Commentaire de Fanny
sur Comment peut-on être « pro-russe » ?
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@Daniel Roux
Pourquoi inventer et se prendre les pieds dans le tapis pour critiquer Poutine ? Il y a suffisamment de motifs réels pour lui rentrer dedans.
Que veulent les Ossètes ? Ils ne veulent pas être rattachés à la Géorgie. La preuve : vous ne verrez aucun sondage occidental sur l’opinion des Ossètes.
Que veulent les Abkhazes ? Ils ne veulent pas être rattachés à la Géorgie. La preuve, vous ne verrez aucun sondage occidental sur l’opinion des Abkhazes.
Que veulent les habitants de la Crimée ? Ils veulent être rattachés à la Russie. La preuve : vous ne verrez aucun sondage occidental sur l’opinion des habitants de Crimée.
Poutine, opportuniste, a saisi deux occasions pour satisfaire les populations ossètes, abkhazes et de Crimée : la guerre déclenchée par Saakachvili afin d’assujettir par la force ces deux régions dissidentes d’une part, le coup de force de Kiev, dont on commence à comprendre comment il a été préparé, d’autre part. Reprocher au « dictateur » Poutine de libérer des populations est pour le moins étrange, venant d’un « démocrate ».
Le cas de Kalinigrad, située en Europe de l’Ouest, est différent. Un référendum pourrait exprimer une volonté de se séparer de la Russie. Un tel référendum n’aura pas lieu : Kalinigrad est une base militaire consacrée à la défense de la Russie, dans un contexte de pression accrue de l’OTAN. Un peu comme Guantanamo, base militaire US sur une terre incontestablement cubaine.
Je ne pense pas que Poutine mène une politique d’élimination violente de ses opposants. Dans la période Eltsine, les innombrables crimes en Russie étaient suscités par le chaos. L’ordre étant plus ou moins rétabli sous Poutine, cette criminalité a baissé, sans toutefois disparaître. Attribuer la responsabilité des crimes politiques en Russie à Poutine, à une volonté délibérée d’éliminer ses opposants, est à la fois arbitraire en l’absence de preuves mais surtout improbable dans le contexte politique russe. Les opposants sérieux à Poutine sont Ziouganov, Kassianov , Jirinovski , Koudrine … toujours actifs. Le cas de Navalny est à part et justifierait de critiquer Poutine : Poutine utilise les moyens d’Etat « légaux » pour paralyser Navalny, très populaire à Moscou (moins dans le pays). La 5ème colonne occidentaliste est très minoritaire politiquement, bien qu’elle ait nombre de soutiens parmi les oligarques et les hauts fonctionnaires (ce qui encourage certains à préparer une « révolution de couleur »), et ne justifierait pas le recours au crime. Qu’il y ait, parmi les nationalistes russes des gens, dont des fonctionnaires, adeptes des méthodes violentes est probable. Qu’ils soient soutenus par Poutine est discutable. Le problème est la difficulté de construire en Russie une opposition de pouvoir crédible, prête à l’alternance. Poutine ne favorise pas cette émergence, au contraire, et il faut le lui reprocher.
Quant à la seconde guerre de Tchétchénie, elle s’inscrit dans la guerre contre l’islamisme (soutenu par l’Occident et les Pays de Golfe, comme ce fut le cas en Afghanistan). Au moment où la France bombarde les islamistes en Syrie, avec l’appui de l’opinion française, reprocher ce même combat à Poutine relève d’une propagande de gribouille. La politique consistant à soutenir les islamistes contre les « ennemis de l’Occident » a un peu perdu du terrain, on devine pourquoi...
