https://middlepassage.dei.uc.pt/https://privacycolab.dei.uc.pt/https://cmd.dei.uc.pt/https://henrique.dei.uc.pt/https://hormon-osteoporosezentrum.de/
https://merdekakreasi.co.id/buku/pkvgames/https://merdekakreasi.co.id/buku/bandarqq/https://merdekakreasi.co.id/buku/dominoqq/https://merdekakreasi.co.id/tentang-kami/
https://aku.ac.id/https://jpl.staiku.ac.id/https://jist.publikasiindonesia.id/https://akperstg.ac.id/
zonawin777zonawin777
Polunin n’est pas Noureev : l’homophobie n’est pas de l’art - AgoraVox le média citoyen
samedi 29 novembre 2025 - par Giuseppe di Bella di Santa Sofia

Polunin n’est pas Noureev : l’homophobie n’est pas de l’art

Un récent article publié sur AgoraVox célèbre Sergeï Polunin, 36 ans, comme un "génie censuré par les wokistes" et le compare à Rudolf Noureev. Retour sur une imposture qui recycle la propagande du Kremlin en faisant passer l’homophobie d’État pour une révolte virile.

JPEG - 98.9 ko

Un contributeur régulier d’AgoraVox a publié, il y a peu de temps, une vibrante apologie de Sergeï Polunin, ce danseur que l’Opéra de Paris avait écarté en janvier 2019. Le texte déborde d’admiration pour la "virilité non apologétique" du personnage, pleure sur la "censure woke" et ose, sans la moindre gêne, comparer Polunin à Rudolf Noureev. On reste médusé.

Reprenons calmement les phrases qui ont provoqué le scandale, celles-là mêmes que l’article passe pudiquement sous silence. Elles sont toutes authentiques, publiées sur le compte Instagram officiel de Polunin entre décembre 2018 et janvier 2019, avant d’être effacées dans la panique :

 

"Un homme doit être un homme et une femme une femme. C’est bien pour cela que vous avez des couilles. Les femmes essaient aujourd’hui de prendre le rôle des hommes parce que vous ne les baisez pas et parce que vous êtes une honte, un embarras".

"Il y a déjà une ballerine sur scène, on n’a pas besoin d’en avoir deux".

"Les hommes sont des loups, des lions. Les hommes sont les chefs de famille. Ils ont besoin qu’on leur mette une bonne gifle".

"Giflez les gros quand vous en croisez un. Ça les aidera, ça les motivera à perdre du poids. Pas de respect pour la paresse !".

 

Et pour achever le tableau, cette confidence livrée peu après à un journaliste : "Pour moi ce n’est pas naturel à regarder. Quand je vois deux hommes s’embrasser, j’ai envie de vomir". 

Et puis il y a ce qu’on voit quand on regarde son torse nu, l’illustration même de cette "virilité" qu’on nous vend comme une révolte artistique. Au centre de la poitrine : le portrait de Vladimir Poutine. Et juste au-dessus du nombril : le Kolovrat, cette roue solaire à huit branches qui ressemble à une svastika stylisée. Polunin jure que c’est un "ancien symbole slave de lumière et de protection". Peut-être. Sauf que depuis 30 ans, ce même Kolovrat est devenu l’emblème favori des skinheads russes, des néo-païens ultranationalistes, des mercenaires du groupe Wagner et de toute l’extrême droite slave. Un "dog whistle" parfait : assez ancien pour être défendu comme folklore, assez moderne pour être reconnu par ceux qui le portent comme un cri de haine.

Voilà. Ce ne sont pas des "provocations d’artiste", ce ne sont pas des "appels à la virilité". C’est de l’homophobie brute, du sexisme décomplexé et, pour couronner le tout, une esthétique qui fait un clin d’œil complaisant à l’imagerie néo-nazie. Point.

