jeudi 1er octobre 2020 - par Franck ABED

Les mythes de la Seconde Guerre mondiale, sous la direction de Jean Lopez et Olivier Wieviorka

Franck ABED mythes

 

Nous avons lu ce livre collectif, que nous avons grandement apprécié, commis sous la direction de Jean Lopez, fondateur et directeur de la rédaction de Guerres & Histoire et d’Olivier Wieviorka, membre de l’Institut universitaire de France et professeur à l’ENS Cachan. Cette étude revient sur « les mythes de la Seconde Guerre mondiale », mythes qui empêchent la bonne compréhension des événements. A ce sujet, nous lisons dans l’introduction : « Si la Seconde Guerre mondiale est de jour en jour mieux connue, grâce aux recherches que mènent avec ténacité les historiens, bien des mythes ont la vie dure ».

La question à se poser est la suivante : pour quelles raisons les mythes perdurent-ils malgré la qualité de la recherche historique ? Lopez et Wieviorka pensent que « la persistance de ces idées convenues, à défaut d’être conformes, témoigne d’une difficulté : les historiens, malgré leur talent, ne sont pas toujours parvenus à faire partager au grand public les fruits de leurs travaux ». Espérons que ce gros volume parvienne à casser les idées reçues.

Cette somme « se divise en deux parties inégales. La première se penche avant tout sur les opérations militaires, et tente de séparer le bon grain (la réalité historique) de l’ivraie (les idées reçues). Reprenant le même schéma, la seconde se veut plus sociale et plus politisée ». L’objectif de l’ouvrage est clairement affiché : « Rétablir quelques faits en revenant, au crible de trente-sept chapitres, sur de grands mythes qui, pour être parfois considérés comme vérités d’Evangile, n’en restent pas moins erronés. Sans viser à l’exhaustivité, il espère contribuer à offrir aux lecteurs le fruit des recherches les plus récentes ».

Par exemple, nous entendons encore que « l’économie soviétique ne pouvait rivaliser avec le potentiel du Reich ». Nous lisons que «  les plus récentes recherches invitent à poser un regard lucide sur ces deux systèmes productifs. Elles conforment qu’au rebours d’une image convenue l’Allemagne fut une puissance industrielle relativement faible tandis que l’Union soviétique, à l’inverse, sut développer un impressionnant outil productif à vocation militaire ».

De même, il est encore enseigné que « Pearl Harbor a signé une écrasante victoire de l’Empire Nippon sur les Etats-Unis ». L’étude factuelle des sources, des documents et des faits - non teintés d’idéologie - démontrent aisément le contraire. Une lecture partisane et partielle conduit certains à définir la guerre dans le Pacifique comme un front secondaire, alors qu’en réalité elle ne peut être vue ainsi : « Loin d’être une part annexe d’une Seconde Guerre mondiale qui se serait jouée en Europe, la guerre du Pacifique est donc un conflit longtemps distinct de celle-ci et que l’on pourrait plus exactement appeler guerre pour l’Asie ».

Le contributeur de ce chapitre ajoute : « La géographie de la guerre du Pacifique, seule, interdit de la considérer comme secondaire, elle implique, directement ou indirectement - sans compter les Etats-Unis ! - plus de 40 millions de kilomètres carrés de surface terrestre - un gros quart des terres émergées -, abritant la moitié de la population mondiale en 1939, et un théâtre d’opération maritime représentant, si l’on y inclut l’océan Indien, près de 250 millions de kilomètres carrés, soit plus que l’ensemble des terres émergées, et près de la moitié de la surface de la Terre ».

Il est souvent écrit que « la défaite de 1940 était inéluctable ». L’historien rappelle malgré tout que, lors de la percée de Sedan, l’armée française ne se présentait pas avec les meilleurs atouts pour gagner : mauvaise doctrine militaire, stratégie déficiente, rivalité entre l’armée de terre et de l’air, l’immobilisme durant la « drôle de guerre ». Il précise surtout « qu’il était possible d’éviter de subir une déroute quand la guerre a commencé en septembre 1939. Ainsi les Français ont-ils gaspillé huit mois… »

