Commentaire de Giuseppe di Bella di Santa Sofia
sur Poutine est-il méchant ?


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Giuseppe di Bella di Santa Sofia Giuseppe di Bella di Santa Sofia 18 septembre 2025 13:05

Votre seconde famille concerne l’autoritarisme : fraudes électorales, répression des opposants, attachement au pouvoir. Vous arguez que Poutine est plébiscité (près de 90 % aux dernières élections) et que les assesseurs des partis d’opposition garantiraient l’intégrité du scrutin. Pourtant, des rapports internationaux (OSCE, 2024) pointent des irrégularités systématiques : bourrage d’urnes, pressions sur les électeurs et marginalisation des candidats indépendants. Quant aux opposants, Alexeï Navalny, empoisonné puis emprisonné jusqu’à sa mort, ou Vladimir Kara-Murza, condamné à 25 ans pour « trahison  », ne sont pas des cas isolés. Les envoyer « en Sibérie » n’est pas une hyperbole, mais une réalité pour des milliers de dissidents. Cette répression s’étend aux minorités : depuis 2017, les Témoins de Jéhovah sont classés « extrémistes », entraînant plus de 400 arrestations, des raids et des peines de prison pour un simple culte pacifique. De même, la communauté LGBTQ+ subit une escalade : la loi de 2013 sur la « propagande gay » (étendue en 2022 à tous les âges), le bannissement des soins transgenres en 2023, et la déclaration du « mouvement LGBT » comme « extrémiste » en 2023 ont mené à des raids sur clubs et saunas, et des peines de 6 à 10 ans pour soutien aux droits LGBTQ+. Ces mesures, justifiées par des « valeurs traditionnelles », perpétuent un climat de peur. Votre image d’un Poutine « héros national » plébiscité ignore ce climat de peur, où même le Parti communiste, que vous mentionnez, peine à exister face au rouleau compresseur de Russie unie.

À propos des homosexuels, il est particulièrement révélateur d’aborder l’inaction de Poutine face aux camps de concentration en Tchétchénie, orchestrés par son allié islamiste Ramzan Kadyrov. En 2017, le journal indépendant Novaya Gazeta a révélé une purge massive : plus de 100 homosexuels arrêtés, torturés et tués dans des camps secrets à Argoun et ailleurs, avec des méthodes incluant électrocutions et exécutions extrajudiciaires. Kadyrov, fervent loyaliste de Poutine, a nié l’existence même des homosexuels en Tchétchénie (« Ils n’existent pas »), et ses forces ont forcé les familles à «  nettoyer » le problème en tuant les victimes. Bien que Poutine ait ordonné une enquête en avril 2017, elle s’est soldée par un blanc-seing : aucune sanction, aucune poursuite contre Kadyrov, qui continue de régner en maître absolu avec le soutien financier et politique de Moscou. Des ONG comme Amnesty International et Human Rights Watch ont documenté des centaines de cas, y compris en 2019, mais l’inaction du Kremlin – malgré des pressions internationales d’Angela Merkel ou d’Emmanuel Macron – montre une tolérance tacite pour ces atrocités, tant que Kadyrov maintient la stabilité en Tchétchénie et fournit des troupes pour les guerres russes. Cela illustre un régime où les alliances priment sur les droits humains, au détriment des minorités.



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