne pas se sentir concernés ? ») est, à proprement parler, puérile et l’exemple que vous donnez confond les causes et les conséquences. Mais pour répondre à votre question et ne pas vous laissez le soin de prétendre que justement, il n’y a pas d’autres solutions que celles que vous proposez, commencer donc par lire l’excellent rapport d’Eric DEBARDIEUX sur le harcèlement à l’école (et si vous avez la « flemme » de lire cette synthèse regarder donc cette vidéo de 2’55’’) et venez avec moi vous battre sur le terrain pour que les solutions préconisées soient appliquées, car à problème multi-causal, solutions pluridisciplinaires et trans-personnelles (qui dépassent le simple cadre du cercle familial) et la France accuse près de 40 ans de retard dans les politiques préventives à mener contre ce phénomène.

      A bon entendeur,


    • tf1Goupie 4 mai 2013 15:32

      Je vous sens un peu énervé Philippe, décompressez un peu, c’est recommandé quand on se dit préoccupé par la violence.

      Et le « venez avec moi vous battre » ne me rassure pas.

      Je n’ai pas besoin de rapport ou d’étude pour comprendre l’école : je suis dedans.


    • Philippe VERGNES 4 mai 2013 17:48

      @ tf1Goupie


      Énervé, il y a de quoi l’être lorsque j’entends parfois les monceaux de bêtises que certains déblatèrent avec une certitude quasi sacerdotale. C’est à se demander s’ils réfléchissent à deux fois avant de dire n’importe quoi.

      J’avais émis l’hypothèse, qu’avec votre assertion, vous soyez dans l’école : je connais cette complainte par cœur, celle qui finalement consiste à affirmer : c’est pas moi c’est lui (ou eux : les parents). Avec de telles solutions, nul doute que l’on avancera pas d’un pouce dans la prévention de la violence à l’école et la prise en charge du harcèlement.

      Le lien vers le document que je vous ai donné n’est pas un rapport pour comprendre l’école, c’est une synthèse sur la prévention du harcèlement à l’école dont la lecture devrait être rendu obligatoire à toutes personnes visant à exercer un métier dépendant d’un établissement scolaire. Cela concerne également les agents territoriaux. Il fait état de pas moins de quinze propositions pour mener une véritable politique de long terme contre ce fléau. Ces quinze propositions sont faîtes à minima et sont loin d’être exhaustives. Pas une ne saurait être favorisée au détriment dune autre et pourtant, si les choses commencent à se mettre doucement en place, rares sont les établissements qui font l’objet de dispositifs que préconise ce rapport.

      Quand bien même vous soyez dans l’école, vous avez beaucoup à apprendre sur le sujet du harcèlement et vous me faîtes penser à ces gens aux yeux bandés que caricature très bien le clip d’Indochine.

      Maintenant, je vais vous dire autre chose. Rares sont encore les chercheurs qui ont compris que derrière chaque cas de suicide nous devrions nous poser la question de la prédation morale ou, autrement dit, celle du harcèlement. Mais les professionnels les plus au fait de cette problématique commencent à faire consensus sur ce constat-là. Naturellement, on va pas vous le chanter sur les toits. Il y a en France près de 13000 suicides par an (si je dis 13000 et non pas 10500 comme les chiffres officiels l’annoncent, c’est que dans les milieux « initiés » ont considère que près de 20 % des accidents - de voiture, ménager,etc. - sont des suicides déguisés). Le suicide est la seconde cause de mortalité chez les jeunes de 15 à 24 ans et la première chez les filles de cette tranche d’âge. Un récent rapport du Sénat faisait état du coup de 107 milliard d’euro concernant les souffrances psychiques (celle dont on peut dire qu’elle entrainent les suicides qui ne sont que la face visible de l’iceberg). En ces temps de crise, cela vaut peut-être la peine de se retrousser les manches pour comprendre ce qui ce cache derrière cette problématique.

      Autre exemple (même si je vous livre les informations en bloc sans prendre le temps d’expliciter ) : aux Etats-Unis les recherches sur les tueurs de masse (ceux qui pénètrent dans un lieu tel qu’une école et qui ont pour objectif de faire le plus de victime possible bien souvent avant de retourner l’arme contre eux) les chercheurs ont pu déterminer que 75 à 85 % d’entre eux avaient été harcelé.

      Ces quelques données vous parlent-elles et comprenez-vous mieux désormais mon agacement face à certains propos ?


    • tf1Goupie 4 mai 2013 19:23

      Non je ne comprends toujours pas votre agacement qui est déplacé.

      Je n’ai pas besoin de vos statistiques pour savoir que le harcèlement existe : je le cotoie tous les jours.

      Des élèves qui quittent subitement l’établissement sans explication j’en ai pratiquement tous les ans. Pour certains j’ai appris « par hasard » qu’ils étaient parti en raison de harcèlement par d’autres élèves.
      Donc je fréquente le sujet concrètement, je ne l’étudie pas dans un bureau !
      Je ne fais pas des stats ni des interviews.

      Et chaque fois que j’ai du affronter un cas de harcèlement, mon problème principal n’a pas été le manque de formation, mais plutôt une absence de dispositif ; le plus souvent la difficulté c’est que ça posait un problème pour ma hierarchie, puisque notamment ça risque de faire des vagues.

