Commentaire de Giuseppe di Bella di Santa Sofia
sur Polunin n'est pas Noureev : l'homophobie n'est pas de l'art
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Bonjour @njama,
Merci pour ce commentaire qui, malgré son ton critique, soulève des questions légitimes sur les dérives possibles de certaines expressions publiques. Mais permettez-moi de clarifier un point essentiel : mon article ne dit absolument rien sur la « théorie du genre » – ce concept que vous évoquez comme une négation des sexes biologiques, et sur lequel nous pourrions débattre longuement ailleurs. Non : je parle d’homophobie pure et simple, celle qui consiste à traiter les hommes gays de « honte » ou d’« embarras », à les menacer de gifles, ou à vomir à l’idée d’un baiser entre deux hommes. C’est ce que Sergei Polunin a écrit textuellement en 2019, et que l’article d’AgoraVox que je critique édulcore en « provocations viriles ».
Vous attribuez cette homophobie à des « excès » des LGBTQIA+ (marches des fiertés, « tapage » public) : c’est une confusion classique, mais elle inverse la causalité. L’homophobie n’est pas une « conséquence méritée » d’événements festifs ou militants : elle est antérieure, ancrée dans des normes anthropologiques que vous mentionnez vous-même (unions hétérosexuelles codifiées partout). Les marches des fiertés ne « provoquent » pas la haine ; elles répondent à des persécutions réelles, comme en Russie où un emoji arc-en-ciel peut valoir la prison depuis 2023. Et sur la sacralité du sexe ou l’hédonisme « vendeur » : je suis d’accord que la société en parle trop, souvent à vide (Freud a ouvert une boîte de Pandore commerciale). Mais l’homophobie de Polunin n’est pas une critique philosophique du libertinage : c’est une violence verbale qui justifie la répression d’État, tatouée de symboles ambigus comme son Kolovrat sous Poutine.
Quant à être « moins tapageur » pour être accepté : c’est un peu comme demander aux Noirs des années 1960 d’être « moins bruyants » pour ne pas irriter les ségrégationnistes. La vraie acceptation vient de la reconnaissance des droits, pas du silence imposé. C’est l’homophobie brute qu’il faut nommer, pas la reléguer à un « balancier » contre des carnavals.
