Commentaire de babelouest
sur Les mythes de la Seconde Guerre mondiale, sous la direction de Jean Lopez et Olivier Wieviorka


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Jclaude babelouest 2 octobre 2020 08:45

(suite et fin)

Soudain, l’Université entre en transes. Aux cris de « Libérez nos camarades, à bas l’Etat policier ! », elle défie les CRS en gesticulant. Une forêt de matraques et de boucliers en plexiglas répond à la provocation verbale des étudiants. Les policiers sonnent la charge. Le Boulevard Saint-Michel se vide. Place aux casques !

A peine les CRS se replient-ils, que les manifestants font leur réapparition. Renforcés par deux ou trois cents camarades, ils conspuent les gardiens blindés du Pouvoir. Quant à moi, sûre de mes jambes rapides, je décide de rester au premier rang. Crâneuse et fière de l’être. Il s’agit pour moi d’un jeu ; j’ignore encore que certains divertissements finissent dans le sang.

Nouvelle charge des CRS, nouvelle débandade des étudiants. Combien de temps durent ce flux et ce reflux ? Je l’ignore. Mais bientôt la Police est submergée par le nombre et la mobilité des manifestants.

La rébellion s’étend, s’amplifie, s’organise ; des meneurs apparaissent. Après avoir chargé à plusieurs reprises, les CRS dispersent les étudiants à coups de grenades lacrymogènes ; c’est la deuxième phase du «  vendredi rouge ». Les insurgés répliquent en lançant des pavés sur les cars de Police appelés en renfort. Je croise un journaliste qui dissimule sa tête, ensanglantée sous un mouchoir ; la révolte tourne à l’émeute.


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