Commentaire de La Bête du Gévaudan
sur Polunin n'est pas Noureev : l'homophobie n'est pas de l'art
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Il nous faut avoir le courage de répondre et d’argumenter contre les horreurs que nous lisons parfois... la censure n’est pas une solution... d’une part, parce-que nous tomberions nous-mêmes dans l’autoritarisme (« politiquement correct »), et d’autre part parce-que convaincre fonctionne mieux que contraindre.
C’est d’ailleurs en lien avec notre conception de la dignité humaine, qui veut que l’homme, même simple d’esprit, est capable de raisonner. (Qu’on songe à l’évangile : « il a révélé aux enfants et aux simples d’esprit ce qu’il a caché aux sages et aux érudits »). Je ne dis pas que c’est facile... et puis, moi le premier, nous avons beaucoup de chemin à faire.
Néanmoins, songeons à ces intellectuels juifs (Pierre Nora, Pierre Vidal-Naquet, Annie Kriegel, etc.) qui se sont opposés à la « loi gayssot ». Ils savaient que cela ferait avancer la censure sans faire reculer l’antisémitisme. Et, 30 ans après, on voit bien qu’ils avaient raison.
De même, la lutte contre l’homophobie ne doit pas, à mon sens, se « déréaliser » dans une sorte de politiquement correct qui ne résout rien. Freud nous a appris que le refoulement ne fait nullement disparaître une idée. Il faut plutôt avoir le courage du débat argumenté. Ce qui implique, nous-mêmes, de clarifier nos arguments.
Cela peut sembler long et vain, toujours à recommencer. Néanmoins, c’est là le génie de l’Occident. Sans quoi, le fatalisme, la pravda ou la charia nous tendent les bras pour nous soumettre dans le renoncement.