Un autre mythe est dénoncé avec moults arguments « Les Allemands ont failli remporter la bataille d’Angleterre ». C’est faux ! La bataille a été perdue et bien perdue, à cause de mauvaises considérations tactiques et stratégiques voulues par la hiérarchie militaire allemande. Des raisons industrielles complètent l’analyse de l’échec : les Allemands se montraient incapables de produire plus ou autant d’avions que leurs adversaires. Voici les chiffres et ils ne souffrent d’aucune contestation possible. En 1940, les Allemands sortent « seulement 1870 avions de chasse monoplaces de leurs usines contre 4823 pour les Britanniques. L’attrition au combat ne peut être comblée de la même manière  ». Les autres années confirmeront et amplifieront l’écart de production. 

Ce livre permet de comprendre qu’une seule bataille n’est jamais suffisante pour expliquer le déroulement d’une guerre, surtout une fois perçus ici la longueur et la multiplicité des fronts. Il n’existe pas une cause unique pour décrypter un événement mais plusieurs. Il convient de ne pas oublier les enchaînements et les rapports de cause à effet entre les différentes actions, militaires ou politiques. Hormis un ou deux thèmes sur lesquels je suis réservé, tout le reste me paraît conforme à la réalité historique. 

Cependant, plus de 70 ans après les faits, chacun pourra constater que la propagande tourne à plein régime et qu’elle continue de faire des dégâts. Certains pensent vraiment que « les homosexuels d’Europe furent déportés  » ou que les FTP - politiquement communistes - furent « le fer de lance de la résistance armée ». Pour rappel, les cheminots ne constituèrent pas « les fers de lance de la résistance française  ». La manipulation gaulliste continue de produire des effets désastreux, même en 2020 : non, le cœur de la France libre ne battait pas à Londres et cela est brillamment démontré avec des arguments circonstanciés dans la présente étude. Koufra et Bir Hakeim furent des « mythes fondateurs » exploités par De Gaulle dans le contexte de la Débâcle et de l’Occupation : « Koufra et Bir Hakeim demeurent les deux faits d’armes les plus célèbres des FFL. Ces succès ne sont pourtant ni les premiers, ni les plus importants  »… 

L’Histoire doit être étudiée et comprise loin des idéologies, de l’émotionnel et du sentimentalisme. Napoléon disait à juste titre : « Qu'est-ce l'histoire, sinon une fable sur laquelle tout le monde est d'accord ? » Chacun tirera, ou non, les conséquences qui s’imposent…

 

Franck ABED



37 réactions


  • Clark Kent Séraphin Lampion 1er octobre 2020 09:51

    « L’Histoire doit être étudiée et comprise loin des idéologies. »

    On sait bien que ce qui est enseigné est un « récit » présentant de grandes différences d’un pays à l’autre pour les mêmes événements. Les stations de métro et les gares de Paris ne portent que des noms de victoires alors que celles de Londres ne portent que des noms de défaites, c’est bin connu.


  • rogal 1er octobre 2020 09:59

    « Les stations de métro et les gares de Paris ne portent que des noms de victoires alors que celles de Londres ne portent que des noms de défaites ».

    And vice versa.


  • Étirév 1er octobre 2020 10:21

    « Si la Seconde Guerre mondiale est de jour en jour mieux connue, grâce aux recherches que mènent avec ténacité les historiens, bien des mythes ont la vie dure  ».

    Vaste fumisterie.

    Que faites-vous de l’inique Loi Gayssot ? Des persécutions et violences subies par certains historiens en quête de vérités ?

    Toujours avoir un « deuxième son de cloche » pour commencer à se faire une idée.

    Donc, en parallèle des informations officielles et du bourrage de cranes ininterrompu depuis 1945 au sujet de l’histoire de la seconde guerre mondiale, lire, entre autres, l’ouvrage de Marc Augier (dit Saint-Loup), et intitulé « Hitler ou Juda ? Un second procès de Nuremberg »

    L’on impose que l’erreur. La vérité se laisse toujours discuter.

    Et il faut bien remarquer que c’est toujours quand la vérité est altérée, cachée, quand l’erreur triomphe, qu’on en impose l’étude à la jeunesse.

    L’abomination de la désolation que nous vivons actuellement est la conséquence d’une division au sein d’un royaume, division aussi appelé « schisme de Juda ».

