jeudi 10 janvier - par Axel_Borg

Keep Fighting, Michael !

Cinq ans après son terrible accident du 29 décembre 2013 à Méribel, et alors qu'il fête son cinquantième anniversaire dans un état végétatif qu'on espère meilleur que celui du protagoniste du Scaphandre et du Papillon, que reste-t-il de Michael Schumacher dans la mémoire collective de la F1 ?

Bats-toi encore, exactement comme nous avions l'habitude de le faire sur la piste. Fais-moi plaisir, cette fois, n'essaie pas d'arriver le premier. Tu n'as pas besoin de réaliser le meilleur temps sur cette course, prends le temps qu'il te faudra. Cinq ans après, les mots de Mika Häkkinen, dans une lettre ouverte à son plus grand rival quelques jours après son terrible accident de ski dans la station de Méribel, résonnent toujours comme un message d'espoir.

Michel Cordonnier ... Le meilleur pilote de sa génération aura conquis sept titres mondiaux, deux de plus que Juan Manuel Fangio, longtemps considéré comme inaccessible avant que Schumi ne l'égale en 2002 à Nevers Magny-Cours, puis ne le dépasse en 2003 à Suzuka. Tous, de Jim Clark à Ayrton Senna en passant par Jack Brabham, Jackie Stewart, Niki Lauda ou Alain Prost, s'étaient cassés les dents sur le record du maestro argentin de Balcarce.

Que retenir de la carrière somptueuse de Michael Schumacher, outre son impressionnante collection de records chassée par Lewis Hamilton ? Ses sauts de cabri sur le podium, ses mimes de chef d'orchestre durant l'hymne transalpin Fratelli d'Italia.

Même à sa 91e et ultime victoire parmi l'élite des gladiateurs de la vitesse, le dimanche 1er octobre 2006 en Chine, le Kaiser avait l'enthousiasme d'un junior sur le podium, sautant très haut dans le ciel de Shanghai pour échapper à la gravité tel His Airness Michael Jordan ... C'est vrai qu'il prenait pour la dernière fois la tête du Mondial, face à son rival espagnol Fernando Alonso, l'as d'Oviedo, grand fauve qui aura rendu un bel hommage à son idole en 2005 : Gagner le titre de champion du monde sans Michael Schumacher, c'eut été comme gagner le Tour de France sans Lance Armstrong.

Comme le Texan qui multipliait les maillots jaunes comme les petits pains au début des années 2000, le pilote allemand aura cannibalisé sa discipline, imposant sa férule avec un sceau d'une rare violence : 11 victoires en 2002 (et 17 podiums sur 17 possibles), 13 en 2004 (dont 12 des 13 premières manches du Mondial) !

Mais ceux qui se plaignaient de le voir aussi hégémonique avec la Scuderia Ferrari avaient la mémoire courte ... Montréal, Magny-Cours, Silverstone en 1996, trois courses pour trois abandons après sa démonstration catalane à Montmelo. La presse italienne avait réclamé la tête de Jean Todt, sauvé par l'intervention médiatique du double champion du monde venu tel un Messie de Benetton. Six ans après Alain Prost en 1990, Maranello se payait de nouveau un grand pilote à prix d'or, aux antipodes des moeurs du Commendatore.

Par ses exploits, à force de dresser la guillotine sur l'asphalte des circuits du monde entier, l'aîné des frères Schumacher aura dépassé les Nuvolari, Ascari, Lauda et autres Gilles Villeneuve dans la légende immortelle du Cavallino Rampante.

Surnommé le Petit Mozart de la F1 à son arrivée, Schumacher étale sa virtuosité dès ses débuts fracassants chez Eddie Jordan, qui se fait piéger par ce diable de Flavio Briatore. L'Irlandais conclura l'épisode avec humour dès années plus tard : Quand on fait signer un contrat à un pilote, il doit être en acier forgé, scellé sur du granit, entouré de barbelés et protégé par une hydre à sept têtes. Formé à l'école du karting puis diamant brut poli par Jochen Mass en endurance chez Mercedes, Schumacher débarque en F1 fin 1991 comme un poisson dans l'eau. Avec la firme de Stuttgart, le jeune homme est sorti de l'adolescence : il a appris l'anglais (sésame indispensable pour communiquer avec les ingénieurs), la communication et les relations publiques avec Jochen Neerspach, la diététique avec Willy Dungl (ancien gourou de Niki Lauda) et l'étiquette, tel Leonardo Di Caprio dans Titanic. Fin 1990 à Zolder, on explique à ce fils de maçon devenu gérant de piste de kart quel couvert choisir parmi l'argenterie d'un grand dîner de fin de saison. Mais en piste, dans l'univers darwinien de la jungle F1, Schumacher est un piranha, un lion, pas un agneau ... Contraint à l'abandon dès les premiers hectomètres le dimanche 25 août 1991 pour son baptême du feu à Spa Francorchamps, il épiloguera sans forfanterie : Je ne pensais pas qu'une F1 était si facile à piloter.

