Commentaire de Pascal L
sur Le Coran contre les mutilations sexuelles


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Pascal L 25 janvier 2021 22:14

@Michel Hervé Bertaux-Navoiseau
J’utilise Muḥammad avec un point sous le ḥ parce que c’est la transcription de l’arabe utilisé par les historiens. 
« Personne de censé ne pense que le Coran serait venu d’un ange ni que Dieu serait descendu en personne sur terre pour ordonner la circoncision à Abraham. » Pourtant, plus d’un milliard de personnes le croient. N’y aurait-il aucune personne de censée parmi eux ? Je pense que cela n’a aucun rapport. L’homme est un animal grégaire qui est près à accepter ce qu’il n’a pu vérifier lui-même s’il se sent valorisé dans le groupe et qu’il a confiance dans les personnes qui le lui enseignent. Toutes les idéologies fonctionnent ainsi. Je pense donc que l’islam est basé sur un mensonge et que les musulmans l’ignorent. L’accepter demande trop de remises en cause de ce qu’ils sont ; c’est donc impossible.

« J’ai cependant respecté la tradition islamique » certes, mais pour aboutir à quelles conclusions ? On peut faire tous les raisonnement justes sur des hypothèses fausses, le résultat ne sera jamais juste. Le Coran, tel qu’il est écrit est totalement incompréhensible en l’état. Les Musulmans utilisent les tafsīr, les exégèses écrites par les savants musulmans, mais aucun ne remet en cause les hypothèses de départ, donc encore des raisonnements justes sur des hypothèses fausses. Il faut revenir aux racines araméennes des mots, voir comment un même mot peut avoir plusieurs sens différents où un même concept représenté par plusieurs mots différents, voir comment une même histoire peut être déformée d’un récit à un autre, indiquant des strates d’écriture, voir les subtilités qui font penser aux musulmans autre chose que ce qui semble écrit (lire « l’action psychologique dans le Coran » de Marie-Thérèse et Dominique Urvoy)....

« mon petit livre La naissance du judaïsme » Je n’ai lu que le résumé pour l’instant. Il faudrait que je le lise en entier pour en faire une critique correcte, mais si l’hypothèse d’une origine égyptienne peut avoir du sens, je ne vois pas vraiment la filiation entre Akhenaton et le Dieu des Hébreux, tellement les concepts me semblent éloignés. Monothéisme est un mot qui recouvre bien des vérités différentes. Pour Akhenaton, il s’agit d’ailleurs plutôt d’un hénothéisme où le Dieu principal est le soleil, incarné par le pharaon. C’est d’ailleurs aussi un hénothéisme pour Abraham, mais il n’y a pas d’incarnation et cet hénothéisme s’est vite transformé en monothéisme. Si nous lisons Israël Finkelstein et Neil-Asher Silberman (La bible dévoilée), ils ont également une hypothèse pour les origines égyptiennes : une ville dans le delta du Nil habité par des Cananéens qui viennent se réfugier sous la protection du pharaon lors des disettes. Par ailleurs, et c’et bien visible dans la Torah, la religion des Hébreux est une compilation de plusieurs traditions (entre 2 et 4) et non la suite d’une tradition unique et établie. Dans les traditions orales, le mythe est un support à l’apprentissage. Le mythe en soi n’a a pas d’intérêt, sauf pour ce qu’il peut nous dire de Dieu. Les mythes ont probablement un origine dans le monde réel, mais elle est difficile à déterminer. Abraham ou Moïse ne sont pas des personnages historiques, mais il y a pu exister des personnes avec ces noms. Pour Salomon, nous savons qu’il existait une ville de Jordanie qui vivait de l’exploitation du cuivres à l’âge du bronze tardif. Est-ce l’origine du mythe sur la richesse de ce roi ? Le déluge est bien décrit également dans le zoroastrisme, ce qui indique également un filiation, mais ce que ce mythe dit de Dieu est fondamentalement différent entre le zoroastrisme (autre monothéisme) et le judaïsme. Si Dieu n’est pas une invention humaine, alors l’homme ne peut que tâtonner pour en parler. Il a fallu des milliers d’années pour passer de l’hénothéisme au monothéisme ou pour passer d’un Dieu de justice à un Dieu amour. Ne pouvant pas mettre de mots sur ce qu’il découvre, l’auteur dans la Bible va aussi beaucoup parler de lui et pas toujours en bien ou de manière juste. La violence des hommes ou les ambitions politique du roi Josias sont aussi bien présentes dans le récit que nous connaissons. Le texte est beaucoup plus sincère quand l’homme n’a pas le beau rôle.


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