Commentaire de Fergus
sur 1957 : jour de batteuse


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Fergus Fergus 25 septembre 2013 13:29

Bonjour, Jack.

Vous écrivez « C’est pourtant la fin de la paysannerie qui vit en symbiose avec le terroir », et je ne peux qu’approuver, encore qu’il faille plutôt parler du « début de la fin », la paysannerie des régions de polyculture n’ayant véritablement muté qu’au cours des années 60 avec la généralisation des tracteurs, des presses à fourrage, des moissonneuses-batteuses et autres machines modernes alors que quelques années plus tôt, on moissonnait encore avec une faucheuse liée tirée par un couple de bœufs ou par un cheval. Mais le pli du modernisme était pris et il a très vite conduit, par le biais de la mécanisation, à une industrialisation de fait des exploitations. les petites, incapables de suivre, étant mangées par les plus grosses. Très vite sont apparues les stabulations libres et les stations de traite mécanisée tandis que les tracteurs prenaient du volume et de la puissance. Quant aux animaux, que l’on nommait naguère par leurs noms, ils n’ont plus été que numéros anonymes, de la viande sur pattes.

« La gestion barbare, la cotation en bourse » sont évidemment la conséquence de cette évolution, mais cela concerne surtout les grandes régions de culture, l’agriculture de montagne n’étant pas concernée. Elle l’est toutefois par les semences de Monsanto, hélas !

Bref, tout a changé très vite, et les paysans d’aujourd’hui n’ont plus que de très lointains rapports avec leurs aïeux qui, il y a moins d’un siècle, labouraient encore au brabant tiré par des bœufs ! A cet égard, il est amusant de constater que ces pays-là (mon propre grand-père) étaient infiniment plus proches de la paysannerie de Fabre d’Eglantine que des exploitants modernes, penchés sur leur ordinateur pour gérer les quotas de lait ou remplir les demandes de subventions européennes.

« Poète et paysan », une vue de l’esprit ? Non, car la vie paysanne relevait, malgré sa grande dureté, de la vraie poésie, celle de l’harmonie de l’homme avec la nature nourricière.

Merci à vous.

 


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