Commentaire de babelouest
sur Les mythes de la Seconde Guerre mondiale, sous la direction de Jean Lopez et Olivier Wieviorka
Voir l'intégralité des commentaires de cet article
(suite et fin)
Soudain, l’Université entre en transes. Aux cris de « Libérez nos camarades, à bas l’Etat policier ! », elle défie les CRS en gesticulant. Une forêt de matraques et de boucliers en plexiglas répond à la provocation verbale des étudiants. Les policiers sonnent la charge. Le Boulevard Saint-Michel se vide. Place aux casques !
A peine les CRS se replient-ils, que les manifestants font leur réapparition. Renforcés par deux ou trois cents camarades, ils conspuent les gardiens blindés du Pouvoir. Quant à moi, sûre de mes jambes rapides, je décide de rester au premier rang. Crâneuse et fière de l’être. Il s’agit pour moi d’un jeu ; j’ignore encore que certains divertissements finissent dans le sang.
Nouvelle charge des CRS, nouvelle débandade des étudiants. Combien de temps durent ce flux et ce reflux ? Je l’ignore. Mais bientôt la Police est submergée par le nombre et la mobilité des manifestants.
La rébellion s’étend, s’amplifie, s’organise ; des meneurs apparaissent. Après avoir chargé à plusieurs reprises, les CRS dispersent les étudiants à coups de grenades lacrymogènes ; c’est la deuxième phase du « vendredi rouge ». Les insurgés répliquent en lançant des pavés sur les cars de Police appelés en renfort. Je croise un journaliste qui dissimule sa tête, ensanglantée sous un mouchoir ; la révolte tourne à l’émeute.
