Commentaire de lermontov
sur Le péché originel
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@ Fergus
"Il ne faut surtout pas oublier que les religions ont été crées par les hommes pour donner un sens à leur mort et apaiser leurs angoisses.«
Non, la religion a été rendue nécessaire pour justifier la ’mort’ de l’individu lorsqu’il atteint l’âge de cinq ans ; c’est-à-dire pour justifier l’humanisation = chute du paradis originel qu’est le premier moment de la vie. Voilà : l’objet n’est pas du tout matérialiste, il est de donner sens et d’aider l’individu à vivre avec un chagrin intime (la perte de connexion avec le Tout, le sentiment de division, etc), une blessure intérieure qui le tiraille sa vie durant. c’est pour cela qu’il y a des rites tout le long de l’existence humaine, des initiations. Initiation, même racine que initial = origine, même sens que mystère.
Voilà le sens très pur de la religion = ce qui relie, cette expérience commune, universelle, qui n’a pas de sens et est vécu intimement de façon atroce. Le deuil qui n’a pas de fin, l’expérience dont rien ne console. [C’est aussi le sens de l’art, enfin pas de l’art bâtard et dégénéré de l’ère moderne qui s’est abîmé dans l’accessoire.]
Ce sens très pur a été abîmé tardivement par un certain Moïse, personnage psychopathe de son état, qui a introduit des poisons ( la culpabilité comme possible, etc). Le dénommé Mahomet est également de même tonneau. Ces deux-là souffaient intimement de façon invraisemblable et ils ont exporté leur souffrance à travers leurs oeuvres. Le Christ à l’inverse est une tentative avortée de revenir à l’avant-mosaïsme.
C’est sans doute ce que retracent bien des peintures rupestres = la perte de l’animalité.
Ce sens, on peut facilement le retrouver dans les cultures dites premières.
De toute façon, on le retrouve dans toute manifestation humaine, très facilement quand on a l’oeil.
Le dédain que tu montres pour la religion en soi, sans distinction, n’est qu’ultranihilisme. Votre culte de la Raison et de la Matière est complètement délirant ; il suffit de regarder alentour, ce n’est que désastre en tous genres. Votre civilisation est la plus brève de l’histoire ; 300 ans. Le résultat est fabuleux : tout est quasi anéanti, votre environnement, votre vivre ensemble. Et juché sur l’estrade, en dépit d’une réalité qui crève les yeux, vous continuez à pérorer et à toiser ceux qui vous ont précédé. (l’hypernarcissisme ne pouvait que naître de la matrice mosaïque).
Quand une société humaine est en difficulté, elle ne doit toujours son salut qu’à une action : le retour aux sources, la compréhension du moment originel. Et la redéfinition de celui-ci par rapport à l’expérience vécue.
Le concept de ’dieu’ n’est pas fixe dans le temps, il a connu des évolutions. Par exemple, chez les peuples d’avant l’agriculture et les peuples dits premiers, il est lié à la notion d’Ancêtres. Chez des peuples ne maîtrisant pas l’écrit, le rite n’a rien de fantaisiste ; c’est en fait un moyen mnémotechnique capable de transmettre des connaissances de génération en génération et cela depuis l’origine. Donc, ce ne sont pas des inepties, c’est le ciment de la société.
De fait, tu es un specimen abouti de la perte de sens : hypernarcissisme, atrophie des nerfs, etc. Quand tu souffres intéreurement intensément, rien de ce qui est humain ne clame. Argent, croyances, etc. C’est là tout le temps, jour et nuit et il n’y a qu’une optique : en finir d’une façon ou d’une autre ; le suicide ou le dépassement, quand ce n’est pas s’écroûler de fatigue en chemin.
»Je suis le Ténébreux, - le Veuf, - l’Inconsolé,
Le Prince d’Aquitaine à la Tour abolie :
Ma seule Etoile est morte, - et mon luth constellé
Porte le Soleil noir de la Mélancolie.
Dans la nuit du Tombeau, Toi qui m’as consolé,
Rends-moi le Pausilippe et la mer d’Italie,
La fleur qui plaisait tant à mon coeur désolé,
Et la treille où le Pampre à la Rose s’allie.
Suis-je Amour ou Phébus ?... Lusignan ou Biron ?
Mon front est rouge encor du baiser de la Reine ;
J’ai rêvé dans la Grotte où nage la sirène...
Et j’ai deux fois vainqueur traversé l’Achéron :
Modulant tour à tour sur la lyre d’Orphée
Les soupirs de la Sainte et les cris de la Fée."
Tu vois, certains voient cette vie comme une mort et ont un souvenir suraigu de l’avant.