    Qu’est-ce que le schisme de Juda ?


    • Trelawney 1er octobre 2020 11:16

      @Étirév

      Résumer la seconde guerre mondiale à une simple histoire de juif et d’antisémitisme est une ânerie. Hitler par sa folie, a accéléré le déclin de l’Europe. Staline comme Roosevelt n’avaient qu’à attendre pour ramasser et se partager le fruit mur


  • Trelawney 1er octobre 2020 11:06

    Il est souvent écrit que « la défaite de 1940 était inéluctable ».... Il précise surtout « qu’il était possible d’éviter de subir une déroute quand la guerre a commencé en septembre 1939. Ainsi les Français ont-ils gaspillé huit mois… »

    D’un point de vu matériel, la France (première armée du monde à l’époque) et le RU réuni avaient 4 fois plus de matériel (avions, chars etc) que les Allemands. Pour ce qui concerne la qualité de ces matériels, elle était deux fois meilleure (surtout les chars beaucoup plus nombreux et plus puissants que les chars allemands) que du coté des allemands. La stratégie a fait la différence. Celle mauvaise des généraux anglais et français qui pensaient se retrouver avec une bataille de front comme en 14 et celle audacieuse des généraux allemands qui conscients d’une infériorité en nombre et en matériel on décider d’une avance rapide (avec des leurres à Dinan et en Hollande) pour casser le front en deux. Pour cela les blindés plus léger étaient équipés de radios et avaient un appui aérien tres important.

    La bataille de Stonne a bien failli mettre le plan des allemands à l’eau. Lors de la reprise du village par les chars français, ces derniers ont voulu continuer l’offensives pour repousser les chars allemands de Guderian au delà des Ardennes. Mais le général Flavini adepte de la théorie d’une bataille de front a stopper les chars français dans le village leur donnant l’ordre de le défendre. Les allemands ont bombardé le village et ont fait le tour

    Un autre mythe est dénoncé avec moults arguments « Les Allemands ont failli remporter la bataille d’Angleterre ». C’est faux ! 

    Les allemands ne savaient pas que leur plan blitzkieg allait être un succès aussi rapide. Ils ont stationné leur troupe sur les territoires occupés et Hitler avait déjà la tête tournée vers la Russie. Il s’en foutait de l’Angleterre pensant à tort qu’elle allait tomber toute seule. De plus les américains avait à l’époque une position assez neutre sur le sujet.


  • Garibaldi2 1er octobre 2020 11:17

    ’’Certains pensent vraiment que « les homosexuels d’Europe furent déportés »’’

    Et pourtant, le comédien Robert Hugues-Lambert, qui incarnait Mermoz dans le fim éponyme, fut bien déporté parce qu’homosexuel. Il était l’amant d’un officier allemand, et fut déporté en tant que ’’triangle rouge’’ et non ’’triangle rose’’, les Allemands ayant décidé de camoufler l’homosexualité de leur officier et de faire passer le comédien pour un ’’oisif’’.

    Les ’’triangles roses’’ ne sont pas une invention. Cousu sur l’habit de déporté, c’était un triangle rose en métal avec la pointe vers le bas. Ils furent peu nombreux en France mais beaucoup plus nombreux en Europe.

    En 2008, avec l’approbation du parlement, un mémorial dédié aux victimes homosexuelles du régime nazi a été inauguré à Berlin dans le parc de Tiergarten. Il a depuis été souvent vandalisé.

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Monuments_%C3%A0_la_m%C3%A9moire_des_personnes_homosexuelles_pers%C3%A9cut%C3%A9es#Berlin