Mais le pire reste la comparaison avec Rudolf Noureev, cette obscénité intellectuelle qui donne envie de hurler. En 1961, Noureev risque 7 ans de goulag simplement parce qu’il aime les hommes et refuse de se taire. Il arrache sa liberté à l’aéroport du Bourget sous les yeux du KGB. 64 ans plus tard, la Russie de Poutine classe officiellement le "mouvement international LGBT" parmi les organisations terroristes et extrémistes (arrêt de la Cour suprême du 30 novembre 2023, toujours en vigueur). Des adolescents sont arrêtés pour un emoji arc-en-ciel. Des libraires écopent de 15 jours de prison pour avoir vendu un roman gay. Des gens se suicident. Et pendant ce temps-là, SergeïPolunin, torse orné d'un portrait de Vladimir Poutine et de symboles chers à l’extrême droite slave, se lamente d’avoir été "censuré" à Paris parce qu’on lui a demandé de retirer ses insanités.

Noureev fuyait la Russie parce qu’on y persécutait les homosexuels. Polunin l’a rejointe parce qu’il les méprisait. L’un a risqué sa vie pour être libre d’aimer. L’autre a applaudi l’annexion de la Crimée, dansé pour les séparatistes, obtenu la citoyenneté russe des mains de Poutine lui-même, avant d’être déchu de sa nationalité ukrainienne le 10 octobre 2025 pour "actions portant atteinte à la sécurité nationale de l’Ukraine". Il est aujourd’hui apatride, mais cela n’émeut guère les thuriféraires qui, sur AgoraVox, pleurent encore sur son sort.

Car ce texte n’est pas un accident. C’est le énième opus d’un contributeur qui, en 10 ans et près de 200 articles, n’a cessé de relayer la propagande du Kremlin : Maïdan présenté comme un "coup d’État fasciste", le Donbass comme victime d’un "génocide", l’Occident comme une civilisation décadente gangrenée par le "wokisme". La recette est immuable : on prend un fait réel, on le vide de son contenu toxique, on l’enrobe de lyrisme viriliste et on vend la Russie comme le dernier rempart des "vraies valeurs". C’est exactement le même discours que celui des députés de la Douma quand ils votaient, en décembre 2022, l’interdiction totale de toute "propagande" LGBT, y compris pour les adultes. C’est le même discours qui permet à l'islamiste Ramzan Kadyrov de torturer et d'assassiner impunément en Tchétchénie tout en restant l’ami intime de l'effroyable maître du Kremlin.

Non, Sergeï Polunin n’est pas un nouveau Rudolf Noureev. Il est l’antithèse parfaite. L’un incarne la liberté arrachée à la barbarie. L’autre a choisi de danser pour les bourreaux et de cracher sur leurs victimes.

Je sais que cet article me vaudra, comme à chaque fois, des torrents d’insultes antisémites et homophobes, des menaces de mort, des "on sait où tu habites". Je les attends. Elles sont la médaille que l’on reçoit quand on refuse de se taire face à la propagande d'un régime autocratique. D’autant que, comme je l’ai écrit récemment dans ces colonnes, être homosexuel n’implique nullement d’adhérer à un "dogme woke" étouffant ; au contraire, c’est souvent au sein même de la communauté que monte la révolte contre ces carapaces idéologiques qui bâillonnent les voix authentiques. Mais confondre cela avec l’homophobie brute de Polunin et de ses soutiens russes, c’est non seulement ignorer cette nuance, c’est cautionner une répression qui, elle, n’a rien de libérateur : pas d’emoji arc-en-ciel sans prison, pas de baiser sans risque de goulag moderne.

Tant qu’AgoraVox m’offrira encore une tribune, je continuerai à écrire que l’homophobie n’est pas une opinion artistique. C’est une violence inouïe. Et que ceux qui la défendent, ici ou à Moscou, n’ont rien à faire sur une scène financée par l’argent public français.



20 réactions


  • La Bête du Gévaudan 29 novembre 2025 21:58

    L’homophobie monte en flèche partout, tout comme l’antisémitisme... Vous avez vu l’affaire de Sabrina Decanton, la candidate EELV obligée de renoncer à se présenter en Seine-Saint-Denis en raison de son homosexualité qui « déplaît aux quartiers dits populaires »  ?... 