Tel Jim Clark chez Lotus ou Ayrton Senna chez McLaren, Michael Schumacher devint LE pilote Ferrari par excellence, ce que réalise désormais Lewis Hamilton chez Mercedes.

Surnommé Spoon Face en raison de son visage aplati, l'Allemand se moque de cette cuillère qui servira à ramasser ses rivaux après tant de démonstrations de force ... C'est ensuite le Baron Rouge qui lui colle à la peau, tant il enfile les victoires comme les perles à la façon de Manfred von Richthofen, l'as des as de l'aviation allemande durant la Première Guerre Mondiale.

Mais bientôt, à force d'écraser sa discipline, le surnom de baron rouge ne suffira plus : il sera le Kaiser. Tel Jules César, la devise de Michael sur chaque nbataille est la suivante : Veni, Vidi, Vici. Tous les autres pilotes passent sous ses fourches caudines. 

Comme son idole brésilienne, Schumacher s'est construit un casque rouge pour devenir le Baron Rouge, Senna ayant lui choisi le jaune du Brésil, pour se faire distinguer dans le trafic et plus tard comme symbole aussi universel que le heaume noir de Dark Vador.

Privé par le destin du combat des chefs avec Ayrton Senna, Michael Schumacher aura bataillé avec Mika Häkkinen mais aussi Damon Hill, Jacques Villeneuve, David Coulthard, Juan Pablo Montoya, Kimi Räikkönen, Rubens Barrichello ou encore Fernando Alonso. Aucun coéquipier champion du monde à part Nelson Piquet en 1991 chez Benetton ou Nico Rosberg entre 2010 et 2012 chez Mercedes AMG. L'Aigle de Kerpen n'acceptait pas de grand fauve à ses côtés, préférant porter l'estocade par contrat à ses équipiers. Mais par quatre fois, Schumacher ceindra la couronne mondiale sans piloter le meilleur bolide, un vrai prodige : en 1994 avec Benetton Ford et 1995 avec Benetton Renault face aux Williams Renault, en 2000 avec Ferrari devant McLaren Mercedes et enfin 2003 avec la Scuderia contre Williams BMW ... Les trois autres titres mondiaux du champion allemande, en 2001, 2002 et 2004, se sont transformées en promenades de santé grâce à un implacable bolide écarlate, F2001, F2002 ou F2004.

On remarquera que les FW16, FW17 et MP4/15 destinées à conquérir le Graal avaient toutes été dessinée par le brillant Adrian Newey. Mais David battit Goliath trois fois, comme Fangio en 1957 avec Maserati devant Ferrari, Stewart en 1973 avec Tyrrell devant Lotus, Prost en 1986 chez McLaren TAG Porsche contre Williams Honda, Senna en 1991 toujours avec Woking (propulsé par Honda) contre Didcot (motorisé par Renault) ou encore Alonso en 2005 avec le Losange face à McLaren Mercedes.

Peu motivé d'aller chez Williams Renault en 1996, l'Allemand va conquérir l'Everest par la face nord, avec sa bite et son couteau, comme disait Henri Leconte à propos de la Coupe Davis 1991. Personne ne mise un kopeck sur lui en 1996 et 1997, mais il frôle le sacre dès la deuxième saison à Jerez. Nouvelle défaite de peu fin 1998 à Suzuka devant McLaren Mercedes et Mika Häkkinen. Maudit, Schumacher penser l'être quand il se casse la jambe en juillet 1999 à Silverstone. Suivra la plus violente domination de toute l'Histoire de la F1 entre 2000 et 2004.