      Donc je vous parle du terrain ; que vous m’expliquiez la vie s’explique peut-être par un manque d’écoute de votre part, mais en tous cas ce me semble inapproprié.


    • Philippe VERGNES 4 mai 2013 20:42

      @ tf1Goupie

      En disant : "Des élèves qui quittent subitement l’établissement sans explication j’en ai pratiquement tous les ans. Pour certains j’ai appris « par hasard » qu’ils étaient parti en raison de harcèlement par d’autres élèves«  ; vous reconnaissez avoir perdu des élèves en cours de route sur leur parcours scolaire et ce s’en même avoir perçu les signes avant coureur qui auraient pu vous faire suspecter une telle issue. Et rien au préalable, rien aurait pu vous mettre la puce à l’oreille pour vous faire soupçonner ce risque encouru par l’élève ???

      Et bien sachez que si vous aviez été formé à détecter les signes avant-coureur avant que l’irréparable ne se produise, vous auriez pu donner une chance supplémentaire à cet élève en lui évitant d’être en échec scolaire.

      Ce qui est quand même »fou« dans vos réponses, c’est le niveau  »d’inconscience" dont vous faîtes preuve et cela (mais c’est une lapalissade lorsque l’on parle d’inconscience) sans même vous rendre compte du fait que vous témoigner ainsi de la nécessité de former les enseignants tout en étant contre leur formation (les bandeaux sur les yeux du clip vidéo d’Indochine). C’est ce qui s’appelle être en situation paradoxale et vous feriez alors mieux de lire un de mes articles sur ce sujet (ici), ça vous aidera peut-être à en sortir.

      Concernant le problème de votre hiérarchie, nous nous retrouvons là directement dans la caricature de ce clip vidéo où, à la fin, c’est encore le harcelé qui après avoir été crucifié, reçoit encore une décharge de taser de la part du policier. C’est ce que l’on a coutume d’appeler la double peine des victimes de harcèlement. Si vous êtes en situation paradoxale comme vous semblez l’exprimer, je suggère que vous fassiez votre propre examen de conscience et de vous demander si votre hiérarchie est véritablement le seul frein pour que cesse une situation de harcèlement, car il est toujours facile de se cacher derrière une autorité quelconque lorsque l’on ne veut rien faire pour que les choses changent.

      Quant au manque de dispositif, nous sommes bien d’accord et c’est bien ce que je précise également, mais cela rentre aussi dans le cadre de la formation et de l’organisation des établissements scolaires.

      Quant à mes capacités d’écoute, je dois admettre qu’elles ont sérieusement tendance à être proportionnelles à celles de mon interlocuteur et des interprétations qu’il fait de mes propos. Mais maintenant que j’ai su captiver votre attention, peut-être pourrions-nous en discuter sans se prendre de haut (je ne suis aucunement rancunier, mais je tiens à faire connaître mes limites lorsque justement quelqu’un me prête des paroles que je n’ai pas tenue ou des intentions que je n’ai pas eu).


  • ALEA JACTA EST ALEA JACTA EST 4 mai 2013 11:57

    Bonjour Rosemar
    Juste ajouter qu’ en Espagne également on est devenu beaucoup plus réactifs à ces problèmes d’ harcèlement à tous les niveaux (de l’ établissement jusqu’ au rectorat).
    Je voulais dire aussi que les nouvelles technologies de la communication, les réseaux sociaux,twenti, whatsapp, etc..sont utilisés par les harceleurs pour créer un climat d’ isolement et d’ humiliation de leurs victimes.Heureusement, ces harcèlements laissent des traces qui peuvent ensuite être mises à disposition des autorités scolaires ou de la justice


    • rosemar rosemar 4 mai 2013 12:12

      Il est vrai qu’internet peut favoriser ce harcèlement ... plusieurs jeunes en sont les victimes en France...Merci de ce rappel....


      Belle journée AJE

  • soi même 4 mai 2013 13:08

    @ rosemar, qui est responsable de la violence à l’école, si les écoliers sont les instruments, je pense pas que ce sont les coupables ?


  • bakerstreet bakerstreet 5 mai 2013 15:57

    La mise en scène de ces images, de façon cinématographique et sauvage, me semblent tout simplement une bonne publicité pour le groupe indochine : Une vielle recette : Faire le buzz avec un fait de société comme on dit.
    Bilan positif pour le goupe : On a parlé du groupe Indochine et de leur nouvel album.
    Quand au résultat, je me garderais bien de dire qu’il sera positif : La mise en scène d’images violentes est exactement la même que celle que les ados se renvoient les uns aux autres. Une façon d’éveiller les pervers à leur capacité de sidération et de nuissance.

    Quand au harcèlement, au lieur de s’en étonner en la constatant, « Dans quel monde vivons nous ma brave dame », il serait urgent de se bouger le cul, et de faire comme les pays où ça marche, la mise en route d’une véritable politique de prévention et de signalisation.
    le programme « Kiva », en Finlande, qui a révolu le problème en partant de pratiques sur le terrain, basé sur la dynamique de groupe a donné des résultats stupéfiants.

    On serait donc bien de s’en inspirer au lieu de jouer aux spectateurs impuissants, ou qui font semblant de l’être.


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