    Je ne connais pas l’histoire de ce monsieur. Ce qui est certain, c’est que le « néo-paganisme » on sait où ça termine souvent... Et bien également de rappeler que les régimes communistes athées étaient également homophobes. L’homophobie existe d’ailleurs dans toutes les contrées intellectuelles. 

    La gauche a abandonné les ouvriers, les artistes (Salman Rushdie, Boualem Sansal, etc.), les juifs... et comme je l’avais annoncé, c’est au tour des homosexuels et des femmes d’être lâchés.

    Le combat pour les libertés individuelles doit renouer avec le libéralisme classique. Je suis personnellement très attaché au combat pour les libertés, dans une perspective libérale et non dans une perspective communautariste.

    Le communautarisme est un maximalisme trompeur. Cela conduit à une « clientélisation » et une mise en concurrence des catégories. Or, les politicitiens préfèrent flatter les majorités que les minorités

    Le combat pour l’individualisme classique peut attirer des gens de gauche et de droite (au-delà de leurs divergences par ailleurs) ainsi que des gens n’appartenant à aucune minorité. Parce-que c’est un combat universel. 


    • Giuseppe di Bella di Santa Sofia Giuseppe di Bella di Santa Sofia 30 novembre 2025 12:39

      Bonjour @La Bête du Gévaudan,

      Votre commentaire est un petit bijou de clarté.

      Vous avez mis le doigt exactement là où ça fait mal : une partie de la gauche, celle qui se prétend progressiste, a fini par trahir ses propres idéaux en troquant la défense de la liberté individuelle contre une nouvelle orthodoxie moralisatrice, communautariste et souvent punitive. On est passé de « vive la différence » à « malheur à qui pense différemment ».

      Et c’est précisément cette dérive qui offre, sur un plateau d’argent, des arguments aux pires réactionnaires : ceux qui, comme Polunin ou ses thuriféraires, se posent en défenseurs d’une « virilité saine » ou de « valeurs traditionnelles » contre un Occident soi-disant décadent. Ils n’ont même plus besoin d’inventer leurs caricatures ; une partie de la gauche les leur fournit toutes prêtes.

      Vous avez raison : le vrai libéralisme, celui des Lumières, celui de Voltaire (« Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai pour que vous ayez le droit de le dire »), est devenu orphelin. Il est attaqué à la fois par les identitaires de gauche et par les autoritaires de droite. Et c’est bien pour cela qu’il faut le défendre sans relâche, avec fermeté mais sans haine, avec rigueur mais sans sectarisme.

      Merci pour votre présence constante, lucide et bienveillante sur ce site souvent tumultueux. Des lecteurs comme vous sont la raison pour laquelle je continue à écrire ici.

    • La Bête du Gévaudan 1er décembre 2025 01:42

      Oui, je vous apporte mon soutien... bien que, comme vous l’ayez déjà remarqué, sur certains sujets nous ne sommes pas d’accord... et j’admire le courage intellectuel dont vous faites preuve (en plus, vos articles m’apprennent des choses). 

      Je crois que les libéraux de différentes tendances vont devoir se retrouver sur l’essentiel. Ce ne sera pas facile, néanmoins dans l’adversité il faut savoir s’unir. Qu’on songe à l’unité des contraires dans la Résistance. 

      Même sur la Russie nous ne sommes pas d’accord. Je pense que, dans le monde multipolaire de demain, le « continent boréal » (Europe, Russie, Etats-Unis) devra trouver une forme de solidarité. Aussi, j’espère que Trump et Poutine trouveront un compromis. 

      Essayons d’appuyer sur les tendances « occidentalistes » et « pétersbourgeoises » du régime poutinien, qui existent malgré tout, au lieu de le jeter dans les bras d’un tiers-monde hostile à notre identité. Le Shah d’Iran fut un allié de l’Occident moderne bien qu’il ne fut pas un grand démocrate. C’est ainsi que nous ferons refluer les dérives homophobes, antisémites et islamistes que nous observons. 

