Commentaire de Enki
sur Poutine est-il méchant ?
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La reconstruction de la Russie après Elstine tient du miracle, raison pour laquelle les Russes ne veulent pas changer de cheval. Mais ses méthodes sont dures : tous ceux qui se sont mis « en travers de mon chemin », y compris réfugiés à l’étranger, sont maintenant des squelettes sous terre. Et tant pis pour les épouses et enfants qui étaient présents. Je ne parle pas de l’affaire Skripal, par contre, qui fait partie des gros canulars montés contre lui.
Poutine, c’était un stratège, le judoka, qui savait utiliser la confiance de son adversaire en sa force pour le renverser : son intervention en Syrie a été la démonstration magistrale. Avec sa guerre en Ukraine (pas seulement le Donbass, ce qui était attendu), il a brûlé les vaisseaux. Avait-il encore le choix face à l’OTAN ? Je regrette sa guerre en Ukraine, mais je ne sais pas tout, je ne peux pas répondre. C’est le « ça passe ou ça casse », comme Macron, mais cela ne lui ressemble pas. D’où ses ratés, la guerre éclair qui dure plus de trois ans, même s’il retombe sur ses pieds, mais l’issue reste imprévisible, ce qui n’est pas son tempérament.
Il a changé : c’est Pierre le Grand devenu Yvan le Terrible. Il a toujours été europhile, il avait son deal win-win : ressources contre technologies. Sauf qu’il s’est fait cracher dessus constamment par ces mêmes européens, le bras tordu par les Anglo-étatsuniens qui visent à ruiner la Russie tellurocratique depuis deux siècles (the Great Game). La Russie, c’est l’histoire d’un pays constamment conquis, voire détruit par les invasions incessantes : celles de l’Est, hunniques et du Sud, islamiques, puis entre les tenailles des mondes asiatique et européen. C’est aussi un pays endurci (déjà par le froid...) : la solution d’Yvan le Terrible était de conquérir les terres des envahisseurs, au Sud comme à l’Est, pour obtenir enfin la paix, par la force. Ce pays, né entre les mers Baltique et Noire est devenue eurasiatique, qui permet la coexistence de la plus grande diversité des peuples au monde. Les Russes n’ont pas oublié non plus qu’ils ont payé cher pour écraser les européens Napoléon et Hitler. La Russie d’Yvan le Terrible sait très bien qu’elle n’a plus aucun intérêt à s’arrimer à l’Europe atlantiste, ce qu’explique Piotr Tolstoï devant des journalistes qui le laissent dire ce qu’il pense.
la question pertinente n’est pas tant si Poutine est gentil ou méchant, mais comment vont vivre les habitants des pays d’Europe occidentale, sans la Russie, sans l’Eurasie en pleine montée de puissance, aux mains des Amirequins qui n’ont pas renoncé à gouverner le monde.