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Triangle_rose

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Robert-Hugues_Lambert

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Rudolf_Brazda

    ’’Le 30 mars 1933 était ouvert à Dachau le premier camp de concentration qui servit ensuite de modèle pour Sachsenhausen, Buchenwald et Mauthausen. On y trouve des homosexuels dès les lendemains de la prise de pouvoir : dès 1933, Egon Wüst, l’une des stars travesties du cabaret «  Eldorado », est déporté à Dachau, et Kurt Hiller, militant du WhK, est conduit à Orianenburg. Sachsenhausen reçoit des homosexuels à partir de 1936. Dans la plupart des cas, cependant, les homosexuels ne constituent qu’une très petite minorité à l’intérieur du camp. À Dachau, ils représentent 0,25 % des détenus, 2,5 % à leur plus haut niveau, en septembre 1938. Ils sont au moins 700 à Sachsenhausen entre novembre 1939 et juin 1943, mais seulement entre 80 et 120 sur 30 000 à 50 000 détenus après cette date. À Buchenwald, ouvert en 1937, on comptait, en 1938, 28 porteurs du « triangle rose », 189 en 1944. Au total, ils ne représentèrent jamais que moins de 1 % de l’effectif global. Il faut par ailleurs souligner que les déportés homosexuels ne furent pas immédiatement identifiés par le triangle rose, introduit à Dachau en 1937 [59][59]Sur 585 déportés homosexuels à Dachau, seulement 386 ont porté…, mais par le chiffre 175, puis par des bandes rouges avec des points noirs. À Lichtenburg, ils étaient distingués par des bandes de couleur portées sur la cuisse et un « A » (pour Arschficker). À Sachsenhausen, les homosexuels portaient d’abord les couleurs brun et noir des asociaux. Le triangle rose y fut introduit à l’été 1938.’’


    https://www.cairn.info/revue-d-ethique-et-de-theologie-morale-2006-2-page-77.htm#


    • jocelyne 1er octobre 2020 11:48

      @Garibaldi2
      Bravo pour cette intervention.


    • Daniel PIGNARD Daniel PIGNARD 1er octobre 2020 14:21

      @Garibaldi2
      Si vous saviez ce que Dieu a réservé aux homosexuels de Sodome et Gomorrhe !
      (Genèse 19)


    • Garibaldi2 2 octobre 2020 01:26

      @Daniel PIGNARD

      Vues vos nombreuses interventions négationnistes, racistes, homophobes, je dirais que les vrais enc... ne sont pas ceux que l’on imagine. Suis-je assez clair ?


  • JulietFox 1er octobre 2020 18:33

    "En 1940, les Allemands sortent « seulement 1870 avions de chasse monoplaces de leurs usines contre 4823 pour les Britanniques. L’attrition au combat ne peut être comblée de la même manière  ». Les autres années confirmeront et amplifieront l’écart de production. 

    « 

    Ce qui fut très important, c’est que les pilotes anglais qui se parachutaient, pouvaient, s’ils n’étaient pas blessés, reprendre le combat.

    Pour les pilotes et équipages allemands, ce n’était pas du tout la même chose.

    De plus le jour de » l’Adler Tag" -13 Août 1940- les ME 110 D, surchargés par un énorme bidon d’essence sous le fuselage, décollant de Norvège furent étrillés par la RAF, dont les radars, avaient annoncé leur venue.


    • velosolex velosolex 1er octobre 2020 22:10

      @JulietFox
      Il y eut d’abord Churchill, encore plus déterminant que les Spitfire, cet avion plus performant que les Junkers allemands : Churchill qui parvient in extremis à convaincre le parlement de ne pas faire une paix négociée avec Hitler. 
      Que se serait il passé si les nazis n’avaient pas stoppé subitement la bataille d’Angleterre ?...Nul ne le sait exactement. En tout cas, le message de résistance acharnée envoyé à Hitler l’a fait reculé. On sait que c’était pour se préserver pour son objectif final, l’URSS, qu’il a stoppé les dégâts. 
      Que se serait il passé si l’état major français avait pris au sérieux les messages d’un avion de reconnaissance, qui affirmait qu’un embouteillage géant de panzers était en plein milieu des Ardennes. https://bit.ly/36q2OAw Une histoire pas trop connue, et bien dans l’ambiance déjantée d’un état major largué et stupide, dont parlait Marcel Bloch dans ’l’étrange défaite’
      Une dizaine de bombardiers français auraient alors changé la suite de la guerre, en faisant un carton des centaines de chars d’assaut coincés les uns derrière les autres. extrait :Ordres et contre-ordres se multiplient. Les erreurs stratégiques sont incalculables. Lors de la percée dans les Ardennes par exemple, un avion de reconnaissance français rapporte les embouteillages des blindés allemands sur la petite route forestière ; aucune réaction de la part du commandement français, persuadé que l’offensive aura lieu au nord.

