Commentaire de Claudec
sur La Lutte des superclasses dans l'Histoire
Voir l'intégralité des commentaires de cet article
Notre histoire sociale n’est rien d’autre que celle de la relation économie-démographie. Et c’est par ignorance, voire négation de cette relation fondamentale ainsi que de son évolution, que nous nous interdisons :
— de garantir à tous les êtres humains des conditions d’existence pouvant être considérées comme décentes
— d’éradiquer la pauvreté profonde
— ne nous réconcilier avec notre environnement.
Richesse et pauvreté en tout, existent l’une par l’autre et sont relatives, comme elles l’ont toujours été. Par ailleurs, où que ce soit et sous tous les régimes politiques, un pauvre ne peut enfanter que des pauvres, comme un riche ne peut donner naissance qu’à des riches ; quels que soient les aléas heureux ou malheureux de l’existence de chacun par la suite, tels que les déterminent ses talents, ses ambitions, sa volonté, ses efforts, sa chance ... et les circonstances.
Les hasards de sa naissance insèrent chacun dans la pyramide sociale selon ses antécédents génétiques, sociaux et culturels, situation que la lutte des classes n’a jamais ni nulle part changé d’un iota, avec ou sans suppression de la propriété et de l’héritage – l’une de ses mesures emblématiques. De telles dispositions ne faisant qu’accroître la richesse collective autrement que par les voies habituelles que sont la confiscation pure et simple ou l’impôt, sans modifier le caractère incontournablement pyramidal de la richesse comme de la société, qui refusent toute forme d’égalité.
N’est-il
pas par contre remarquable que dans
leur grande compassion, Marx comme l’immense
majorité de nos
experts
en sciences
dites
humaines
soient muets quant au
fait que la pauvreté a sa limite qui est le niveau zéro au-dessous duquel nul ne peut descendre, alors que l’enrichissement – individuel comme collectif – en a aucune, hormis celles de l’ambition de ceux qui le
convoitent et les ressources dont il
est tiré.
C’est cette situation fondamentale qu’il faut vaincre ; non par
des combats primitifs qui en l’ignorant ne font que l’aggraver
depuis toujours, mais en “isolant” la pauvreté profonde du
niveau zéro de la richesse. L’instauration d’un revenu universel
minimum et inconditionnel, annulant l’effet d’inégalités
sociales qui ne peuvent et n’ont fait qu’augmenter depuis la nuit
des temps en suivant systématiquement l’évolution constante du
binôme démographie-économie (avec toutes conséquences sur la
croissance et partant sur l’environnement) pourrait par contre être
LA solution,
alors qu’au
contraire, la lutte des classes ne fait que ramener l’être humain
–
“élite” amplement comprise – à
la situation
de l’insecte qui se heurte obstinément à la vitre dont il est
prisonnier sans la voir, pour finir par ne plus concevoir que le
renversement illusoire de la pyramide sociale comme
moyen de
mettre fin à des inégalités sociales fondamentalement attachées à
la condition humaine. Faute d’arguments crédibles, leurs espérances
dans la lutte des classes déçues, l’atteinte de cet idéal
d’égalité qui reposerait sur la disparition des riches apparaît
comme l’ultime issue. Fantasme des partisans d’un égalitarisme
exigeant la mort des nantis, la base de la pyramide sociale
écraserait ainsi la société sous son poids, jusqu’à obtenir un
nivellement généralisé, évacuant les riches dans le triomphe des
pauvres. Que les uns n’existent que par les autres et que ce
triomphe, allant à contre-courant du progrès, risque être celui de
la pauvreté davantage que des pauvres, conduisant à la misère pour
tous avant de sombrer dans l’inexistence sociale et la barbarie
d’une fin de civilisation qui ne s’annonce pas sous les meilleurs
augures, n’est qu’un détail qu’il suffirait de régler le
moment venu.
