Commentaire de Loatse
sur La casquettière...
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Les odeurs ; c’est ce qu’il me manque le plus... celles de la librairie rue des écoles à paris tenue par une dame plutôt très agée, Odeurs de bois ciré, odeur de cuir de certains ouvrages, de papier, d’encre..
odeurs de cuir également « chez Madeleine », marchande de chaussures, fabriquées en france bien sur, tout en cuir jusqu’aux chaussons en peau souple. Celle ci au milieu des années 60 avait sacrifiée à la modernité en posant une moquette mais continait à trôner majestueuse derrière une immense et antique caisse enregistreuse en cuivre (ou en laiton) qui emerveillait la petite fille que j’étais.
sa boutique était située non loin de la droguerie que nous appelions « le marchand de couleurs », odeurs de cire, de savons, de peinture...laquelle jouxtait un chapelier qui exposait ses modèles pour femmes en vitrine, un marchand de landaux et poussettes qui exposait ses modèles sur le trottoir.
il y avait (je crois qu’il existe toujours), le crémier place maubert, qui faisait rouler d’énormes meules sur le trottoir jusqu’à sa réserve en face de ma maison... (vous comprendrez que je ne mangeais jamais la croûte des fromages), Le dimanche cette place embaumait la pomme dauphine faite maison, le poulet roti de chez le traiteur.. Parfois un montreur d’ours, les jours de marché venait nous plonger en plein moyen age..
Le fourreur russe, en bas de mon immeuble qui un jour de deuil réalisa pour me consoler un petit coussin en vison...
Chiffonnier, rémouleur et vitrier poussaient chacun leur cri à travers les rues de la ville tirant chacun sa charrette à bras... tous gagnaient correctement leur vie. réparant ce qui était cassé, usé ou emmenant ce dont on ne voulait plus et dont on ne voulait pas encombrer les caves.. (lits d’enfants, cages à oiseaux, vielles chaises), lesquelles servaient de remise à charbon, livrés par le serrurier qui avait de ce fait, deux cordes à son arc..
Les matelas, tous les dix, quinze ans était confiés au cardeur qui enlevait la vielle laine et en remettait de la neuve... impression jamais retrouvée de dormir sur un nuage..
Peu de magasins de confection (sauf pour enfants) toutefois on n’y achetait pas de chandails ( mot qui vient de marchand d’ail), de tricots, les grands mère y pourvoyait et l’ouvrage ainsi réalisé durait des années sans boulocher. Chaque pâté de maison possédait sa couturière qui reproduisait à merveille les vêtements des celebrités..
A saint malo, intra muros une malouine vendait du poisson frais pêché dans son panier plat qu’elle portait coincé sur son épaule, plus loin on pouvait acheter dans une échoppe des chaussons bretons à la pointe retroussée en velours brodé de triskels..
A saint gilles croix de vie sur le port, une dentellière coiffée du traditionnel tuyau en dentelle crochetait des napperons, des nappes de toute beauté, derrière une petite table...
Puis le monde a changé........... les petites boutiques pour beaucoup sont closes, les petits métiers on disparu des villes, restent de grands et laids hangars aménagés pour vous faire acheter ce dont vous n’aviez pas besoin..
A se demander comment notre pays a pu devenir si prospère alors que nous n’achetions que le nécessaire..