      La percée des Ardennes, le blitzkrieg était bien un coup de bluff, comme la majeure partie des coups d’Hitler. L’armement allemand ne permettait pas une guerre de position. Il fallait gagner vite, et prendre la France pour s’assurer de continuer ainsi la guerre. La France a bien été la vache à lait de l’Allemagne pendant quatre ans. 


    • Trelawney 2 octobre 2020 07:50

      @velosolex

      Que se serait il passé si les nazis n’avaient pas stoppé subitement la bataille d’Angleterre ?
      On parlerait Russes


    • JulietFox 2 octobre 2020 08:24

      @velosolex
      Oui mais.
      Amiot 143, Potez 540 Farnman 222 totalement obsolètes.
      Ne pas oublier que chaque groupe de chars était accompagné du fameux quadri tubes de 20mmm, le Flackvierling, qui fit des ravages sur les avions français et anglais, mal employés, par pêtits paquets.
      Le meilleur avions d’assaut français fut le Breguet 693, mais en voyé par paquets de 4 et attaquant en rase mottes. Ils allèrent au sacrifice.
      Tandis que les « culottes de peau », comme les appelait feu mon père, étaient loin de toute réalité.
      Le fil rouge, sur le bouton rouge. Ah, les bandes molletières. !


    • Daniel PIGNARD Daniel PIGNARD 2 octobre 2020 09:29

      @JulietFox
      Tout cela on a le droit de les qualifier de détail de la seconde guerre mondiale, mais les chambres à gaz, non, ça vaut 1,2 millions de francs.
      La guerre a eu lieu pour que les Français puissent être libres dans leur pays, et voyez ce qu’il en est advenu !

      ART. 10. — Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, mêmes religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la loi.


    • velosolex velosolex 2 octobre 2020 10:00

      @Trelawney
      Michel Sardou, éminent historien des annales, penserait qu’on serait tous en Germanie


    • velosolex velosolex 2 octobre 2020 10:04

      @JulietFox
      Pertinence donc des critiques de De Gaulle, montrant avant guerre que la dispersion des chars au sein des régiments était une erreur. Le front Français fut tout de même héroïque, en certains endroits, infligeant des grosses pertes aux allemands, ce qui permit, c’était l’objectif, aux anglais de se retirer sur Dunkerque et d’’évacuer. On ose penser la déculotté si les troupes britanniques avaient été anéanti. Reste que cette victoire allemande, utilisant la guerre éclair, est une reproduction de celle de 14, qui faillit emporter la Marne, elle même en relation avec déjà l’offensive éclair sur Paris en 70.
      Il semble que les allemands aient beaucoup appris en fréquentant Napoléon, en dehors du cadeau qu’il fit en leur présentant le projet de la fédération des états du Rhin, première moulure de leur fédération.
      Le bluff et la chance semblent récompenser l’audace de Guderian, fonçant sur Paris. Cette blitzkrieg fut encore la recette de l’opération d’invasion de l’URSS. Avec le bénéfice quand sait. Le jour où Churchill apprit la nouvelle du début de l’opération Thor, il sut que la guerre venait de changer de nature, et que l’Angleterre n’était plus seule


    • urigan 2 octobre 2020 19:54

      @Trelawney Cela aurait changé quoi ? Après le gaulois, on a parlé le romain, puis le franc, et maintenant le parisien.....


  • vesjem vesjem 1er octobre 2020 19:36

    on peut lire également « à la droite d’hitler », écrit par Von Below , aide de camp d’hitler, qui explique beaucoup


  •  C BARRATIER C BARRATIER 1er octobre 2020 20:06

    Bon sujet

    Bon article

    Mythe ? JE PENSE qu’il y a eu la volonté de casser la République des congés payés par les idiots dangereux au Pouvoir en France

