Commentaire de Decouz
sur Issa n'est pas Jésus
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Miguel Asín Palacios et sa célèbre thèse sur les rapports entre islam et christianisme, en particulier sur le plan mystique.
Prêtre catholique espagnol, érudit d’arabe et spécialiste du soufisme, Asín Palacios a joué un rôle pionnier au début du XXᵉ siècle en mettant en lumière les influences réciproques entre les théologies et mystiques chrétiennes et musulmanes, à une époque où l’on parlait surtout d’opposition ou d’isolement.
Sa thèse centrale : une influence islamique, surtout soufie, sur la mystique chrétienne médiévale.
La « Divine Comédie » de Dante présente des parralèles frappants avec des textes mystiques et escatologiques musulmans :
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Les récits du Mi‘râj (l’ascension nocturne du Prophète),
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les écrits d’Ibn ‘Arabî,
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et d’autres traditions ésotériques andalouses.
Il ne dit pas que Dante a “copié”, mais qu’il a été influencé par un vaste ensemble de représentations théologiques et cosmiques circulant dans l’Espagne médiévale, où chrétiens, juifs et musulmans discutaient bien plus qu’on ne le pensait.
Asín Palacios a consacré plusieurs études à Ibn ‘Arabî, al-Ghazâlî, al-Hallâj et d’autres maîtres du soufisme.
Sa thèse : La mystique chrétienne occidentale, surtout celle de l’Espagne, Thérèse d’Avila, Jean de la Croix), s’éclaire si on la rapproche du soufisme.
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soufisme : fana’ (anéantissement en Dieu), puis baqâ’ (demeurer en Dieu).
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Christianisme : “union mystique”, “mariage spirituel”.
Asín Palacios montre que le vocabulaire de certains mystiques espagnols rappelle l’école akbarienne (Ibn ‘Arabî). Il compare les degrés de l’ascèse chrétienne (purgation → illumination → union) avec : les stations (maqâmât), et les états mystiques (ahwâl) du soufisme.
Symbolisme de la lumière :
-soufisme : lumière du nûr muhammadî, théophanies multiples, monde imaginal.
-christianisme : théologie de la lumière (pseudo-Dionysius, mystique carmélitaine).
La position actuelle dominante :
Asín Palacios a été un pionnier juste dans l’intuition (dialogue des mystiques, transferts culturels), mais trop maximaliste dans ses affirmations.
Actuellement sa contribution est donc considérée comme : historiquement importante, méthodologiquement audacieuse, scientifiquement partiellement validée et partiellement rejetée.
