Commentaire de Abou Antoun
sur Retour de Russie
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Cette réflexion m’est restée gravée dans le crâne. Qui a raison ?
En 1968 De Gaulle incarnait le pouvoir fort avec un contrôle à peu près total de ce que nous appellerions aujourd’hui les ’médias mainstream’ (ORTF).
En ce temps là, être gaulliste c’était presque honteux. c’est bien à ce moment qu’on a inventé le terme de ’majorité silencieuse’.
Aujourd’hui De Gaulle c’est la référence absolue, à gauche comme à droite. Être gaulliste en 2014 c’est ’fashion’, même chez les intellos. Autres temps, autres mœurs ...
A l’époque (1968) j’avais donc 21 ans, l’âge qu’il faut pour tenir une barricade. Mais voilà, élevé dans une famille presque réac, dans une banlieue rouge et profitant des équipements et structures créés pour la jeunesse par la municipalité communiste, j’étais quasiment schizophrénique en ce qui concerne la politique.
Cependant la révolte de 1968 dérangeait le système majorité/opposition (on dirait aujourd’hui UNRPC) avec partage des rôles (gaullistes aux manettes, communistes dans l’opposition ’officielle’) en vigueur depuis une dizaine d’années.
Je suis donc resté à l’écart de ces événements en observateur prudent. Je ne le regrette pas.
Bien que non directement concerné, j’ai très mal vécu l’invasion de la tchéco. Je la porte encore aujourd’hui au passif de l’URSS comme la répression de 1956 en Hongrie.
La Russie d’aujourd’hui paie les erreurs de l’URSS et on peut comprendre la méfiance, voir l’hostilité des ex-satellites de Moscou aujourd’hui membres de l’U.E. devenus les alliés les plus fidèles de Washington faisant basculer l’Europe dans le clan atlantique, alors que l’Europe initiale, celle des 6, avait une politique plus équilibrée entre l’Est et l’Ouest.