      Je pense que l’enjeu de notre époque est de trouver un compromis entre libéralisme et conservatisme occidental (comme y appelait du temps de la guerre froide Raymond Aron dans L’Opium des intellectuels). Cela implique d’être ferme sur certains principes libéraux mais aussi savoir trouver des accords. N’oublions pas que les conservateurs aussi sont intéressés à cette alliance, et sont donc prêts aussi à se modérer. 


    • La Bête du Gévaudan 1er décembre 2025 01:56

      Il nous faut avoir le courage de répondre et d’argumenter contre les horreurs que nous lisons parfois... la censure n’est pas une solution... d’une part, parce-que nous tomberions nous-mêmes dans l’autoritarisme (« politiquement correct »), et d’autre part parce-que convaincre fonctionne mieux que contraindre. 

      C’est d’ailleurs en lien avec notre conception de la dignité humaine, qui veut que l’homme, même simple d’esprit, est capable de raisonner. (Qu’on songe à l’évangile : « il a révélé aux enfants et aux simples d’esprit ce qu’il a caché aux sages et aux érudits »). Je ne dis pas que c’est facile... et puis, moi le premier, nous avons beaucoup de chemin à faire. 

      Néanmoins, songeons à ces intellectuels juifs (Pierre Nora, Pierre Vidal-Naquet, Annie Kriegel, etc.) qui se sont opposés à la « loi gayssot ». Ils savaient que cela ferait avancer la censure sans faire reculer l’antisémitisme. Et, 30 ans après, on voit bien qu’ils avaient raison. 

      De même, la lutte contre l’homophobie ne doit pas, à mon sens, se « déréaliser » dans une sorte de politiquement correct qui ne résout rien. Freud nous a appris que le refoulement ne fait nullement disparaître une idée. Il faut plutôt avoir le courage du débat argumenté. Ce qui implique, nous-mêmes, de clarifier nos arguments. 

      Cela peut sembler long et vain, toujours à recommencer. Néanmoins, c’est là le génie de l’Occident. Sans quoi, le fatalisme, la pravda ou la charia nous tendent les bras pour nous soumettre dans le renoncement. 


    • La Bête du Gévaudan 1er décembre 2025 02:07

      Inépuisablement, il montre aux chefs des groupements le danger qu’entraîne le déchirement de la Résistance (...). Qui donc sait encore ce qu’il fallut d’acharnement pour parler le même langage à des instituteurs radicaux ou réactionnaires, des officiers réactionnaires ou libéraux, des trotskistes ou communistes retour de Moscou, tous promis à la même délivrance ou à la même prison ; ce qu’il fallut de rigueur à un ami de la République espagnole, à un ancien « préfet de gauche », chassé par Vichy, pour exiger d’accueillir dans le combat commun tels rescapés de la Cagoule !

      André Malraux (discours pour Jean Moulin au panthéon).



  • Thot Thot 30 novembre 2025 00:09

    Personnellement, je suis ok de vivre dans un monde où tout le monde ne pense pas comme moi. Heureusement que la Russie offre un asile pour des gens comme lui. On pourrait presque imaginer une dictature mondiale woke qui opprimerait le virilisme. On n’y est pas encore et c’est tant mieux. Ainsi, le mode d’expression reste diversifié et c’est logique, finalement, d’apprécier les choses ainsi, surtout si on est un peu plus tolérant à priori que ce garçon.


    • Giuseppe di Bella di Santa Sofia Giuseppe di Bella di Santa Sofia 30 novembre 2025 12:35

      Bonjour @Thot,

      Vous écrivez : « En Russie, Polunin serait toléré ». 

      Non : en Russie, un danseur qui afficherait publiquement son homosexualité serait arrêté, condamné à une amende ou pire. Polunin, lui, est toléré parce qu’il crache sur les homosexuels, se tatoue Poutine et danse pour l’armée qui bombarde son propre pays d’origine. C’est tout le contraire de la tolérance : c’est le conformisme le plus servile.