    Voir Trahison, agoravox

    et France terre de Résistance, agoravox


    • velosolex velosolex 1er octobre 2020 22:25

      @C BARRATIER
      On peut c’est vrai se demander si la question que se posait Bloch en 40, sur l’incompétence hors norme de l’état major, ne trouve pas sa réponse dans une volonté plus ou moins inconsciente de l’état major, de se soumettre pour certains à Hitler, qui apparait pour beaucoup comme celui qui s’oppose à Staline.
      La poignée de main de Pétain à Hitler, les propositions zélées de collaboration et à l’effort de guerre, le refus de tempérer un tant soi peu les rafles, et même d’aller au delà, la dénonciation dans le discours d’investiture de Pétain, de l’esprit de paresse lié au front populaire, ayant amené le pays où il se trouve, tout dans l’esprit de 40 est de profiter de l’état de sidération du peuple, pour le culpabiliser, et montrer les Allemands, comme des exemples régénérateurs à suivre, face aux rouges.
      Bien sûr, il y a aussi le contexte stupéfiant d’avoir à remettre le couvert, 20 ans après 18, qui démobilise et entretient un pacifisme chez les foules. Mais la génèse de la guerre, n’est évidemment pas dans le front populaire, mais dans l’immobilisme politique qui permit à Hitler, à partir de l’occupation du bassin de la Ruhr, et le réarmement de l’Allemagne, foulant les traités, non suivis de représailles, à sa grande surprise, de pousser ses pions en toute liberté. 
      Il est clair que si De Gaulle n’avait pas été présent, la France aurait été mis clairement dans la catégorie des pays vaincus, avec toutes les conséquences induites, propres à reformuler l’histoire. 


    • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 1er octobre 2020 22:41

      @velosolex

      Et la plupart des « élites » européennes de ne pas voir ce qu’était vraiment le régime hitlérien .


    • velosolex velosolex 1er octobre 2020 23:07

      @C BARRATIER
      Actuellement, les foyers nationalistes autour des minorités Turques, éclatées un peu partout en Asie, me rappelle la politique incendiaire d’Hitler, voulant soi disant voler au secours des minorités allemandes persécutés. 
      En commençant avec ceux des sudètes

      Ca a commencé à dérailler contre les kurdes. Le voilà qui potentialise un conflit sur vieux contentieux arménien. 
      Erdogan c’est vrai n’a pas l’intendance allemande. Poutine pour le moment laisse faire...Deal entre les deux hommes ?...Espérons que demain nous ne parlerons pas de quelque chose de plus grave que le covid


    • CN46400 CN46400 2 octobre 2020 08:39

      @C BARRATIER
      Bien sûr, mais les deux auteurs ne veulent pas, malgré les preuves accumulées par Annie Lacroix-Riz, admettre le complot de la bourgeoisie française : Plutôt Hitler que le Front Populaire.... Pour eux ce n’est qu’une affaire de non compétence militaire, qu’il faut promouvoir pour pouvoir excuser, ou blanchir, les gouvernants de l’époque !


    • urigan 2 octobre 2020 19:56

      @velosolex smiley


  • velosolex velosolex 1er octobre 2020 21:45

    L’auteur a pour ambition de nous éclairer la lanterne, et de dénoncer « les mythes », et de nous dire la vérité vraie de la seconde guerre mondiale. Cela me rappelle « les histoires de l’oncle Paul » dans le journal Spirou. Une aparté pour regretter ces hebdos si riches pour l’éducation des gosses et l’éveil de leur humour, mais alors brocardés...Revenons à notre histoire. Elle est sans cesse en reconstruction. Les conclusions qu’on peut en faire sont d’autant pertinentes qu’elle sont prudentes. Avec des si, on refait les batailles, mais c’est avec des promesses fausses qu’on pousse les peuples vers la guerre.

    Si les collisions des peuples apparaissent presque inéluctables, car liées à des facteurs économiques et des crises, et qu’on peut avec des probabilités les prédire, les prolongements fâcheux ou heureux, obéissent souvent simplement à l’émergence d’un irrationnelle d’un homme, presque à l’intervention du destin, pourrait on dire, tant des hommes comme Churchill ou De Gaulle ont été déterminants, pour le destin de la grande bretagne et de la France. 


    • Opposition contrôlée Opposition contrôlée 2 octobre 2020 07:01

      @velosolex

       Elle est sans cesse en reconstruction

      Précisément. En fait, tous les thèmes évoqués dans l’article sont des banalités pour qui a étudier un peu la question, j’entends : a lu des livres avec plus de texte que d’images. Seulement, aujourd’hui, on « transmet » l’histoire par les films, les documentaires courts (RMC) et les jeux vidéos. Et le niveau est assez lamentable. Les mythes n’ont pas « la vie dure », ils sont en mutation permanente selon l’instrumentalisation qu’on veut faire de l’Histoire.

