Commentaire de Mélusine ou la Robe de Saphir.
sur Universalisme contre mondialisme


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Peu de Personne ont compris le sens de l’histoire de la TOUR de BABEL (BABIL de l’enfant). « A leur départ d’Orient, les hommes trouvent une plaine au pays de Shinéar. Ils s’y établissent » (Gn. 11,2). Le premier geste humain, ici, est d’installation sédentaire, d’aménagement d’un séjour pour la communauté. Comme si celle-ci éprouvait le besoin de s’arracher à l’errance nomade en se rassemblant dans l’unité d’un lieu. Manière, sans doute, pour les mortels de prendre distance à l’égard de la jungle mythique de la nature, de venir à soi en se recueillant dans une manière d’exister où ils se retrouvent. Mais comment ne pas s’interroger sur le type de « réunion » qui se cherche dans ce genre d’« établissement » ? N’est-ce pas la crainte et le refus de la « dispersion sur toute la surface de la terre » (v. 4) qui arrête ici la marche et conduit le groupe à se fixer en un point d’identification ? Le danger guette, en tout cas, d’oublier que « nous n’avons pas ici-bas de demeure permanente » (He. 13,14), que c’est en voyageurs, étrangers toujours de passage, qu’il revient aux mortels d’apprendre à habiter sur la terre et sous le ciel [4][4]Il semble bien que le texte exprime à l’égard de l’installation…. L’idéal de la tour de Babel est de constituer UNE seul nation, une fusion entre les êtres. Rappelons-nous l’espéranto. Qui dénie à chacun sa différence son identité, son histoire. L’entreprise babélienne, on le voit, nous est présentée sous le signe majeur d’une ambiguïté qui confine à la perversion. Elle déploie, sans doute, des dimensions d’existence spécifiques de l’animal humain (habiter, bâtir, nommer), mais en les réduisant inexorablement à la magie obsessionnelle d’un faire dans lequel le sujet croit jouir de sa puissance alors même qu’il s’y aliène et y perd le sens de sa responsabilité. Obnubilée par soi et son « Œuvre », l’humanité de Babel tend à se rendre aveugle et sourde à toute interpellation, des événements, des autres… ou de l’Autre [12][12]Comme le dit S. Petrosino (op. cit., p. 75), cet agir dépourvu…. Est-il possible d’envisager une sortie de cette impasse ? La mondialisation est bien père version. Etre un « nous » plutôt qu’un « je » et l’autre. Comment pouvez-vous reconnaitre une personne si vous êtes collée à elles. Il faut une distance comme quand on prend une photo. Si on se colle à la personne, on ne photographie que son nez.  l’universalité d’une vocation relationnelle s’est figée en unité exclusive, violemment totalitaire, étrangère aux singularités différenciées des cultures et des individus qu’elle réduit ou exclut.


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