Commentaire de Axel_Borg
sur Keep Fighting, Michael !


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Axel_Borg Axel_Borg 11 janvier 10:25

@leypanou,

Les grands reproches fait à Michael Schumacher sont au nombre de 4 sur le débat du GOAT en F1 :

primo n’avoir accepté aucun coéquipier champion du monde chez Benetton et chez Ferrari (Nico Rosberg chez Mercedes AMG sera sacré en 2016 mais après sa collaboration face au Kaiser), là où Prost en a affronté 5 : Lauda en 1984 et 1985 chez McLaren TAG Porsche, Keke Rosberg en 1986 toujours chez McLaren TAG Porsche, Senna en 1988 et 1989 chez McLaren Honda, Mansell en 1990 chez Ferrari, D. Hill en 1993 chez Williams Renault ...
Senna, lui, osa affronter Prost chez McLaren Honda en 1988 et 1989, avant de se frotter en toute fin de carrière à Mika Hakkinen chez McLaren Ford (3 derniers GP de 1993 soit Estoril, Suzuka et Adelaïde) puis à Damon Hill chez Williams Renault (3 premiers GP de 1994 soit Interlagos, Aida et Imola).
A minima, aucun fauve contre lui excepté Nelson Piquet fin 1991 mais à 39 ans le Carioca n’était plus au sommet. Par la suite, Brunde Patrese Lehto Verstappen Herbert Irvine Barrichello Massa.

secundo avoir eu toujours (sauf Jordan en 1991, Ferrari en 1996 et Mercedes AMG entre 2010 et 2012) des F1 dessinées pour lui, à sa guise par Rory Byrne et Ross Brawn, que ce soit chez Benetton et chez Ferrari. Sauf en 1996 donc où Jean Todt avait comme directeur technique un certain John Barnard.

tertio avoir dominé une époque moins concurrentielle que celle vécue par Prost et Senna ... La période de domination de Schumacher s’étale entre 1994 et 2004, puisqu’il apprit le métier en 1992 et 1993 avec brio, avant de défendre son territoire en 2005 et 2006. Alain Prost partant en traite fin 1993 et Senna décédant en 1994 tandis qu’Alonso arriva à maturité trop tard en 2005 et Hamilton ne débutera en F1 qu’en 2007. Entre deux, le Kaiser s’est mesuré principalement à Mika Hakkinen, à Damon Hill, à Jacques Villeneuve, à Juan Pablo Montoya ou encore à David Coulthard.

quarto ne pas avoir géré la pression de Grands Prix décisifs pour le titre comme Adelaïde 1994 ou Jerez 1997, avec de surcroît des accrochages avec D. Hill et J. Villeneuve. Certains pourront rajouter Suzuka 1998 où il cale sur la grille, Hakkinen le piégeant en ralentissant la meute derrière lui pendant de tour de formation.

Pour en revenir à Lewis Hamilton, qui vient de fêter ses 34 printemps le 7 janvier, il a un scénario idéal :

coéquipier solide n°2 mais pas une menace pour le titre avec Valtteri Bottas (comme le Finlandais Heikki Kovalainen en 2008 à Woking), loin des rivalités passées avec Alonso, Button ou N. Rosberg

stabilité chez Mercedes AMG là où Ferrari vient de changer son pilote n°2 (Leclerc remplaçant Raikkönen) et son team principal (Mattia Binotto cumulant ce titre avec celui de directeur technique, remplaçant Maurizio Arrivabene)

pression sur Sebastian Vettel qui s’il échoue cette saison aura passé 5 ans sans titre chez Ferrari, soit moins bien que M. Schumacher (arrivé en 2016, titré en 2000) et comme Alonso (2010-2014) à ceci près que l’Espagnol aurait mérité les couronnes 2010 et 2012, là où Baby Schumi n’était pas le meilleur pilote du peloton en 2017 et 2018 (ce titre revenant à Lewis Hamilton, logiquement couronné)

a priori pas de menace du côté de Red Bull Honda malgré le talent de Max Verstappen, pas plus que Renault F1 ou McLaren Renault.

Donc Black Senna, déjà recordman des poles (83) peut se lancer à la conquête des trois plus prestigieux records du Baron Rouge :

les 7 titres mondiaux, l’Anglais en ayant déjà 5 soit comme Fangio. Hamilton pourrait égaler Schumacher dès la fin 2020, voire le dépasser en 2021.

les 91 victoires du Kaiser, le leader des silberpfeil en ayant 73 à son actif fin 2018. S’il maintient la moyenne des 5 dernières saisons soit une dizaine par Mondial, Hamilton sera le pilote le plus victorieux de tous les temps (dans l’absolu) ...

les 155 podiums de Schumi, Hamilton en ayant déjà 134 dans la besace. Sachant qu’il en signe une quinzaine par saison, celui là lui semble acquis s’il boucle les saisons 2019 et 2020 sans accident et sans envie de retraite.

Par contre pour atteindre le % de réussite du Kaiser qu’il avait en raccrochant fin 2006 (91 victoires en 250 GP soit 36.4 %), cela semble impossible pour King Lewis qui n’a que 73 succès en 229 départs soit 31.87 %. Il lui faudrait gagner 18 fois en 21 courses, soit un défi presque impossible car Ferrari, Red Bull voire Bottas vont lui prendre des victoires par ci par là ...

Enfin sur les dons intrinsèques, Schumacher était plus complet et plus fort en mise au point, mais Hamilton me semble meilleur sur un tour, vraiment un sprinter à la Senna, même s’il a énormément progressé le dimanche.

Quant aux 4 titres ratés par Black Senna, les voici

2007 (McLaren Mercedes), erreur de jeunesse en Chine où il veut gagner au panache, Ron Dennis ne le fait pas rentrer en stand et il finit dans le gravier avec gommes en charpie. 2e erreur ensuite au Brésil où il veut absolument devancer Alonso après la descente des S de Senna, sa boîte se bloque et il doit remonter tout el peloton. Seulement 7e il perd le titre contre Iceman pour un point, manquant l’occasion unique d’être le premier rookie titré, comme Jacques Villeneuve en 1996 à Suzuka chez williams Renault ...

2010 (McLaren Mercedes), deux erreurs dans la gestion des départs à Monza et Singapour, il perd ensuite el fil dans le money time face au trio Alonso Vettel Webber. Crevaison en Espagne où il aurait pu avoir 18 points cruciaux à Abu Dhabi pour le final du Mondial

2012 (McLaren Mercedes), trop souvent trahi par sa McLaren MP4/27 alors qu’il aurait mérité de se battre jusqu’au bout pour le titre contre Alonso et Vettel.

2016 (Mercedes AMG) Malgré un super Rosberg, Lewis étant encore le meilleur cette année là à Brackley / Brixworth, et sa casse mécanique en Malaisie a décidé du sort du Mondial qu’il perd pour 5 misérables points, même si l’Allemand fut remarquable sur les grands circuits dans le money time (victoires à Spa, Monza et Suzuka)

Mais Prost (1983, 1984, 1988, 1990), Senna (1989), M. Schumacher (1997, 1998, 2006) et Alonso (2007, 2010, 2012) ont aussi raté de peu des titres mondiaux en plus.


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