Commentaire de Jean Keim
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@Gollum
Désolé mais je ne visais personne en particulier et je me mets dans le panier qui n’est pas de crabes, et puis non je ne hais point la pensée, sinon et je me répète je devrais me haïr moi-même.
Le bouddhisme, je le perçois ainsi, est venu à une époque où l’humanité était différente, où la religion sous ses formes diverses exerçait sur la société indienne un poids insupportable, tout était réglementé par des traditions pesantes et des castes hermétiquement cloisonnées, dominées par les prêtres et les guerriers, Gautama le bouddha historique dont probablement vous connaissez l’histoire, a rejeté tout cela et a instauré une autre vision et une autre approche tout en composant avec les croyances en usages pour ne pas être lui-même rejeté, j’ai la conviction que le bouddhisme actuel est bien loin du message originel dont l’objectif était de désaliéner la société indienne.
Je suis plus touché par le message de Jésus qui a rempli finalement une tâche identique à celle de Gautama vis-à-vis de la société juive tout en l’élargissant, vers la fin de son ministère qu’il sentait proche, en un message universel, et là encore le message originel a été perverti.
La lecture des évangiles, surtout celle de Jean, montre une absence de précepte, de donnée initiatique, de méthode, il n’est pas question de rites, de postures, de méditation, nous devons nous poser la question du pourquoi de ce dénuement, Jésus parle du pouvoir néfaste du diable qui est en chacun de nous, c’est le malin, le maître du monde, je me suis longtemps interrogé sur tout cela et bien d’autres choses encore comme son entretien avec Nicodème, ou la résurrection de Lazare, sur l’acceptation de ses supplices, alors certains ont écrit que Jésus aurait donné un enseignement ésotérique qui se rattacherait à une tradition très ancienne, je ne vois que des stupidités dans ces allégations d’esprits en mal de sensationnel, le cœur du message est précisément dans ce dénuement, la vérité de par sa nature ne peut pas être un savoir, en qq sorte un savoir ultime, la vérité n’est pas un contenu secret, ésotérique, réservé à des élus et/ou à une élite, il est dans un état d’être.
Puisque vous citez souvent des sources, il existerait un texte qui est l’Advaïta Vedanta, il traite notamment de la fin de la dualité et de l’extinction du savoir. ; l’un de ses rapporteurs fut Adi Shankara, il m’a été commenté par un ami, érudit bouddhiste décédé depuis.
Encore trois choses pour reprendre un peu votre commentaire, 1- la pensée n’est pas l’intelligence, celle-ci est en amont de la pensée, toute pensée qu’elle soit essentiellement pratique et donc très utile ou abstractive ou encore un mélange des deux (c’est le cas de figure le plus courant) est une réaction , 2- l’ego est le mouvement de la pensée, tantôt il est gros, tantôt il l’est moins suivant le flux, 3- Nagarjuna n’est probablement pas un individu mais une série de suiveurs bouddhistes qui ont développé une branche du bouddhisme, ce n’est plus le message originel.
