Commentaire de Nycolas
sur Les « conférences » TED ou la célébration de la société du spectacle. Il faut appeler un show un show !
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@Wilemo
Vous posez la question de la dynamique culturelle.
Sans parler du fait que ceux qui vont voir une conférence gesticulée sont sans doute pour la plupart des convaincus proches de la mouvance de l’éducation populaire, ou du travail social, il me semble que si l’on observe peu ou pas de changement dans les comportements, alors qu’il en existe pourtant une dans les mentalités (qui est certes difficile à mesurer, mais me semble indéniable), c’est que certains facteurs manquent.
Il manque notamment dans notre société de quoi exprimer ce changement dans des structures, puisque notre système est tout entier tourné vers la consommation.
Si vous voulez consommer du spectacle, de l’information pré-digérée, ou tout bêtement de la malbouffe, aucun problème, il suffit d’aller au coin de la rue ou d’allumer sa télé.
Si vous voulez trouver une structure où exprimer concrètement cette prise de conscience, alors là, non seulement les structures manquent, mais celles qui existent consistent en une multiplication de leurres : des partis politiques « alternatifs » qui veulent s’insérer dans le système, prétendant le changer de l’intérieur, comme si une fourmi dans la pyramide de Khéops pouvait en refaire la structure, des mouvements contestataires certes pertinents (contre la publicité, la malbouffe, les accords économiques transcontinentaux, etc.) mais ne pouvant rien faire de plus que combattre chacun un ou quelques aspects du système, sans pouvoir le changer non plus en profondeur.
On se désespère en effet, et d’autant plus lorsqu’on nous présente des « villages » d’acteurs de la scène alternative, ou quand on constate le dévoiement qu’on trouve même au sein, finalement, de la mouvance altermondialiste, qui en définitive, ne fait qu’accompagner la mondialisation d’une pseudo-éthique, sans pouvoir l’empêcher, tout comme le développement durable propose un greenwashing global, envers le système de prédation planétaire que constitue le néo-libéralisme capitaliste.
Bref... ce qui manque, ce sont les structures permettant à ceux qui ont compris dans quel monde nous vivions, de pouvoir amener des changements concrets. Je trouve que c’est ce sur quoi on bute, car nous sommes tous pétris de conditionnements idéologiques, et parce que l’émergence d’un mouvement réellement contestataire, dans le sens qu’il constituerait une critique à la fois pertinente et efficace du système actuel, en étant en position d’en proposer un autre en remplacement, serait vu d’un très mauvais oeil par l’élite en place. Enfin, je ne prétends pas posséder de solution à ce problème, mais il est clair que c’est LE sujet à réfléchir, si l’on voulait vraiment du changement (et non pas de la poudre aux yeux).