    • velosolex velosolex 2 octobre 2020 10:12

      @Opposition contrôlée
      Vous avez raison. L’histoire ne se comprend à mon avis, qu’en se conjuguant avec toutes les humanités, et aussi les arts. Il faut avoir parcouru le territoire, non seulement par les pas, mais par la pensée, l’avoir enrichi avec la littérature, qui donne le ton de la patiente, de l’observation, de l’imagination, de l’empathie avec les hommes de toutes époques en général. On n’éveille plus la curiosité, mais le désir, en relation avec le ludique et le superflu, et avec la société marchande. 


  • Kapimo Kapimo 2 octobre 2020 03:35

    Le principal de l’histoire de la seconde guerre mondiale est défini par la loi Gayssot qui impose comme vérité les conclusions du tribunal de Nuremberg (qui a voulu et déclenché la guerre ? qui s’est mal comporté ? etc..). A noter que ceux qui seraient tenter de considérer cela comme un détail risquent gros.

    Ecrire un livre sur « les mythes de la seconde guerre mondiale » relève donc du bizarre sinon de l’escroquerie.


  • Jclaude babelouest 2 octobre 2020 08:42

    Chaque évènement est accommodé à la sauce de celui qui parle le dernier : ainsi ce qu’a vécu une amie en mai 1968 n’est certainement pas ce qu’en diront les livres...

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    En pénétrant dans la faculté [de la Sorbonne] où, tout à l’heure, l’exposé magistral auquel je dois assister va commencer, je constate qu’il règne une animation inhabituelle. Des groupes de discussion jaillissent un peu partout, et un important service d’ordre circonscrit la Sorbonne ; il est quinze heures. Mon cours n’aura pas lieu : par décision administrative, amphithéâtres et bibliothèques sont fermés. Daniel Cohn-Bendit s’empare du micro, appelle les participants à se mobiliser, prêche la rébellion. A l’extérieur de la Sorbonne, les étudiants d’extrême-droite, le poil ras et la matraque agile, cherchent visiblement à en découdre. Ils annoncent à qui veut les entendre qu’ils ont l’intention d’attaquer l’Université du quartier Latin. Déjà, quelques jours plus tôt, une demi-douzaine de jeunes gens du groupe Occident ont pénétré dans la Sorbonne, dévastant un local réservé au groupe d’études de Lettres affilié à l’UNEF.

    Aussitôt, les forces de l’ordre se mettent en place. Prêts à riposter contre l’agression fasciste, les étudiants démolissent plusieurs tables afin d’utiliser les pieds et les planches en guise d’armes. La Police bloque toutes les issues de la cour tandis que, dehors, des groupes commencent à scander : « CRS, SS ! »


    • Jclaude babelouest 2 octobre 2020 08:43

      (suite)

      Depuis le Moyen-Âge, le privilège de clergie interdit aux hommes d’armes de franchir l’enceinte des écoles ou des facultés. Or voici ce qu’il advient. A 16 h45, à la demande écrite de M. Roche, recteur de l’Académie de Paris, les CRS masqués, casqués et protégés par des boucliers, investissent, mousquetons à l’épaule, la Sorbonne. Déployés en étau, ils obligent les étudiants terrorisés à se replier. Je suis le mouvement. Blême, ratatinée de peur, accrochée comme une sangsue à mes compagnons, j’escalade en reculant l’escalier et me rive le dos au mur. Puis il y a un flottement. CRS et étudiants se contemplent, comme s’ils hésitent sur la marche à suivre. Soudain, dans un impressionnant cliquetis de ferraille, les forces de l’ordre s’avancent vers nous, menaçantes. Nous sommes face à face et je crois ma dernière heure arrivée. Il n’en est rien : d’un violent coup de bras, les CRS séparent les filles des garçons.

      – Allez, les NANAS, dehors !

      – Si les flics nous virent, on occupe tout, murmure mon voisin. Essayons de nous échapper par les toits !

