Commentaire de Christian Labrune
sur Un dieu farceur
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@Mohammed MADJOUR
L’évêque d’Hippone, à la charnière des IV est Ve siècles, est un penseur que j’ai beaucoup lu. Si on veut comprendre quelque chose à l’antiquité tardive, il est incontournable. Cela dit, quand on traite de philosophie ou de littérature, on laisse généralement de côté sa « sainteté » dont on n’a cure, pour le traiter comme n’importe quel autre auteur de l’époque.
C’est heureux pour lui et c’est même une espèce de promotion : beaucoup de « saints » dans la plupart des religions qui décernent des brevets de perfection religieuse, auront été de parfaits crétins dont il n’y aurait pas grand chose à tirer d’un point de vue intellectuel.
Dire « SAINT-Augustin », ce serait le réduire à son rôle d’évêque, dont on se serait bien passé dans une époque où, après l’empereur Théodose, le christianisme devenu la religion officielle de Rome commence à devenir aussi féroce et intolérant que l’islam actuel. L’époque où Julien l’Apostat pouvait hésiter entre le monothéisme et les anciens cultes païens si pacifiques et tolérants est bien finie : si on n’est pas chrétien à l’époque d’Augustin et d’Ambroise de Milan, on n’a plus rien à faire dans l’Empire, ou bien l’on doit s’attendre au pire. On est presque dans la même situation que les chrétiens actuels dans l’état coranique, sommés de choisir entre la conversion et la mort.
