Commentaire de velosolex
sur L'Affaire Weinstein. Harcèlement. Le piège de la victoire facile
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@alinea
C’est toujours difficile de ne pas être jugé peu nuancé dans ses billets d’humeur, qui ne permettent pas la fluidité d’une vraie conversation à bâton rompue. Cette époque m’étonne un peu, pour ne pas dire plus, par ses errements aberrants, permettant aux jouisseurs de se croire au dessus du commun et des lois morales, et non écrites. Vous savez, le coté « canal + » que je n’ai pas, que je n’aurais jamais, à travers son coté de parvenus, les branchés, ceux que Lauzier à une certaine époque se payaient la tête.
On comprendra finalement qu’ils surjouent, qu’ils jouent les étonnés, quand on leur demande des comptes. Les règles du jeu changent brutalement. Fini la rigolade, les putes à qui l’on tape sur les fesses sur les plateaux télé, voilà que les suffragettes rappliquent leur demandent des comptes, les traitent de gros porc. Bonjour la schizophrénie, pourraient ils dire pour se justifier, en montrant que les règles du jeu changent un peu trop brutalement pour être comprises.
Il est vrai. On passe de l’apologie des écrits du marquis de sade, (dont je n’ai d’ailleurs jamais compris leur coté révolutionnaire, quand ils légitiment le pouvoir du fort sur le faible, et que les fins esprits de gauche les vénèrent).
Il est arrivé le même genre de choses à la fin des années 70 quand les pédophiles qui avaient voix de presse, et étaient curieusement tendance, se sont aperçu brutalement que les temps n’étaient plus de leur coté....( voir Tony Duvert)....Je ne peux dire que des banalités sur la sexualité, qui pour moi est au coeur de l’intime de chaque être, et je suis porté à croire que la banalisation de l’acte, l’abus des autres peut rendre fou, autant la victime que son bourreau, dans des registres bien sûr différents, en excluant bien sûr le coté pénal qui ne peut que les opposer. Les associer dans un registre de « jeu » et d’« invite », à toujours été le propos des violeurs et des pervers, tentant de banaliser leur acte, voir de le légitimer.
La justice a rendu encore dernièrement un non lieu sidérant au sujet d’un trentenaire qui avait abusé d’une gamine de 11 ans,, arguant qu’elle ne s’était pas opposé à l’invite. On voit par là qu’on tente de se saisir de la loi pour mettre de l’ordre dans un sujet qui s’échappe, tant il se trouve au centre de trop d’enjeux : Le droit au plaisir, l’affirmation du moi, la liberté des êtres de disposer de leur corps,. Et puis en face la volonté de mettre un terme à une situation de rapports ancestraux : Le droit des hommes sur les femmes, la vision « diabolique » du sexe de la femme, le droit de cuissage.....
La fornication était vue comme un pis allé, une activité qu’on osait à peine avouer il y a 50 ans. C’était l’époque ou DH lawrence écrivit l’amant de lady chatterley, et où Freud osait parler de ce continent enfoui. Mais voilà qu’il se trouve maintenant en rayon au supermarché, et qu’on vous demande des comptes si le sexe ne fait pas ou plus partie de vos activités sportives. Des têtes à queue , si je peux dire ainsi se produisent parfois, quand on s’aperçoit au travers de tous ces témoignages de « traumatisés » ( sans doute parfois opportunistes...)que cette part de nous même, n’est pas qu’une fonction hygiénique et ludique, mais résonne avec notre moi profond, nos secrets et nos lumières, notre part d’ombre. Rendez nous l’ombre, la pudeur, la poésie, les petites fleurs. Pas de poésie et d’art sans cela. Et bien sûr le respect. Pas le respect « total » des p’tits cons et des fouteux. Celui de la transcendance et de la beauté. Vous parlez de cette grande passion actuelle aussi pour « les victimes », avec la recherche plus ou moins inconsciente pour certains et certaines de rentrer dans ce moule. Il est certain que le retour sur intérêts, avec des millions de dollars sonnant et trébuchant pour certaines victimes donnent des idées plus ou moins inconscientes à certains, certaines. Donnez moi un harceleur que je me retourne contre lui, que je le transforme en monstre, qu’il devienne le bouc émissaire de mon existence ratée, mais tout à coup subitement médiatisée, et précieuse. Tout cela part bien sûr dans tous les sens, mais à le mérite de la spontanéité et de la grâce des fautes d’orthographe et de syntaxe. Bien à vous en votre pays sec. Ici il fait un peu humide, beaucoup passionnément à la folie. Granit et lichens.