      Sans ménagement, les CRS poussent les « nanas » vers la sortie ; nous sommes projetées les unes contre les autres. Dans la tourmente, je récolte un violent coup sur l’épaule qui me laisse un instant pantoise.

      – Qu’allez-vous faire de nos camarades ? interroge une jeune fille qui a eu la chance d’être moins malmenée que moi.

      – On va les embarquer dans les cars situés à la sortie afin de vérifier leur identité. On gardera les meneurs.


    • Jclaude babelouest 2 octobre 2020 08:43

      (suite)

      Une telle discrimination scandalise les « nanas ». A peine sorties, eh bien ! Elles montrent de quoi elles sont capables. Il faut organiser la résistance à l’extérieur ? Elles l’organisent. Il faut alerter les étudiants des facultés avoisinantes ? Elles les alertent. Sacrées bonnes femmes ! Bientôt, d’ailleurs, la rumeur s’étend et une manifestation s’improvise au Quartier Latin. Puisque les cordons de Police ont cerné la Sorbonne et qu’il est impossible de rester dans le périmètre de la rue des Ecoles, je me réfugie boulevard Saint-Michel où déjà quelques universitaires bloquent la circulation. La riposte s’organise, spontanée et désordonnée.

      CRS et étudiants sont maintenant face à face. La férocité se lit dans les yeux des premiers, la détermination dans le regard des seconds. Je me place au premier rang des manifestants. Sublime d’inconscience. Fière de narguer les cerbères du capitalisme. Avec mon manteau vert pastoral et ma tour de Babel sur la tête, impossible de passer inaperçue.


    • Jclaude babelouest 2 octobre 2020 08:45

      (suite et fin)

      Soudain, l’Université entre en transes. Aux cris de « Libérez nos camarades, à bas l’Etat policier ! », elle défie les CRS en gesticulant. Une forêt de matraques et de boucliers en plexiglas répond à la provocation verbale des étudiants. Les policiers sonnent la charge. Le Boulevard Saint-Michel se vide. Place aux casques !

      A peine les CRS se replient-ils, que les manifestants font leur réapparition. Renforcés par deux ou trois cents camarades, ils conspuent les gardiens blindés du Pouvoir. Quant à moi, sûre de mes jambes rapides, je décide de rester au premier rang. Crâneuse et fière de l’être. Il s’agit pour moi d’un jeu ; j’ignore encore que certains divertissements finissent dans le sang.

      Nouvelle charge des CRS, nouvelle débandade des étudiants. Combien de temps durent ce flux et ce reflux ? Je l’ignore. Mais bientôt la Police est submergée par le nombre et la mobilité des manifestants.

      La rébellion s’étend, s’amplifie, s’organise ; des meneurs apparaissent. Après avoir chargé à plusieurs reprises, les CRS dispersent les étudiants à coups de grenades lacrymogènes ; c’est la deuxième phase du «  vendredi rouge ». Les insurgés répliquent en lançant des pavés sur les cars de Police appelés en renfort. Je croise un journaliste qui dissimule sa tête, ensanglantée sous un mouchoir ; la révolte tourne à l’émeute.


  • Laurent Courtois Laurent Courtois 2 octobre 2020 08:56

    Bonjour,

    Rien dans se livre dans « comment les USA ont gagné la seconde guerre mondiale à Hollywood » ?


    • velosolex velosolex 2 octobre 2020 09:44

      @Laurent Courtois
      Il vous reste donc à écrire un article sur la propagande. A ce titre, les allemands commencent très fort, avec Leni Rifenstahl, qui avait assez de talent pour transformer les pas d’une troupe d’homme bourrés en une marche glorieuse et triomphante.
      Mais les soviétiques n’ont pas été mal non plus, avant que les Yankees ne doublent tout le monde dans le virage. 
      L’histoire, c’est comme la vie, son apprentissage se fait pas à coups, par couches de sédiments qu’on trouve en creusant, quand on est curieux, et pas infatué d’une vérité toute faite, la recherche servant alors à certifier ses partis pris


  • xenozoid Xenozoid 2 octobre 2020 20:01

    je crois que c’est plus facile de voir le future d’un passé sans présent que de définire un présent qui ne se passe pas


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