Commentaire de jcbouthemy
sur Redistribution : la grande escroquerie
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Combien de désillusions dans ce constat, serait-on tenté de dire !
C’est combien d’erreurs qu’il faudrait dire... La solidarité dont vous faites état n’a jamais réellement existé. Pas plus qu’hier qu’aujourd’hui. Je ne prendrais que l’exemple de ma famille.
Ma mère a accouché de 10 enfants. Tous à la maison et le dernier en 1963. Je me souviens que nous avions du aller dormir dans l’étable la nuit où le dernier est né. En tant qu’agricultrice, ma mère ne bénéficiait pas de la sécurité sociale et la maternité était réservée aux femmes qui étaient couvertes par la sécurité sociale, à savoir les femmes de fonctionnaires et des grandes entreprises.
Bien qu’elle ait travaillé toute sa vie et qu’elle ait élevé 9 enfants, à la retraite elle ne disposait que du minimum vieillesse. Si elle avait été fonctionnaire, il lui aurait suffi d’avoir élevé 3 enfants et travaillé 15 années pour bénéficier d’une retraite décente.
Plus récemment ma sœur ainée s’est retrouvée en arrêt maladie pour un cancer. On lui a refusé les indemnités journalières au motif qu’elle ne travaillait que 186 heures par trimestre, et moins de 800 heures par année. Etait ce sa faute si à 58 ans, on ne lui confiait pas davantage d’heures de ménage ? Et pourtant sur toutes ces heures où elle a travaillé, on lui a prélevé les 20% salariaux et les 30% patronaux.
La solidarité à la française n’est qu’une immense arnaque. Le système par répartition n’existe pas.
Il est exact qu’un tel système a été envisagé au lendemain de la deuxième guerre mondiale. Mais tous ceux qui avaient bénéficié d’un système de protection sociale avant et pendant le conflit n’ont pas voulu perdre les avantages acquis et ont demandé à bénéficier des barèmes que le système par capitalisation en place leur octroyait...Reconstruction oblige et alors que tous ceux qui avaient été déportés ou prisonniers n’étaient pas encore rentrés au pays, ceux qui étaient en place ont imposé leur point de vue. C’est ainsi qu’ont été pérennisé tous les avantages acquis par les diverses corporations qui pour la plupart avaient collaboré avec les forces d’occupation.
Dans sa façon de fonctionner, dans sa façon d’octroyer des indemnités en fonction des cotisations versées, de l’emploi occupé ou de la branche d’activité, le système actuel de protection sociale applique les règles du système par capitalisation.
Pour preuve, si besoin était, le recours de la sécurité sociale devant le conseil constitutionnel lors de la création de la CMU, au motif que ce système remettait en cause les règles de base de la protection sociale qui ne prévoyait des indemnisations qu’à ceux qui avaient préalablement cotisé. Le Conseil Constitutionnel s’est appuyé sur le texte même de la constitution qui prévoyait la solidarité avec les malades, les démunis ou les incapables sans contrepartie.
Si, au mépris de la réalité, on a appelé ce système, un système par répartition, c’est pour mieux entuber les plus pauvres et prélever au travailleur, dès la première heure de travail, 50% de ses revenus même si, en retour, il ne pourra jamais bénéficié de la solidarité nationale.
C’est ainsi que la plupart des travailleurs à temps partiel ne peuvent prétendre qu’à 2 ou 3 trimestres de cotisation par an. Pour pouvoir atteindre les 160 trimestres et prétendre à une faible retraite, il leur faudra avoir cotisé 50 ou 60 ans. Autant dire jamais.
C’est le véritable scandale de notre système à la française dont l’urgence voudrait qu’il soit totalement remis à plat pour assurer un minimum de solidarité.
Alors que les plus riches voient diminuer leur taux d’imposition, les pauvres sont imposés à hauteur de 50% et ceci dès le premier centime de revenu.
bouthemy
