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Commentaire de jesuisdesordonne sur La grande régression - AgoraVox le média citoyen

Commentaire de jesuisdesordonne
sur La grande régression


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jesuisdesordonne jesuisdesordonne 2 juin 2018 00:06

Quand vous dites :
« Les grandes firmes financières cherchent à s’approprier les activités potentiellement rentables de l’Etat. [...]

Pas seulement.
Il s’agit aussi, sous prétexte de faire des bénéfices avec les activités « potentiellement rentables », de détruire la finalité même des services publics qui est d’offrir inconditionnellement aux citoyens d’une même nation un minimum de sécurité matérielle. Or dans une économie où les plus riches de tous pays peuvent piller tous les pauvres de par le monde, il ne faut plus de solidarité nationale. Au temps de l’économie slave une famille était liée à son propriétaire par contrat mais ce dernier avait le devoir d’apporter en contre partie un minimum de sécurité matérielle.
Au temps de l’esclavage les propriétaires terriens comptabilisaient dans leur patrimoine leurs esclaves au même titre que des bêtes de somme qu’il convenait de nourrir un minimum pour ne pas dévaloriser sa propriété.
Puis les industriels, et autres capitalistes d’État, ont trouvé plus profitable d’investir dans des biens matériels et de prélever leur main d’œuvre dans une masse de pauvres libres de circuler et de crever de faim tout seuls, main d’œuvre toujours renouvelée qu’il n’était même plus nécessaire d’aller acheter en Afrique puisqu’elle venait d’elle-même vendre sa force de travail.
En ces temps là les États offraient cependant aux capitalistes avides de profits des infrastructures et un réservoir de main d’œuvre éduquée et en bonne santé, dont une partie était tenue en réserve pour faire la guerre, le tout étant gage de prospérité collective.
Aujourd’hui, ceux qui tirent les ficelles vivent avec des capitaux qui n’ont plus ni frontières, ni réalité matérielle, ni même besoin de forces de travail.
Donc les grandes firmes financières ne cherchent pas à s’approprier les activités potentiellement rentables de l’Etat. [...] elles cherchent à détruire les Etats et leurs services publics qui redistribuent les richesses d’une planète désormais trop petite pour être partagée avec des pauvres trop nombreux.
La petite musique sur la rentabilité nécessaire des services publics qu’on met dans la tête des agents au lever ne sert qu’à les faire marcher au pas cadencé vers l’abîme jusqu’au bout.

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