Commentaire de Jean J. MOUROT
sur La FOCEL, ce fleuron du combat laïque disparaît
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La FOCEL de Seine et Marne semble avoir eu une existence originale en marge du grand mouvement d’éducation populaire qui a accompagné la création de l’école publique républicaine, à côté (ou au sein ?) de la Ligue de l’Enseignement .
Cette Ligue était née à l’initiative de Jean Macé en 1866. Après bien des avatars, elle est devenue la « Confédération générale des œuvres laïques scolaires, postscolaires, d’éducation et de solidarité sociale » qui sera reconnue d’utilité publique par le décret du 31 mai 1930. Avec le souci de mettre l’art, les techniques, les disciplines sportives au service de tous, elle a créé des sections spécialisées, les UFO.
Je garde pour ma part en mémoire les séances de cinéma qu’organisait dans mon école normale de Rouen, dans les années 50, l’UFOCEL (Union Fçse des Offices du Cinéma Educateur Laïque) dont nous saluions l’annonce « UFOCEL » par le spirituel ajout : ..« de Ch’val ! ». Son propos était généreux :
« « L’UFOCEL constitue à la Ligue française de l’enseignement la section spécialisée pour l’utilisation de la projection fixe ou animée, dans les établissements d’enseignement public et les œuvres laïques post et parascolaires d’éducation populaire.
Elle a pour objet de coordonner l’action de ses membres, d’étudier toutes les mesures susceptibles de favoriser la diffusion et le perfectionnement du cinéma éducateur, d’établir un programme d’action pour la constitution de collections de films éducatifs et récréatifs et d’en suivre la réalisation. Elle se propose également de contribuer à mettre au point toutes les méthodes d’action permettant l’utilisation du cinéma comme moyen culturel. Elle entend en toute occasion prendre la défense du cinéma éducateur et de ses usagers » (février 1948) ».
Depuis, le cinéma est devenu mercantile, la télévision l’a largement supplanté et le militantisme est devenu ringard. D’ailleurs, comme on peut le lire sur Wikipedia : « Les associations remplacent les bénévoles par des professionnels, privilégiant la qualité du service proposé à la dimension militante. La rationalisation gestionnaire du secteur de l’animation socioculturelle est devenue la préoccupation dominante, même si la Ligue maintient dans ses discours de congrès un style contestataire. »
Nous sommes effectivement depuis longtemps parvenus à la fin d’une époque...
