Commentaire de Fergus
sur Mouche
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Bonsoir, Alinea.
Vous n’avez évoqué que très brièvement les rubans tue-mouches. Ils étaient pourtant omniprésents dans les fermes et les maisons des lieux d’élevage, eu égard aux multitudes de mouches qui fréquentaient les étables voisines. Couverts de cadavres, ils pendaient le plus souvent au-dessus de la table massive, à côté de la lampe à contrepoids, et non loin des jambons et saucisses qui séchaient, pendus aux poutres d’un plafond noirci par les fumées. Des intérieurs comme celui-là, j’en ai connu des dizaines, de la Lozère au Puy-de-Dôme en passant par le Cantal, tous lieux où vivait ma famille.
Un jour, il y a quelques années, mon épouse et moi avions loué un gîte dans la dépendance d’un château appartenant à un noble de très vieille famille (plusieurs rues de villes aveyronnaises et lozériennes portent le nom d’un ancêtre magistrat). Las ! les parents décédés, les trois fils, tous installés en région parisienne et, grâce à leurs diplômes, titulaires de postes flatteurs dans le tertiaire, ont dû faire le choix, soit de reprendre l’exploitation pour sauver le château, soit de mettre en vente. L’un des trois a finalement décidé de se lancer dans l’agriculture de hobereau de ses ancêtres, lui qui ne savait pas cultiver un rang de tomates. N’ayant pas les moyens de se payer des ouvriers agricoles, notre homme, un certain Bertrand C... de C..., s’est lancé seul malgré son inexpérience, laissé totalement livré à lui-même par sa femme orthophoniste et répugnant manifestement à se livrer à une quelconque activité paysanne. Résultat des courses : en juillet, les étables et les dépendances voisines étaient envahies par des dizaines de milliers de mouche, les étables n’ayant pas été curées depuis plusieurs semaines. Jamais je n’avais vu autant de ces bestioles, on se serait cru dans un film fantastique. Inutile de dire que nous n’avons pas ouvert une seule fois les fenêtres de notre séjour, malgré la forte chaleur qui sévissait. Par chance, nous étions absents toute la journée. Je n’ose imaginer l’exploitation en août !
