Commentaire de diogène
sur Cette « gentrification » qui chasse les classes populaires de Paris
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Jusqu’au milieu du 20ème siècle, à Paris comme à Londres, la ségrégation sociale était verticale : les propriétaires laissaient les rez de chaussée aux concierges, policiers (souvent maris des concierges), artisans et commerçants et habitaient au premier étage (le plus haut de plafond de l’immeuble). Ils logeaient leurs domestiques sous les combles et louaient les étages intermédiaires à de familles d’employés (fonctionnaires de préférence pour garantir le paiement régulier des loyers).
La contre-partie positive de cette structuration était une mixité sociale très riche dans les quartiers et même une possibilité d’ascension sociale par brassages sentimentaux à la faveur des croisement dans les escaliers.
Les années 50 ont sonné le glas de ce modèle pour plusieurs raisons :
- la présence de classes sociales modestes intra-muros était perçue comme d’autant plus dangereuse que ces populations étaient imbriquées géographiquement les-unes dans les autres. Mais 68 a démontré la difficulté à maîtriser une guérilla urbaine quand les rebelles son chez eux.
- l’automobile a rendu inutile la présence de métiers liés à la présence des chevaux dans la ville (pour les nourrir, les soigner et les utiliser).
- la spéculation immobilière a poussé les propriétaires à « réhabiliter » leur patrimoine pour le valoriser et améliorer leur rendement économique par une augmentation substantielles des loyers. Dans les quartiers les plus modestes, les immeubles ont été rasés et remplacés par des tours permettant d’exploiter 32 étages là où il n’en avait que 5 ou 6.
La mutation sociologique des centre-villes est effectivement avant tout une initiative privée destinée à « optimiser » la rentabilité du foncier, et les propriétaires se sont servis des élus pour servir leurs intérêts. C’est une articulation caractéristique du fonctionnement de nos intitutions depuis la fin de la seconde guerre mondiale.