Son retour raté entre 2010 et 2012 à l'ère des Hamilton, Vettel, Alonso, Button, Webber, Kubica et autres Nico Rosberg n'aura pas terni la légende de ce pilote façonné par sept évènements :

- Nivelles 1980, et la découverte d'un kartman de génie nommé Ayrton da Silva, qui lui donne la vocation de la course automobile, comme il le fera pour Lewis Hamilton lors du dimanche de Pâques 1993 à Donington Park.

- Hyde Park Corner 1990, et l'utilisation par le pilote franco-belge Bertrand Gachot d'une bombe lacrymogène lors d'une altercation avec un chauffeur de taxi anglais

- Spa Francorchamps 1991, où le diamant brut scintille devant tout l'aréopage de la F1 (7e en qualification, 4e du warm-up), faisant renaître tel un phénix le sport automobile allemand de ses cendres, comme l'écrira le journaliste anglais Nigel Roebuck : Le sport automobile allemand est mort à Spa avec la disparition de Stefan Bellof en 1985. Il vient de renaître, à Spa, six ans plus tard, avec l’avènement de Michael Schumacher.

- Villa d'Este 1991, dans l'ancienne résidence de cardinaux sur les rives du Lac de Côme, Eddie Jordan se fait piéger par Flavio Briatore, Jochen Neerspach et Willi Weber, le trio italo-allemand étant aidé par la complicité d'un Bernie Ecclestone officiellement Salomon, officieusement partial car intéressé par le marché allemand pour sa F1 ... A Monza, Schumacher devient pilote Benetton aux côtés de Nelson Piquet. Roberto Moreno fait le trajet inverse vers Jordan !

- Imola 1994, le décès de l'archange et triple champion du monde Ayrton Senna ouvre une nouvelle ère en F1. Orphelien de son plus bel ambassadeur, la F1 avait déjà vu partir en retraite Nelson Piquet (1991), Nigel Mansell (1992) et Alain Prost (1993). Par la force du destin, Michael Schumacher devient le leader de la nouvelle vague, devant Damon Hill, Jean Alesi et Mika Häkkinen.

- Phuket 1996, Jean Todt allant chercher Rory Byrne en Thaïlande, là où l'ingénieur sud-africain. Sans Rory Byrne et sans Ross Brawn, le palmarès de Schumacher n'aurait pas été le même. Ce trio infernal formait un puzzle parfait, telle une mosaïque de Ravenne sans faille ...

- Silverstone 1999, qui lui donnera une pause à 30 ans. Mentalement revigoré par sa convalescence, le Schumacher 2.0 qui débarque à Kuala Lumpur en octobre 1999 est un OVNI. Dès son retour, il colle une seconde aux McLaren Mercedes sur le nouveau circuit de Sepang en Malaisie, avant d'offrir la victoire sur un plateau à son coéquipier Eddie Irvine le dimanche ... La concurrence est prévenue en vue de l'an 2000, ce stakhanoviste des garages, autre moine-soldat dans la lignée de Ssenna, a un appétit digne de Pantagruel ...

Oublions les innombrables polémiques où le Kaiser aura franchi le Rubicon (Macao 1990, Adelaïde 1994, Spa Francorchamps 1995, Jerez 1997, Montréal 1998, Suzuka 1999, Spielberg 2002, Indianapolis 2002, Indianapolis 2005, Monaco 2006, Budapest 2010), l'oeuvre de Schumacher est immense, retenons sept victoires et sept accessits inoubliables :

- Spa Francorchamps 1992, après une année d'apprentissage, le rookie s'offre le premier succès d'une très longue liste, utilisant la pluie et son sens de l'analyse (voyant les pneus dégradés de son coquipier Martin Brundle) sur le toboggan des Ardennes

- Nürburgring 1995, démonstration de pilotage. Toisant Damon Hill et s'offrant le scalp de Jean Alesi dans la chicane à deux tours du terme, Schumacher offre une victoire d'anthologie à ses fans venus l'acclamer dans l'Eifel. L'étoffe des héros, avec en prime des montagnes russes d'adrénaline ...

- Barcelone 1996, une démonstration de Regenmeister qui rappelle le récital de Senna en 1993 à Donington Park. Implacable, intouchable, le n°1 allemand possédait une minute trente d'avance quand sa boîte de vitesses lui fit perdre le rythme. Jean Alesi, dauphin de Schumi ce 2 juin 1996 à Barcelone, coupera la ligne avec 45 secondes de retard, montrant à quel point le peloton avait bu la tasse ... Stirling Moss ne tarit pas d'éloges sur le double champion du monde : Le succès de Schumacher en Espagne est plus qu’une simple victoire. C’est la démonstration du génie de ce pilote. A sa descente du podium, le Kaiser a les dents qui claquent, et le corps qui tremble, ayant du mal à parler :

- Monaco 1997, où le Baron Rouge ridiculise ses rivaux en Principauté ... Dauphin de Schumacher ce jour là sur le Rocher noyé par une pluie apocalyptique comme en 1984, Rubens Barrichello termine à presque une minute du Kaiser.