      Quant à votre « la tolérance a bon dos » : la vraie tolérance, ce n’est pas accepter que l’on traite des êtres humains de « honte » ou qu’on les menace de gifles. C’est précisément refuser cela, ici comme à Moscou.

    • Fergus Fergus 1er décembre 2025 09:20

      Bonjour, Thot

      « Heureusement que la Russie offre un asile pour des gens comme lui »
      Vous plaisantez ! Poutine déteste les homosexuels et n’hésite pas à les embastiller.


    • Fergus Fergus 1er décembre 2025 09:25

      Bonjour, Giuseppe di Bella di Santa Sofia

      « Polunin, lui, est toléré parce qu’il crache sur les homosexuels, se tatoue Poutine et danse pour l’armée qui bombarde son propre pays d’origine »
      En effet, son cas est particulier.

      Et la tolérance dont il bénéficie de la part de Poutine est de même nature que celle qu’accorde le dictateur du Kremlin aux nazis russes, naguère ciblés et honnis, mais de facto tolérés depuis qu’ils ont entrepris, dès 2022, de détruire les Ukrainiens.


    • Thot Thot 1er décembre 2025 09:33

      @Fergus @Giuseppe

      Je ne comprends pas très bien, vous auriez préféré que ce danseur ne puisse pas exprimer ses pulsions ? Si les gays se sentent mal en Russie, ils ont la possibilité de venir en Europe. Les migrations par commodité culturelle, ça a toujours existé.
      Je suis pour la diversité culturelle mondiale. Si tous les pays du monde ressemblaient à ce mélange batard USA-France, ça serait d’un ennui absolu.


    • Christophe 4 décembre 2025 02:48

      @Thot
      En effet, beaucoup d’anthropologues considèrent que la richesse de l’humanité est sa diversité et ils ont toujours constaté que cette diversité se vérifiait dans les faits.
      La difficulté est sans doute celle que vous soulevez. L’occident semble souffrir d’un syndrome de supériorité culturelle le poussant à vouloir imposer sa culture dans le monde, considérant pour la plupart que nous avons un niveau culturel supérieur aux autres.
      Ce qui est gênant dans ce type de comportement est qu’il a déjà existé mais il était basé sur les races et on a vu ce que cela a donné.
      Je ne vois pas pourquoi un homosexuel ne pourrait pas vivre sa vie pas plus qu’un homophobe a tout autant le droit de vivre sa vie. Les mouvements transgenres ne cessent de revendiquer leur existence, les homophobes ont les mêmes droits. Et entre les deux, il y a les tolérants qui subissent la connerie du monde, l’extrémisme.


  • SilentArrow 30 novembre 2025 08:07

    @Giuseppe di Bella di Santa Sofia

    Moi, je ne suis pas homophobe, mais je ne suis pas homophile non plus. Faut pas exagérer.

    Je trouve que les LGBTQQQ exagèrent. Et comme tout ce qui va trop loin dans une direction, cela va provoquer un retour du balancier.

    Il faut s’attendre au pire et ils l’auront bien cherché.


    • Giuseppe di Bella di Santa Sofia Giuseppe di Bella di Santa Sofia 30 novembre 2025 12:45

      Bonjour @SilentArrow,

      Votre commentaire mérite une réponse posée, car il soulève une question légitime sur l’équilibre et les dérives possibles, même si je ne partage pas votre diagnostic. Vous n’êtes ni homophobe ni « homophile », dites-vous, et c’est déjà une position honnête dans un débat souvent binaire. Mais quand vous parlez d’exagérations de la part des « LGBTQQQ » et d’un « retour du balancier » qu’ils auraient « bien cherché », permettez-moi de m’inquiéter.

