Commentaire de Christian Labrune
sur Vincent Lambert, sa vulnérabilité et son droit à la vie bafoué


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Christian Labrune Christian Labrune 14 mai 22:43

2) Vous, vous voulez lui interdire de partir. Ce n’est pas mieux.

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@ZenZoe

Pour lui « interdire de partir », encore faudrait-il qu’il le veuille, et rien ne vous permet de parler à sa place. Il faudrait donc le lui demander, mais il ne répondra pas. Dans le doute, le mieux est encore de s’abstenir.
Personne n’a jamais demandé à venir au monde. Il y a des gens qui ont la chance de mener une vie plutôt agréable, mais il y en a beaucoup plus pour qui l’existence est une vraie galère. La plupart, cependant, ne demandent pas à « partir » parce que, lorsqu’on est vivant, même si on est devenu aveugle, même si on on est amputé des deux jambes, ou paralysé, rien n’est pire que la mort.

Je vous recopie cette fable de La Fontaine : « La mort et le bûcheron ». Elle définit mieux et plus rapidement que je ne pourrais le faire la position du problème.

Un pauvre Bûcheron tout couvert de ramée,
Sous le faix du fagot aussi bien que des ans
Gémissant et courbé marchait à pas pesants,
Et tâchait de gagner sa chaumine enfumée.
Enfin, n’en pouvant plus d’effort et de douleur,
Il met bas son fagot, il songe à son malheur.
Quel plaisir a-t-il eu depuis qu’il est au monde ?
En est-il un plus pauvre en la machine ronde ?
Point de pain quelquefois, et jamais de repos.
Sa femme, ses enfants, les soldats, les impôts,
Le créancier, et la corvée
Lui font d’un malheureux la peinture achevée.
Il appelle la mort, elle vient sans tarder,
Lui demande ce qu’il faut faire
C’est, dit-il, afin de m’aider
A recharger ce bois ; tu ne tarderas guère.

Le trépas vient tout guérir ;
Mais ne bougeons d’où nous sommes.
Plutôt souffrir que mourir,
C’est la devise des hommes.


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