- Spa Francorchamps 1997, avec une stratégie magistrale, Schumacher tirant la quintessence des pneus intermédiaires sur le circuit wallon. S'envolant de façon irréversible, l'Allemand tire la substantifique moelle de sa F310B et piège des Williams Renault pourtant plus véloces sur le sec : un chef d'oeuvre de décision tactique et d'habileté diabolique sur piste humide s'asséchant après le passage initial de la voiture de sécurité ...

Budapest 1998, où il change de stratégie en plein Grand Prix, du vrai trapèze volant. Pour piéger les McLaren sur le tourniquet magyar, Ross Brawn fait passer son prodige de deux à trois ravitaillements. L'Allemand enchaîne les tours à une cadence de qualification et le miracle s'accomplit. Le tandem Brawn / Schumacher refera le coup en 2004 à Nevers Magny-Cours face à Fernando Alonso, privant l'as d'Oviedo et le Losange d'un triomphe au Grand Prix de France.

- Suzuka 2000, une bataille pleine d'adrénaline et de testostérone avec Mika Häkkinen, un mois après le dépassement d'anthologie du Finlandais Volant sur son rival à Spa Francorchamps. Dix ans après Macao 1990, l'Allemand montre bien au leader des flèches d'argent, à la régulière, qu'il est le plus fort ! Après cinq ans de joutes, Suzuka 2000 est le juge de paix qui offre à Schumacher son Everest, conquis à la bite et au couteau, pour reprendre les termes d'Henri Leconte sur la victoire française en Coupe Davis 1991.

Sept accessits mémorables ont également marqué la carrière somptueuse du pilote de Kerpen :

 - Monza 1991, avec une cinquième place mais surtout une arrivée onze secodnes devant Nelson Piquet, triple champion du monde et son nouvel équipier dans un contexte explosif chez Benetton. Après chaque retour au stand, les ingénieurs réalisent qu'il mémorise toutes les datas sur une série de trois tours et qu'ils peuvent gagner un temps considérable en se fiant directement à lui. Comme le moine-soldat brésilien Ayrton Senna, le petit Mozart allemand possède une mémoire d'ordinateur et un rythme de travail stakhanoviste, sans oublier une capacité stupéfiante de restitution des données télémétriques ... Dès lors, aux yeux de Flavio Briatore, le destin de Piquet est scellé dans l'éoptique de la saison 1992. A 39 ans, le natif de Rio de Janeiro est vieux et cher, tout l'inverse de Schumacher, qui écoeurera par la suite bien d'autres équipiers : Martin Brundle, Riccardo Patrese, Jos Verstappen, Johnny Herbert, Eddie Irvine, Rubens Barrichello ou Felipe Massa. Seul Nico Rosberg, de 2010 à 2012 chez Mercedes, lui tiendra la dragée haute. Mais Schumi était quadragénaire, revenant après trois ans sans F1 !

 - Barcelone 1992, troisième podium dans l'élite mais acquis après avoir poussé le grand Ayrton Senna à la faute sous la pluie catalane, dans le money time du Grand Prix d'Espagne de surcroit ! Seul Nigel Mansell, invincible au printemps 1992, aura pu éviter la victoire du rookie allemand à Montmelo.

 - Monaco 1993, abandon en Principauté mais le jeune espoir allemand a bien grandi depuis le rookie de la fin de l'été 1991 ... Une course de patron dans le dédale monégasque devant Ayrton Senna qui tirera les marrons du feu, loin devant Alain Prost condamné à partir des stands du fait d'un embrayage défectueux sur sa Williams Renault.

 - Barcelone 1994, deuxième place derrière Damon Hill malgré une boîte de vitesses bloquée en 5e ! Cette performance stratosphérique du Kaiser, pour ne pas dire stellaire, attisera vers Benetton Ford de forts soupçons d'antipatinage. Au fur et à mesure, l'Allemand parvient à aligner des chronos dans la même seconde que l'Anglais. Il maintient aussi son V8 Ford dans un hurlement abominable pour ne pas caler lors de son passage au stand. Caler, c'était l'impossibilité de repartir.

