Commentaire de pingouin perplexe
sur Parole, langage, idéologie


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pingouin perplexe (---.---.253.140) 10 mai 2006 16:51

Votre article est intéressant et lisible. Il me semble que vous avez raison de pointer l’éventualité d’une (inquiétante) désaffection pour le fait intellectuel. L’oeuvre de Paul Ricoeur, à laquelle vous faites référence apporte des clés qui ne sont pas à négliger, si l’on souhaite se tenir à la rampe par météo de gros temps. Je pourrais ici faire référence au Conflit des interprétations, à la Métaphore vive, et à son petit recueil sur la Traduction. Sa pensée, comme celle de Girard, pointent une inspiration chrétienne. Ce qui donne à ces oeuvres une véritable portée anthropologique tient à mon avis non seulement à la subtilité dans l’interprétation des paraboles, mais aussi à une large ouverture à d’autres domaines de la culture, tel que la psychanalyse.

La psychanalyse, souvent réduite à une « affaire de blabla sur un divan », est malheureusement un peu trop négligée, si l’on prend en compte ce qu’il lui est possible d’apporter en matière d’exploration de la culture, et de l’interculturel. Son éthique du sujet mérite d’être réexplorée.

Chose singulière, Lacan, qui était au moins un très grand herméneute de Freud, nous a exppliqué beaucoup de choses à propos d’un noeud borroméen, et de ses trois consistances : réel, symbolique, imaginaire. Que ces trois puissent procéder d’un quatrième, ne serait-ce que par effet de lecture, et nous revoici dans l’orbe d’un modèle tétramorphe (voir ici par ex sa lecture de Joyce)

Je dirais volontiers que la psychanalyse fait beaucoup pour aider à comprendre l’enjeu de la littérature, même si les écrivains s’en débrouillent parfois très bien par leurs propres moyens. Voyez par exemple le recueil de Jorge Luis Borges intitulé « Otras inquisitiones ».

Pour continuer sur ce fil, je ferais aussi volontiers référence à quelqu’un que l’on ne peut assimiler à une approche psychanalytique, pour la simple et bonne raison que ses références doivent davantage au cognitivisme : D.Hofstadter. Grand lecteur de Borges, il a produit un ouvrage intitulé « Gödel, Escher, Bach » dans lequel ces trois là conversent de manière particulièrement riche, sur fond de Lewis Caroll.

Dans tous les cas, vive la culture et l’interculturalisme !


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