      D’abord, ce « retour du balancier » n’est pas une loi physique neutre : c’est souvent le nom qu’on donne à la réaction des pires conservateurs, ceux qui transforment une frustration légitime en chasse aux sorcières. Regardez la Russie de Poutine, que j’évoque dans l’article : les lois anti-« propagande » n’ont pas été votées parce que les droits LGBT « exagéraient », mais pour consolider un pouvoir qui a peur de toute différence. Et là, ce n’est pas un balancier : c’est une répression d’État, avec des arrestations pour un baiser ou un arc-en-ciel, et des suicides en cascade. A-t-on « bien cherché » cela ? Non, c’est une violence gratuite.

      Ensuite, sur les « exagérations » : oui, il y en a, et je les critique moi-même dans un article récent sur AgoraVox (LGB contre LGBTQ+ : la révolte des oubliés). Une partie du mouvement a dérapé vers une orthodoxie qui étouffe les voix internes, au nom d’une inclusion qui vire à l’exclusion. Mais confondre cela avec l’homophobie brute de Polunin – qui traite les hommes gays de « honte » et appelle à les gifler – c’est jeter l’eau du bain avec le bébé. La vraie exagération, c’est de tolérer des discours qui incitent à la haine, pas de les dénoncer.

      Enfin, « il faut s’attendre au pire » : je préfère croire qu’on peut éviter le pire en nommant les choses. Pas en attendant le balancier pour justifier la revanche. La tolérance n’a pas « bon dos », comme l’écrivait un autre commentateur : elle est fragile, et c’est à nous tous de la défendre, sans excuser les bourreaux.

      Merci pour cette réflexion, qui force à clarifier. Continuons le débat sans les extrêmes.

    • SilentArrow 1er décembre 2025 01:33

      @Giuseppe di Bella di Santa Sofia
       

      Non, c’est une violence gratuite.

      Je ne pense pas. Un état comme la Fédération de Russie ne peut pas se permettre une violence gratuite.
      Il faudrait peut-être chercher qui finance la propagande LGBTQQQ en Russie pour comprendre les réactions du gouvernement russe.
      Personnellement, je pense que toutes les initiatives de l’Open Society de ce cafard de Soros, doivent être écrasées dans l’œuf.

  • Christophe 30 novembre 2025 09:27

    @l’auteur

    Donc pour la symbolique dont vous ne connaissez pas le sens vous la condamnez. Je suppose que vous condamnez aussi la pauvre pucelle d’Orléans car elle est le symbole de l’extrême droite ?

    Et pour quelqu’un qui soutien des personnes portant des symboliques nazies je trouve que vous en faites beaucoup autour de ce symbole, vous ne croyez pas ?

    Les LQGBT++ ne me gênent pas, ils ne m’ont jamais gêné, ils peuvent vivre leur vie comme ils l’entendent mais il n’ont pas l’obligation de vouloir imposer leur vision du monde aux autres, cette forme de dictature des minorités, chère aux occidentaux qui s’autoproclament cultivé, sans doute mais sur la pente déclinante alors, est vraiment pesante tout autant que l’homophobie.

    Ce qui est admirable finalement c’est de constater qu’il n’y a plus de discussion possible et que nous allons droit vers des jours sanglants. Se plaindre de l’extrémisme d’autrui en étalant son propre extrémisme va sans doute construire des ponts de dialogue, à n’en pas douter, des dialogues qui prendront la forme déchange de tirs.


    • Christophe 30 novembre 2025 09:45

      @Christophe
      Juste pour donner quelques précisions.

      Dans la mythologie slave, le kolovrat est un symbole dédié dédié à Svarog, le dieu du feu et de la métallurgie.