 - Sepang 1999, le come-back du patron en Malaisie. Pour le premier Grand Prix organisé à Sepang, Michael Schumacher tire la quintessence de sa F399. L'intérim Mika Salo est bien terminé, Eddie Irvine et les McLaren comprennent que le Schumi 2.0 est bien plus fort que la version précédente, régénéré par sa convalescence après avoir été privé de son jouet favori.

 - Imola 2005, un bras de fer colossal avec son héritier, le juvénile espagnol Alonso (23 ans alors), qui défendra sa première place au couteau sur l'autodrome Enzo e Dino Ferrari. Jamais le septuple champion du monde ne pourra passer dans cette course au parfum de passation de pouvoir, comme l'avait été Interlagos 1994 entre Ayrton Senna et Michael Schumacher.

 - Interlagos 2006, un festival pyrotechnique. Huitième titre devenu utopique, le maestro allemand va livrer une partition sans fausse note aux airs de requiem pour la concurrence, tournant une seconde plus vite que les leaders Massa, Alonso et Button sur l'autodrome José Carlos Pace. Dernier du peloton après une crevaison provoquée par un contact avec la Renault de Fisichella, le Pantagruel allemand repart à bride abattue et se fait plaisir comme jamais pour sa 250e et dernière apparition en F1 (sans compter sa deuxième carrière chez Mercedes AMG entre 2010 et 2012). Le clou du spectacle ? Schumi s'offre le scalp d'Iceman, alias Kimi Räikkönen, pour la quatrième place, le pilote finlandais devant le remplacer chez Ferrari en 2007. Une façon de montrer à tous qu'il était toujours le meilleur pilote du monde, titre si subjectif, au moment de raccrocher son casque.

Le mot de la fin revient à Mika Häkkinen, qui fut le plus grand rival de l'Allemand ... Le Finlandais a toujours éprouvé beaucoup de respect envers son adversaire : Il y a beaucoup de choses que j'admirais chez lui. Il ne renonçait jamais, sur rien. Il savait que le jeu se terminait quand le drapeau à damier était baissé, pas avant. Il pilotait toujours à la limite. Toujours pied au plancher, en faisant rougir les disques de frein.



7 réactions


  • Axel_Borg Axel_Borg 10 janvier 17:58

    Espérons qu’on reverra le Kaiser sur un circuit de F1 sur la grille de départ à saluer ses héritiers parmi les vainqueurs en Grands Prix ...

    Mais au bout de 5 ans, le pessimisme domine fortement ... suis pessimiste avec l’intelligence, mais optimiste par la volonté, comme disait Antonio Gramsci jadis !


  • math 10 janvier 17:59

    Michael Schumacher...le « légume » qui pousse depuis 5 ans ?

    bon je sors...


  • leypanou 10 janvier 18:08

    outre son impressionnante collection de records chassée par Lewis Hamilton ?

     : je pense que Lewis Hamilton est moins « doué » que Schumacher, vu les titres qu’il a laissés s’échapper à mon avis par erreur.

    Mais effectivement, il peut atteindre le record et même le dépasser, vu son âge.


    • Axel_Borg Axel_Borg 11 janvier 10:25

      @leypanou,

      Les grands reproches fait à Michael Schumacher sont au nombre de 4 sur le débat du GOAT en F1 :

      primo n’avoir accepté aucun coéquipier champion du monde chez Benetton et chez Ferrari (Nico Rosberg chez Mercedes AMG sera sacré en 2016 mais après sa collaboration face au Kaiser), là où Prost en a affronté 5 : Lauda en 1984 et 1985 chez McLaren TAG Porsche, Keke Rosberg en 1986 toujours chez McLaren TAG Porsche, Senna en 1988 et 1989 chez McLaren Honda, Mansell en 1990 chez Ferrari, D. Hill en 1993 chez Williams Renault ...
      Senna, lui, osa affronter Prost chez McLaren Honda en 1988 et 1989, avant de se frotter en toute fin de carrière à Mika Hakkinen chez McLaren Ford (3 derniers GP de 1993 soit Estoril, Suzuka et Adelaïde) puis à Damon Hill chez Williams Renault (3 premiers GP de 1994 soit Interlagos, Aida et Imola).
      A minima, aucun fauve contre lui excepté Nelson Piquet fin 1991 mais à 39 ans le Carioca n’était plus au sommet. Par la suite, Brunde Patrese Lehto Verstappen Herbert Irvine Barrichello Massa.

