Commentaire de jjwaDal
sur Après Poutine


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jjwaDal jjwaDal 8 août 10:15

Poutine est avant tout pragmatique et nationaliste et ne se prend pas pour le messie venu sauver le monde, comme tous les pompiers pyromanes d’Amérique du Nord et d’Europe.
Tout indique aussi qu’il était prêt à mener son pays sur le chemin de la démocratie à l’occidentale, mais l’expérience des années 1990 lui a ouvert les yeux sur ce qu’est le néolibéralisme (la mouture actuelle du capitalisme) et les agressions contre la Serbie, la Libye et la Syrie (après l’Irak) et les « révolutions colorés » sur l’absence de pacifisme inhérent aux « démocraties » et leurs valeurs de façade.
Or comme nationaliste, il refuse de devenir un fantassin d’un empire dont il ne reconnaît pas les visées messianiques. Or, les USA ne se connaissent aucun égal, juste des serviteurs et des opposants. La neutralité est pour eux déjà un signe de rébellion et de refus d’assujettissement.
Comme nationaliste il voit très bien où le modèle économique occidental les mène, désindustrialisation, dépendance, concentration des pouvoirs financiers et politiques dans des mains apatrides, toutes choses qui ne peuvent que saper son projet de Russie redevenant un pion important dans la course du monde, pure fierté nationaliste pas forcément illégitime ou préoccupante.
En comparaison des années soviétiques et de la gueule de bois des années 1990, il semble apparaître comme une étape salutaire vers une renaissance du pays pour de nombreux russes. Il est globalement bien plus populaire (de très loin) qu’un Macron ou un Biden.
Un des rares chefs d’Etat en exercice dans les grands pays (la plupart des autres sont des comptables, des préfets de région agissant sur commandes, sinon des clowns (comme le virtuose du piano à queues, omniprésent dans l’actualité récente).
Il n’a pas pu empêcher une guerre avec l’Ukraine et est donc co responsable d’une boucherie au coeur de l’Europe. Cela sera à son passif pour l’Histoire.


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