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Commentaire de lahalle sur Ce que cache le discours sur les emplois dits non pourvus - AgoraVox le média citoyen

Commentaire de lahalle
sur Ce que cache le discours sur les emplois dits non pourvus


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lahalle 14 octobre 2021 13:44

J’ai lu un truc dans « la Montagne » de ce matin... Le journaliste rapporte les propos de monsieur Eric Heyer, directeur du département analyse et prévision de l’OFCE (C’est un bouzin créé par Raymond Barre et qui est intégré à science-po... Donc pas trop gaucho comme organisme). ce Monsieur Heyer tiens les propos suivants :

Ce taux de chômage à 7,6% fin 2021 contre 8,1% fin 2019, alors même que, chiffres de l’Insee toujours à l’appui, l’activité était à l’issue du premier semestre de 1,2% inférieure à ce qu’elle était à la même époque en 2019, a quelque chose de paradoxal. Cela reviens à dire qu’on emploie plus pour produire moins. Cette prévision est d’autant plus paradoxale qu’on estime à 0,8% le gain annuel de productivité soit 1,2% pour 18 mois. Ajouté au 1,2% de baisse d’activité, on arrive à 2,4% de destructions d’emplois quand l’Insee en promet 0,6% en plus. Dis autrement, alors que 580000 emplois auraient dû disparaître, 145 000 emplois seraient créés .

Un gain moindre de productivité pourrait en partie expliquer quelques dizaines de milliers d’emplois en plus. Mais, dans la mesure où aucune entreprise n’embaucherait des collaborateurs avec une production négative la limite de celle-ci est zéro. En ce cas, la baisse d’activité estimée fin juin à 1,2% aurait coûté 290 000 emplois. Au regard des 145 000 annoncé par l’Insee, l’écart s’élèverait quand même à 435 000.

Sauf à croire qu’on est entré dans un nouveau monde où la récession est désormais favorable à l’emploi. Mais sans doute faut-il considérer cette période comme transitoire ?


L’économiste échafaude à son tour un scénario qui mêle trois hypothèses :

La première tient à l’approximation des observations :

Le chiffre de -1,2% communiqué par l’Insee est provisoire. Le chiffre définitif de la croissance ne sera connu que dans deux ans et peut-être sera-t-il révisé à la hausse. La crise sanitaire a rendu plus difficile la mesure de l’activité. Mais cet éventuel rehaussement ne suffira pas. Là, c’est quand même de trois points de croissance qu’il faut trouver.

La deuxième renvoie à la productivité :


La tendance est à la baisse. Les gains annuels de productivité étaient de l’ordre de 1,5 à 1,6% à la fin des années 1980 contre 0,8% ces dernières années. Peut-être avoisinent-ils 0,4% aujourd’hui. Pas de quoi justifier l’écart.


La troisième est liée à la stratégie des entreprises :


Pendant la crise, il y a eu beaucoup de main-d’œuvre en rétention. Avec la reprise, des entreprises ont embauché. Mais, beaucoup, entre rebond annoncé et difficultés à recruter ont préféré ne pas licencier. Ce double mouvement de création et de non-destruction d’emplois me paraît l’hypothèse la plus probable. En juin, 600 000 personnes étaient toujours en activité partielle.


Et de conclure :


L’horizon des notes de l’Insee est de 6 mois qu’en sera-t-il a plus long terme ?

Soit, la croissance s’amplifie, l’épargne profitant à la consommation et, cependant, les créations d’emplois sont quasiment inexistantes du fait de la rétention préalable de main-d’œuvre.

Soit la croissance est freinée, voir stoppée en raison des difficultés d’approvisionnement en matières premières, de l’endettement des entreprises longtemps gelé mais qu’il faudra recommencer à honorer en 2022, fut-ce après la présidentielle, et, enfin, de l’endettement public dont la réduction passera par une hausse d’impôts et/ou une baisse des dépenses publiques au risque d’un affaiblissement de l’activité. Un ajustement va fatalement s’opérer .

Autrement-dit, l’Insee et le gouvernement se foutent de notre gueule dans les grandes longueurs. Au final, la crise sera catastrophique pour le prolo moyen en matière d’emploi, de pouvoir d’achat et d’abandon du service public.


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