      secundo avoir eu toujours (sauf Jordan en 1991, Ferrari en 1996 et Mercedes AMG entre 2010 et 2012) des F1 dessinées pour lui, à sa guise par Rory Byrne et Ross Brawn, que ce soit chez Benetton et chez Ferrari. Sauf en 1996 donc où Jean Todt avait comme directeur technique un certain John Barnard.

      tertio avoir dominé une époque moins concurrentielle que celle vécue par Prost et Senna ... La période de domination de Schumacher s’étale entre 1994 et 2004, puisqu’il apprit le métier en 1992 et 1993 avec brio, avant de défendre son territoire en 2005 et 2006. Alain Prost partant en traite fin 1993 et Senna décédant en 1994 tandis qu’Alonso arriva à maturité trop tard en 2005 et Hamilton ne débutera en F1 qu’en 2007. Entre deux, le Kaiser s’est mesuré principalement à Mika Hakkinen, à Damon Hill, à Jacques Villeneuve, à Juan Pablo Montoya ou encore à David Coulthard.

      quarto ne pas avoir géré la pression de Grands Prix décisifs pour le titre comme Adelaïde 1994 ou Jerez 1997, avec de surcroît des accrochages avec D. Hill et J. Villeneuve. Certains pourront rajouter Suzuka 1998 où il cale sur la grille, Hakkinen le piégeant en ralentissant la meute derrière lui pendant de tour de formation.

      Pour en revenir à Lewis Hamilton, qui vient de fêter ses 34 printemps le 7 janvier, il a un scénario idéal :

      coéquipier solide n°2 mais pas une menace pour le titre avec Valtteri Bottas (comme le Finlandais Heikki Kovalainen en 2008 à Woking), loin des rivalités passées avec Alonso, Button ou N. Rosberg

      stabilité chez Mercedes AMG là où Ferrari vient de changer son pilote n°2 (Leclerc remplaçant Raikkönen) et son team principal (Mattia Binotto cumulant ce titre avec celui de directeur technique, remplaçant Maurizio Arrivabene)

      pression sur Sebastian Vettel qui s’il échoue cette saison aura passé 5 ans sans titre chez Ferrari, soit moins bien que M. Schumacher (arrivé en 2016, titré en 2000) et comme Alonso (2010-2014) à ceci près que l’Espagnol aurait mérité les couronnes 2010 et 2012, là où Baby Schumi n’était pas le meilleur pilote du peloton en 2017 et 2018 (ce titre revenant à Lewis Hamilton, logiquement couronné)

      a priori pas de menace du côté de Red Bull Honda malgré le talent de Max Verstappen, pas plus que Renault F1 ou McLaren Renault.

      Donc Black Senna, déjà recordman des poles (83) peut se lancer à la conquête des trois plus prestigieux records du Baron Rouge :

      les 7 titres mondiaux, l’Anglais en ayant déjà 5 soit comme Fangio. Hamilton pourrait égaler Schumacher dès la fin 2020, voire le dépasser en 2021.

      les 91 victoires du Kaiser, le leader des silberpfeil en ayant 73 à son actif fin 2018. S’il maintient la moyenne des 5 dernières saisons soit une dizaine par Mondial, Hamilton sera le pilote le plus victorieux de tous les temps (dans l’absolu) ...

      les 155 podiums de Schumi, Hamilton en ayant déjà 134 dans la besace. Sachant qu’il en signe une quinzaine par saison, celui là lui semble acquis s’il boucle les saisons 2019 et 2020 sans accident et sans envie de retraite.

      Par contre pour atteindre le % de réussite du Kaiser qu’il avait en raccrochant fin 2006 (91 victoires en 250 GP soit 36.4 %), cela semble impossible pour King Lewis qui n’a que 73 succès en 229 départs soit 31.87 %. Il lui faudrait gagner 18 fois en 21 courses, soit un défi presque impossible car Ferrari, Red Bull voire Bottas vont lui prendre des victoires par ci par là ...

      Enfin sur les dons intrinsèques, Schumacher était plus complet et plus fort en mise au point, mais Hamilton me semble meilleur sur un tour, vraiment un sprinter à la Senna, même s’il a énormément progressé le dimanche.

