Commentaire de Morpheus
sur Le racisme
Voir l'intégralité des commentaires de cet article
Je n’aime pas le racisme. mais il y a une chose que je déteste encore plus que le racisme, c’est la prétendue « lutte contre le racisme » dont une certaine « gauche » se revendique depuis une trentaine d’années.
Pourquoi ?
Plusieurs raisons. Tout d’abord, le racisme est un épiphénomène. Je veux dire par là que, comme l’épi de blé, le racisme est au sommet d’une tige dont les racines sont à l’autre bout. Par conséquent, combattre le racisme nécessite une analyse radicale (au vrai sens du terme), et non une lutte contre le phénomène lui-même (qui est un symptôme).
On ne nait pas raciste : on le devient. Le plus souvent, on devient raciste parce qu’on est éduqué dans une certaine culture qui, elle-même, développe une série d’idées toutes faites et d’apriori. Une des causes du racisme est donc le tissu socioculturel dans lequel on évolue. Mais une cause plus essentielle au racisme - en tout cas aux dérives les plus extrêmes du racisme - réside dans l’inégalité sociale et économique.
Ce qui entraîne certains au racisme, c’est le fait que mis en situation précaire, ils ont besoin de trouver une cause à leur situation précaire, et de préférence une cause sur laquelle ils pensent pouvoir agir, car il n’y a rien de pire que le sentiment d’impuissance. Alors l’étranger, le juif, l’arabe, le noir, etc. - celui qui n’est pas comme nous - devient le bouc émissaire tout désigné.
Et là, si l’on veut réellement et sincèrement lutter contre le racisme, on est dans la merde, parce que le racisme est multiforme ET qu’il est étroitement mêlé au tissu socioculturel. Lutter contre le racisme, c’est nécessairement dénoncer les éléments qui, dans notre propre culture (et quelle que soit notre culture, notre origine, notre couleur de peau, notre religion) mène à une impossibilité de vivre en paix avec les autres, voir sont de nature raciste, discriminatoire, haineuse de l’autre. Et bien souvent, le tissu socioculturel (la coutume) dans laquelle nous évoluons repose sur des préceptes religieux, et donc, il s’agit aussi de dénoncer des éléments de la religion.
Mais ce n’est évidemment pas ce que font les associations et militants qui prétendent lutter contre le racisme (SOS racisme, Touche pas à mon pote, le MRAP, etc.). Au contraire. Ces associations sont dans une démarche de rapport de force qui entretiennent, voir renforce le racisme et ces dérives en stigmatisant les racistes avec la même haine et la même bêtise dont beaucoup de racistes font preuve. Ce n’est évidemment pas comme cela que l’on obtiendra des résultats. Tout ce que cela entraîne, c’est un renforcement du communautarisme, c’est-à-dire précisément un renforcement des identitaires et des éléments les plus porteurs de racisme dans le tissu socioculturel.
Lutter contre le racisme, c’est un renoncement. Un renoncement à certaines « valeurs » (ou prétendues telles), à certaines croyances, à certaines idées. C’est renoncer, au moins en partie, à des éléments de notre propre culture et certaines de nos coutumes (tissu socioculturel) pour pouvoir fonder mes relation à l’autre sur ce qui nous rassemble, plutôt que focaliser sur ce qui nous divise.
Cela implique donc aussi de pouvoir exprimer (au vrai sens du terme : sortir de soi) ce qui me déplait, autant dans ma propre culture et coutume que dans la culture et la coutume de l’autre, et savoir bien entendu entendre dans la bouche de l’autre ce qui lui déplait dans mes coutumes et ma culture. Cette expression mutuelle de ce qui ne plait pas (mais aussi, bien sûr, de ce qui plait), dans une telle démarche, est de nature à permettre un dialogue d’égal à égal, où l’idée n’est pas de juger, mais d’exprimer ce qui plait et ne plait pas. Ce faisant, il devient possible de développer une empathie vis-à-vis de l’autre.
On est loin, très loin de cela, surtout en France (mais pas seulement).
Cordialement,
Morpheus
