Commentaire de Christian Labrune
sur La Résurrection, jusqu'où ?


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Christian Labrune Christian Labrune 26 avril 2019 17:56

J’ai écrit un article à l’occasion d’un pèlerinage inter-religieux à Jérusalem

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@Bernard Mitjavile

Votre article est plein de bonnes intentions, mais pour moi qui ne suis pas juif, qui ne suis plus chrétien, mais qui m’intéresse à l’histoire des religions, et de leurs conflits, ça reste tout à fait inacceptable et même choquant.

Dans un monde antique où il y avait tant de dieux, les Juifs n’en avaient qu’un, certes pas très commode et même un peu rancunier, mais tout à fait capable de rendre aussi au besoin les plus grands services. Il est le Dieu d’un seul peuple, et quand on lit la Bible, on voit bien aussi qu’il ne saurait en exister d’autre.

L’erreur monumentale de Jésus, c’est de vouloir faire croire que ce Dieu-là pourrait devenir celui de tous les hommes. Les chrétiens, à la suite de ce prophète de malheur qui prétendait dépasser l’ancienne Loi, ont donc littéralement volé aux Juifs leur religion qu’ils ne comprenaient pas du tout, et ils l’ont complètement dénaturée, abâtardie, grossièrement simplifiée.

Il n’y a évidemment aucune espèce de comparaison possible entre la subtilité de la tradition talmudique prenant naissance à l’époque d’Esdras et de l’exil à Babylone et ce qu’on peut trouver dans les Evangiles et les premiers conciles.
Je préfère ne rien dire de l’islam, venant plus tard, et qui simplifie encore plus l’héritage hébraïque pour en faire une espèce de pâtée pour les cochons, à avaler sans comprendre et sans discuter.

Les religions à prétention universaliste, christianisme et plus encore islam, sont en train de disparaître. Elles y auront mis le temps, mais c’était fatal. Le judaïsme, en revanche, pourra continuer à exister parce qu’il est constitutif de la très forte et très singulière identité d’un seul peuple, et que ce n’est pas quelque chose de très facile à connaître et à comprendre. L’athéisme qui existe en Israël n’est évidemment pas non plus le même qu’en Europe : il est loin d’être aussi simpliste.

Nous pouvons bien dire que l’Europe est chrétienne, l’Amérique aussi, mais du point de vue de l’identité, dont on parle tant aujourd’hui, cela reste secondaire. Ce n’est assurément pas le christianisme qui pourrait nous distinguer de la nation italienne. C’est autre chose, mais les singularités, peu à peu s’effacent, on tombe dans une indifférenciation générale. De fait, en Europe, les nations disparaissent, et c’est une calamité. Ne sachant plus qui nous sommes, nous risquons fort de devenir n’importe quoi.


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