Commentaire de Jason
sur 1957 : jour de batteuse
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Bonjour Fergus,
Ce qui imposait le rythme à la vie du paysan d’autrefois, c’étaient les animaux, et bien sûr la croissance des végétaux. On ne pouvait pas aller plus vite que le boeuf ou le cheval dont la vitesse de déplacement n’était dépassée que par le vélo.
Le battage des céréales s’appelait le dépiquage dans le Bourbonnais. Avec une immense machine en bois montée sur des roues en fer. C’était tout un bazar dans la cour des fermes, avec branle-bas dans les cuisines et au four attenant à la ferme. La machine et son nuage de poussière, les hommes se relayant aux différentes tâches dont la plus pénible était le transport des sacs de grain vers les greniers, le tout dans une atmosphère de sérieux et de concentration. On se prêtait des journées de travail, tantôt chez l’un, tantôt chez l’autre.
Le déjeuner, puis le dîner se passaient dans la grange, sur des portes supportées par des tréteaux, recouvertes de nappes blanches décorées de bouquets de fleurs champêtres plongées dans des grands verres ou des pôts à crême. Les menus étaient généreux, charcuteries, viandes en ragoûts ou rôtis de porc ou volailles, peu de légumes ou de salades, beaucoup de pain tranché dans des miches de 60cm de diamètre en moyenne, du beurre en abondance et du fromage blanc maison. Le couteau le plus populaire était le Pradel. Et enfin des tartes immenses, aux fruits. Le tout arrosé du vin du cellier avoisinant, suivi du tonnelet de ratafia dont la formule familiale était tenue secrète. Cela recommençait le soir. Après le dîner qui ne commençait pas avant 8 heures et demie ou 9 heures, beaucoup s’allongeaient sur le foin ou la paille pour ne se réveiller que le lendemain au chant du coq. Le dépiquage durait souvent deux jours.
Petite note concernant la fourme, dont la plus célèbre est celle d’Ambert, et j’ajouterai, sa papeterie. Pour désigner le fromage, le latin utilisait un mot composé : caseum formaticum. Le terme a connu des fortunes diverses selon les pays. Queso en espagnol, Käse en allemand, cheese en anglais, mais formaggio en italien, et formatge, puis fromage en français. Fourme est resté en Auvergne et désigne encore dans les campagnes le fromage tout court, qu’il soit rond ou carré.
Merci pour ces souvenirs qui en évoquent bien d’autres.
Cordialement