      Le Kolovrat est un symbole important dans la culture et la mythologie vikings, associé à plusieurs significations importantes :

      • Selon la mythologie viking, le Kolovrat est un symbole associé à Odin, dieu des guerriers et de la sagesse. La légende stipule que Odin portait un collier appelé « drakkar » qui comportait une roue similaire au Kolovrat autour de son cou. Ce symbole était censé lui offrir protection et sagesse lorsqu’il partait en voyage ou se battait au combat. Le Kolovrat est souvent considéré comme un symbole de protection pour les guerriers vikings, leur offrant une source de sagesse et de force dans les moments difficiles.
      • Selon la mythologie nordique, le Kolovrat représente le cycle de la vie et de la mort, soulignant que toutes choses ont un début et une fin. Il symbolise également les cycles cosmiques et l’harmonie entre les forces du bien et du mal, mettant en lumière l’importance de trouver l’équilibre et l’harmonie dans la vie.
      • Le Kolovrat est également associé à l’idée de régénération et de renaissance, soulignant l’importance de la mort et de la renaissance dans le cycle de la vie.
      Kolovrat est un groupe russe de rock. D’ailleurs il reste assez marrant que les personnes qui s’autoproclament cultivée et classent ce groupe dans les groupe de rock nazi parce qu’ils portent ce symbole et ont fait de ce symbole le nom de leur groupe oublient que le Kolovrat est senestre (gauche) alors que les symbole nazis sont à l’opposé, sont dextre (droite). Mais que voulez-vous, du métal russe ne peut être que nazi en cette période de russophobie décomplexée smiley. Ce groupe n’a rien à envier à certains groupes nordiques de métal mais personne n’en parle, ils sont européens.

    • Giuseppe di Bella di Santa Sofia Giuseppe di Bella di Santa Sofia 30 novembre 2025 12:51

      Bonjour @Christophe,

      Votre double intervention est précieuse, car elle illustre à la perfection ce que j’évoquais dans l’article : la confusion du grand public autour des symboles anciens, qui sont souvent réappropriés par des extrémismes sans que l’histoire ne soit pleinement comprise. Vous défendez le Kolovrat comme un emblème païen slave dédié à Svarog (dieu du feu et de la forge) ou à Odin dans la mythologie nordique, symbolisant protection, cycles cosmiques, harmonie et régénération. Et vous avez raison : à l’origine, c’est un motif pré-chrétien neutre, une roue solaire tournoyant vers la gauche (senestre), loin de la svastika nazie dextre

      .Le problème, comme je l’écrivais, n’est pas sa signification ancestrale, que personne ne conteste sérieusement. C’est son détournement moderne par l’ultranationalisme slave : skinheads russes, Rodnovers extrémistes, patches du Wagner Group, qui en font un « dog whistle » pour l’aryanisme et l’anti-occidentalisme. Polunin, en le tatouant sous Poutine en 2018, choisit ce contexte géopolitique : annexion de la Crimée, lois anti-LGBT, revival païen pro-Kremlin. C’est cette alliance qui rend le symbole toxique aujourd’hui, pas son folklore originel. Quant au groupe de rock Kolovrat, vous avez raison : il est injustement étiqueté nazi par russophobie ambiante, mais son nom et son esthétique flirtent avec ces mêmes cercles, une nuance que la propagande exploite.

      Sur Jeanne d’Arc : non, je ne la condamne pas pour son étendard (fleur de lys et croix), même si l’extrême droite l’instrumentalise. L’histoire n’est pas figée ; c’est l’usage qui compte. Et sur les « LQGBT++ » imposant leur vision : je suis d’accord, c’est une dérive que je critique ailleurs (voir mon article sur la révolte LGB contre le dogme TQ+). Mais l’homophobie de Polunin n’est pas une « réaction équilibrée » : c’est de la haine brute, qui justifie la répression russe. Le vrai danger, ce n’est pas le balancier, mais l’inaction face aux bourreaux.

  • njama njama 30 novembre 2025 11:38

    La théorie du genre c’est d’effacer les genres biologiques, homme & femme, c’est de ce point de vue une théorie négationniste ! les théories sur la sexualité c’est autre chose, elles cherchent à faire valider socialement, voire moralement, des pratiques autres que hétérosexuelles.

    Les LGBTQIA+ gagneraient à être moins tapageur, provocateur, (Marche des fiertés, Gay Pride... et autres carnavals woke) pour être mieux accepté.e.s dans leurs singularités marginales, l’impudicité et le libertinage n’ont pas leur place dans l’espace public... et encore moins face à des enfants.

