Commentaire de Giuseppe di Bella di Santa Sofia
sur Polunin n'est pas Noureev : l'homophobie n'est pas de l'art
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Bonjour @SilentArrow,
Votre commentaire mérite une réponse posée, car il soulève une question légitime sur l’équilibre et les dérives possibles, même si je ne partage pas votre diagnostic. Vous n’êtes ni homophobe ni « homophile », dites-vous, et c’est déjà une position honnête dans un débat souvent binaire. Mais quand vous parlez d’exagérations de la part des « LGBTQQQ » et d’un « retour du balancier » qu’ils auraient « bien cherché », permettez-moi de m’inquiéter.
D’abord, ce « retour du balancier » n’est pas une loi physique neutre : c’est souvent le nom qu’on donne à la réaction des pires conservateurs, ceux qui transforment une frustration légitime en chasse aux sorcières. Regardez la Russie de Poutine, que j’évoque dans l’article : les lois anti-« propagande » n’ont pas été votées parce que les droits LGBT « exagéraient », mais pour consolider un pouvoir qui a peur de toute différence. Et là, ce n’est pas un balancier : c’est une répression d’État, avec des arrestations pour un baiser ou un arc-en-ciel, et des suicides en cascade. A-t-on « bien cherché » cela ? Non, c’est une violence gratuite.
Ensuite, sur les « exagérations » : oui, il y en a, et je les critique moi-même dans un article récent sur AgoraVox (LGB contre LGBTQ+ : la révolte des oubliés). Une partie du mouvement a dérapé vers une orthodoxie qui étouffe les voix internes, au nom d’une inclusion qui vire à l’exclusion. Mais confondre cela avec l’homophobie brute de Polunin – qui traite les hommes gays de « honte » et appelle à les gifler – c’est jeter l’eau du bain avec le bébé. La vraie exagération, c’est de tolérer des discours qui incitent à la haine, pas de les dénoncer.
Enfin, « il faut s’attendre au pire » : je préfère croire qu’on peut éviter le pire en nommant les choses. Pas en attendant le balancier pour justifier la revanche. La tolérance n’a pas « bon dos », comme l’écrivait un autre commentateur : elle est fragile, et c’est à nous tous de la défendre, sans excuser les bourreaux.
Merci pour cette réflexion, qui force à clarifier. Continuons le débat sans les extrêmes.