      Quant aux 4 titres ratés par Black Senna, les voici

      2007 (McLaren Mercedes), erreur de jeunesse en Chine où il veut gagner au panache, Ron Dennis ne le fait pas rentrer en stand et il finit dans le gravier avec gommes en charpie. 2e erreur ensuite au Brésil où il veut absolument devancer Alonso après la descente des S de Senna, sa boîte se bloque et il doit remonter tout el peloton. Seulement 7e il perd le titre contre Iceman pour un point, manquant l’occasion unique d’être le premier rookie titré, comme Jacques Villeneuve en 1996 à Suzuka chez williams Renault ...

      2010 (McLaren Mercedes), deux erreurs dans la gestion des départs à Monza et Singapour, il perd ensuite el fil dans le money time face au trio Alonso Vettel Webber. Crevaison en Espagne où il aurait pu avoir 18 points cruciaux à Abu Dhabi pour le final du Mondial

      2012 (McLaren Mercedes), trop souvent trahi par sa McLaren MP4/27 alors qu’il aurait mérité de se battre jusqu’au bout pour le titre contre Alonso et Vettel.

      2016 (Mercedes AMG) Malgré un super Rosberg, Lewis étant encore le meilleur cette année là à Brackley / Brixworth, et sa casse mécanique en Malaisie a décidé du sort du Mondial qu’il perd pour 5 misérables points, même si l’Allemand fut remarquable sur les grands circuits dans le money time (victoires à Spa, Monza et Suzuka)

      Mais Prost (1983, 1984, 1988, 1990), Senna (1989), M. Schumacher (1997, 1998, 2006) et Alonso (2007, 2010, 2012) ont aussi raté de peu des titres mondiaux en plus.


    • leypanou 11 janvier 11:03

      @Axel_Borg
      Merci pour toutes ces précisions que j’ai oubliées depuis que je ne suis plus la F1, d’autant plus que j’ai l’impression que c’est la machine qui est la plus prépondérante et non les qualités du pilote.

      Lauda n’a pas eu beaucoup de titres et pourtant, c’était un très grand pilote mais moins casse-cou qu’un Senna par exemple.


    • Axel_Borg Axel_Borg 11 janvier 11:53

      @leypanou,

      En F1 je dirais que c’est 80 % la voiture et 20 % le pilote, après sur certains circuits très sélectifs comme Suzuka, Monaco ou Spa, cela se rapproche plus de 30 %.

      Et là le fait d’avoir un Senna, Alonso, Schumacher ou Hamilton apporte un vrai plus.

      Niki Lauda a surtout eu le mérite de réussir 2 come-backs, d’abord en 1977 après son accident du Nürburgring en 1976 et alors que Ferrari ne croyait plus en lui (engageant Carlos Reutemann pour 1977), et ensuite en 1984 avec McLaren pour développer le turbo Porsche financé par TAG et Mansour Ojjeh.
      Le Viennois fut le premier à autant utiliser la mise au point avec les ingénieurs, se préparant physiquement de plus avec Willy Dungl (qui formera le jeune Schumi en 1990-1991), ce que seul Fangio faisait dans le passé, voire Jackie Stewart à un degré moindre.

      De par son prestige unique, Ayrton Senna reste cependant au-dessus de Lauda et de Prost, voire même de M. Schumacher. Le fait d’avoir eu ce duel d’anthologie avec Prost entre 1988 et 1990, d’avoir été le roi de la pluie et des pole positions, en fait un pilote à part, devenu un mythe mort trop jeune comme James Dean ou John Lennon, dans la lignée de tant d’autres as de la vitesse : Rosemeyer, Ascari, Collins, Clark, Rindt, Peterson, G. Villeneuve, Bellof ou De Angelis

      Dommage aussi qu’Alonso n’ait pas pu aller au bout de son talent, il aurait mérité 4 ou 5 titres.
      Plus que les couronnes, c’est le prestige que Lewis Hamilton a acquis en 2017 et 2018 par des courses splendides (telles Hockenheim et Monza en 2018) et une vraie carrure de patron du peloton.
      Il a su parier sur la bonne écurie avec Mercedes AMG, point où Alonso s’est raté après avoir quitté Renault fin 2006, n’étant jamais totalement chez lui avec McLaren Mercedes ou Ferrari par la suite ...


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