    L’homophobie me semble... être la conséquence de ces excès, bien davantage qu’un atavisme anthropologique sur la virilité qui codifiait presque sous toutes les latitudes les unions hétérosexuelles.

    Cette société contemporaine parle beaucoup trop de sexe, depuis Freud, de sexualité, de « vie sexuelle » (un concept qui ne veut rien dire !)... parce que c’est vendeur, le sexe c’est vendeur, mais indirectement c’est très pervers, parce qu’il y a derrière cet hédonisme  un nouvel opium du peuple ?  une perte de sacralité au passage.


    • Giuseppe di Bella di Santa Sofia Giuseppe di Bella di Santa Sofia 30 novembre 2025 12:57

      Bonjour @njama,

      Merci pour ce commentaire qui, malgré son ton critique, soulève des questions légitimes sur les dérives possibles de certaines expressions publiques. Mais permettez-moi de clarifier un point essentiel : mon article ne dit absolument rien sur la « théorie du genre » – ce concept que vous évoquez comme une négation des sexes biologiques, et sur lequel nous pourrions débattre longuement ailleurs. Non : je parle d’homophobie pure et simple, celle qui consiste à traiter les hommes gays de « honte » ou d’« embarras », à les menacer de gifles, ou à vomir à l’idée d’un baiser entre deux hommes. C’est ce que Sergei Polunin a écrit textuellement en 2019, et que l’article d’AgoraVox que je critique édulcore en « provocations viriles ».

      Vous attribuez cette homophobie à des « excès » des LGBTQIA+ (marches des fiertés, « tapage » public) : c’est une confusion classique, mais elle inverse la causalité. L’homophobie n’est pas une « conséquence méritée » d’événements festifs ou militants : elle est antérieure, ancrée dans des normes anthropologiques que vous mentionnez vous-même (unions hétérosexuelles codifiées partout). Les marches des fiertés ne « provoquent » pas la haine ; elles répondent à des persécutions réelles, comme en Russie où un emoji arc-en-ciel peut valoir la prison depuis 2023. Et sur la sacralité du sexe ou l’hédonisme « vendeur » : je suis d’accord que la société en parle trop, souvent à vide (Freud a ouvert une boîte de Pandore commerciale). Mais l’homophobie de Polunin n’est pas une critique philosophique du libertinage : c’est une violence verbale qui justifie la répression d’État, tatouée de symboles ambigus comme son Kolovrat sous Poutine.

      Quant à être « moins tapageur » pour être accepté : c’est un peu comme demander aux Noirs des années 1960 d’être « moins bruyants » pour ne pas irriter les ségrégationnistes. La vraie acceptation vient de la reconnaissance des droits, pas du silence imposé. C’est l’homophobie brute qu’il faut nommer, pas la reléguer à un « balancier » contre des carnavals.

  • Eric F Eric F 30 novembre 2025 18:30

    l’idéologie n’est assurément pas de l’art, mais on sait que la provocation fait partie des caractéristiques de certains artistes, la comparaison avec Noureev peut constituer en ce que l’un comme l’autre vont à l’encontre de la bienpensance de l’intelligentsia de leur époque.


Réagir



https://middlepassage.dei.uc.pt/https://privacycolab.dei.uc.pt/https://cmd.dei.uc.pt/https://henrique.dei.uc.pt/
https://merdekakreasi.co.id/buku/pkvgames/https://merdekakreasi.co.id/buku/bandarqq/https://merdekakreasi.co.id/buku/dominoqq/https://merdekakreasi.co.id/tentang-kami/
https://simseam.ft.uns.ac.id/https://sipil.ft.uns.ac.id/slot gacorhttps://aku.ac.id/https://jpl.staiku.ac.id/https://jist.publikasiindonesia.id/slot gacorhttps://akperstg.ac.id/https://fisip.uisu.ac.id/https://web.pn-sidrap.go.id/
https://hormon-osteoporosezentrum.de/judi bolahttps://saopaulodeolivenca.am.gov.br/slot gacor