Commentaire de Hervé Hum
sur Rigidifier le monde du travail est immoral... et inutile


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Hervé Hum Hervé Hum 6 janvier 2015 15:55

Flo Sixe,

je reconnais que je ne connais pas l’histoire du libéralisme, ou très peu, mais je note que la constante est la préservation du droit de propriété (des moyens de production et de leur financement). Que tout tourne autour de ce socle de la propriété, où les libéraux dont vous vous réclamez, veulent préserver coûte que coûte et ce, même si c’est antinomique du principe de liberté individuelle.

On distingue deux choses, d’abord les relations humaines basée sur le rapport de force, disant que la propriété est le fait de ce rapport et uniquement de celui ci. Ce n’est pas une théorie, c’est le fait de l’histoire de la colonisation de la terre par l’humanité.

De l’autre, les relations humaines basé sur l’esprit, dépassant le rapport de force et faisant appel pour cela à la morale pour la religion et l’éthique pour la philosophie.

Le hiatus, c’est que dès l’instant où on ne veut plus baser les relations humaines sur le seul rapport de force, mais sur la notion d’éthique, avec comme point central la liberté individuelle, le principe même de la propriété (toujours des moyens de productions) devient l’ennemi principal de la liberté individuelle. Ce que Locke constate.

Sauf que les libéraux, disons historiques, n’ont pas voulu ou pu dépasser le dogme de la propriété et se sont donc employés à marier la chèvre et le chou.

Encore une fois, dans un monde en expansion, cela tenait à peu près la route, mais aujourd’hui dans un monde en gestion cela ne tient plus.

Alors si j’accepte votre critique sur ma faible connaissance du libéralisme historique, dont je reconnais les avancés que cela représentait à l’époque de Thomas Paine (en considérant qu’il était honnête dans sa pensée), dans notre société actuelle cela n’est plus suffisant et consiste surtout à renforcer le dogme de la propriété des moyens de productions et de leur financement (non de la propriété d’usage).

En d’autres termes, le revenu de base ou minimum avait une valeur progressiste au temps de Paine, mais aujourd’hui c’est une idée conservatrice, qui ne pourra rester sur ce statu quo et devra nécessairement soit aboutir à une éradication du prolétariat par élimination de masse, soit à la mise en commun des moyens de productions et de leur financement et donc à l’abolition de cette propriété.

Maintenant, vous pouvez vous réfugier derrière vos maîtres à penser, mais ne vous en servez pas comme excuse pour ignorer la mienne. Pour nier le fait que l’humanisme développé par les philosophes des lumières et ici des libéraux historique, a eut pour conséquence sinon pour cause, la révolution de palais où la noblesse à dû laisser la place à la bourgeoisie, mais où le prolétariat est resté dans la servitude, avec un XIXème siècle pire que dans d’autres époques.

Je vous le redis sous une autre forme, la pensée néo libérale en droite ligne des libéraux historique consiste à s’émanciper du capitalisme, donc de la propriété privé des moyens de production et de leur financement. Sans cela, ne reste que les néo libéraux version Friedman et cie où le tittytainment.

En conclusion Flo Sixe, je me considère comme libéral au sens où Locke l’entend, sauf que je ne crois pas qu’il y ait un seul état naturel de l’humain, mais des états naturels en opposition. On peut classer ces états naturels, ces « nature d’êtres social », en trois grandes catégories. Les prédateurs, les grégaires et les parasites. Locke basait sa réflexion sur la catégorie grégaire en considérant que l’humain est porté naturellement à l’empathie, alors que ce n’est vrai que pour la nature d’être social grégaire... Sauf quand on force une nature grégaire à devenir prédatrice ou parasite !


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