La FOCEL, ce fleuron du combat laïque disparaît
Voici la carte d’identité de la FOCEL 77 avant son décès annoncé
- 483 associations affiliées
- 33 174 adhérents
- 250 communes et établissements publics
- 14.5 millions d’euros de budget
- 283 salariés en contrat à durée indéterminée
- 179 salariés en contrat à durée déterminée
La FOCEL 77, fédération des œuvres complémentaires de l’école publique est en cessation de paiement ;
Nous n’avons pas entre nos mains des renseignements fiables sur les raisons de ce naufrage qui attriste tous les laïques et tous les amis de l’Ecole publique.
La Maison de l’Enseignement qui a été érigée pour développer la solidarité militante entre toutes les œuvres laïques de Seine et Marne, siège historique de la FOCEL va être vendue.
C’est la fin d’une époque.
« Fondée le 7 juin 1931, lors du Cinquantenaire des lois scolaires de Jules Ferry, par l’inspecteur d’académie César Santelli, officialisée le 23 juin 1932, la FOCEL (Fédération des Œuvres Complémentaires de l’Ecole Laïque) constitue alors « une union complète de tous les républicains partisans résolus des principes de laïcité … et de la promotion de l’école laïque ».
Portée par les instituteurs, « les hussards noirs de la république », soutenue par des élus et des personnalités républicaines, rejointe par 300 sociétés péri et post scolaires comptant 21 000 adhérents, la FOCEL devient rapidement la grande fédération d’éducation populaire de Seine et Marne.
Dès l’origine dans la bataille des idées : éducation, égalité civique, place des femmes dans la société civile, solidarité internationale, action en faveur des jeunes handicapés, …Parallèlement elle développe des services : vacances pour les enfants, activités culturelles et sportives, secours mutuels, patronages laïques.
Plus de 80 ans après, la FOCEL associe toujours la pensée et l’action ; colloques, manifestations publiques se multiplient tandis que perdurent et se développent activités éducatives, formations professionnelles, gestion et animation des temps péri et post scolaires et des accueils de loisirs, accompagnement des collectivités dans la mise en œuvre des nouvelles activités pédagogiques, séjours éducatives et classes découvertes, actions sociales et d’insertion.
Près de 500 associations, plus de 33 000 adhérents, 250 communes ou établissements publics seine et marnais font aujourd’hui confiance à la FOCEL.
Cette évolution au fil des ans, est due à tous ceux qui croient en l’Homme, à la jeunesse, à tous ceux qui militent au quotidien pour changer la vie, à tous ceux qui ne renoncent pas à leurs idéaux, quelles que soient les contraintes du moment.
Alain Vivien, s’est attaché à retracer l’histoire de la FOCEL dans un ouvrage complet : « Histoire de la FOCEL 1932-2007. 75 ans au service de l’éducation populaire », Lys Editions Amattéis, 2007 »
Comme beaucoup d’instituteurs laïques, j’ai participé très modestement à cette histoire : participation aux classes d’environnement, participation à de nombreuses réunions.
Mon père, avant moi a été lui, un artisan actif de ce projet de maison de l’enseignement.
Lui et ses amis qui ont tant donné doivent se retourner dans leurs tombes.
Comment cette FOCEL, première association laïque du département, dotée d’une audience et d’un rayonnement considérable a pu en arriver là ?
Je ne possède que des brides et quelques informations glanées, ici et là.
Ce que je sais c’est que des centaines de militants et de cadres éducatifs et sociaux laïques sont aujourd’hui orphelins.
Jean-François CHALOT



