Commentaire de Jean Dugenêt
sur Tout est possible !


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Jean Dugenêt Jean Dugenêt 9 décembre 2019 09:34

@nemo3637

« On peut se demander d’où vous vient une telle certitude. »

La question est importante et ma réponse est que la certitude que j’ai vient de l’expérience de toute l’histoire du mouvement ouvrier. Cette question s’est posée de manière particulièrement dramatique au moment de la montée du fascisme en Allemagne. Cela a été tout le combat de Lénine notamment quand il a écrit : « le gauchisme : la maladie infantile du communiste ». Les militants révolutionnaires refusaient toute entente avec les réformistes du SPD. Il s’agissait essentiellement de redresser le cours du nouveau parti mis en place à la suite de la révolution russe : le PCA (le parti communiste allemand). Le mouvement ouvrier en Allemagne était dominé par le SPD qui avait capitulé en 1914 en acceptant de se ranger derrière les capitalistes allemand pour evoyer les travailleurs à la guerre. Les militants qui s’y étaient opposés Karl Liebknecht et Rosa Luxembourg ont été assassiné en 1919. C’est dire que l’opposition entre le SPD (directement responsable de ces assassinats) et le PCA était énorme. Cependant, du point de vue de Lénine, il fallait absolument que ces deux partis fassent blocs dans différentes situations pour bloquer la montée du fascisme. Le PCA seul ne pouvait pas mobiliser les masses. Il était totalement illusoire de penser mettre en place un gouvernement du PCA. La seule solution était un gouvernement d’unité SPD et PCA. Lénine a eu beaucoup de mal à faire admettre cette orientation.

Par bien des aspects, nous sommes dans une situation similaire : « Macron démission » me semble être actuellement le mot d’ordre qui résume le mieux les aspirations politiques des travailleurs. Au-delà de la seule question importante des retraites tout le monde veut en finir avec le système Macron. La question alors évidente est : par quoi remplacer Macron et son gouvernement ? La réponse est peut être un peu moins évidente mais je n’en vois pas d’autre que la mienne : par un gouvernement provisoire PCF, PS, FI.

Or, bien évidemment ces trois partis sont opposés au Frexit et s’ils mènent leur politique ils nous entrainent à la défaite. Nous demandons donc qu’ils mènent une autre politique. Nous savons très bien que cela est conflictuel.

Néanmoins, qui pense sérieusement à une autre solution : un gouvernement UPR (pour les partisans du Frexit) ou un gouvernement NPA (pour d’autres sans doute). Personne n’oserait faire cette proposition. En tout cas je n’aurais pas oser le faire devant les manifestants le 5 décembre alors que ma proposition de gouvernement provisoire PCF, PS,FI a été largement appréciée.

En même temps que je propose ce gouvernement de FUO (Front Unique Ouvrier), je propose le Frexit en rappelant de déni de démocratie de 2005. Il y a là un réel et évident problème de démocratie car les états majors de tous les partis (des plus réactionnaires à l’extrême gauche) sont opposés au frexit (à l’exception de l’UPR et quelques autres) alors que la population y est majoritairement favorable sans pour autant avoir atteint le degré de conscience qui l’amènerait à demander un gouvernement de frexiteurs (gouvernement UPR). Nous sommes exactement dans la situation où les partisans du Frexit doivent gagner la confiance des masses. C’est dans cette double proposition : gouvernement PCF,PS,FI et Frexit que cela peut se faire.

Chacun de ses mots d’ordre signifie : nous allons gagner. Le premier permet de liquider Macron et le deuxième de gagner notre indépendance à l’égard de cet organisme d’essence réactionnaire qu’est l’UE.

Je pourrais, dans le même ordre d’idée, prendre l’exemple de la révolution russe. Quand les bolcheviks étaient minoritaires, il ne leur est jamais arrivé de demander un gouvernement des bolcheviks. Ils ont d’abord trouvé les bons mots d’ordre pour en finir avec le tsar puis ils ont gagné la confiance des masses à l’intérieur des soviets où ils étaient au départ très minoritaires. La première fois qu’ils ont lancé le mot d’ordre « tout le pouvoir au soviet », ce n’était pas « tout le pouvoir aux bolcheviks » c’était beaucoup plus : tout le pouvoir aux mencheviks et au socialistes révolutionnaires (Ces derniers n’avaient de révolutionnaire que le nom).

La question qu’il faut se poser c’est : comment gagner la confiance des masses ?


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