Commentaire de Étirév
sur Droits du travail : passé, présent ; futur


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Étirév 13 décembre 2025 09:59

ORGANISATION DU TRAVAIL DANS LA JEUNESSE DE L’HUMANITÉ
Quelques mots sur l’histoire de la propriété foncière, pour montrer que les biens nationaux ne sont légitimes que quand ils appartiennent à la Matrie.
Avant l’organisation matriarcale, les hommes erraient d’un lieu à l’autre, étrangers au sol qu’ils occupaient.
Les Déesses-Mères (« Reine » diront les modernes), en organisant le travail, divisèrent le sol et le délimitèrent pour les travaux agricoles. Elles donnèrent aux hommes la part de terre qu’ils avaient à cultiver. De là vint le mot tenancier, qu’on retrouve dans le vieux mot latin « tenere » (tenir ; celui qui a).
Mais le tenancier devait donner une part de ses produits à la Mère, à l’organisatrice, dont le rôle moral, maternel, éducateur, n’était pas producteur des biens matériels nécessaires à la vie. Il fallait donc que l’homme travaillât pour elle et pour les enfants de la collectivité. Il faisait cinq parts du produit de sa terre, en gardant quatre et donnant la cinquième à sa Maîtresse. Le travail que représentent ces quatre parts a eu des appellations restées dans les langues. Ainsi, « arbé », dans les langues celtiques, veut dire quatre. De là s’est formé « arbeit » qui, en celtique, signifie travailler (en allemand « arbeiten »).
« Arabe » est le nom donné à ceux qui étaient soumis à cette redevance (« arba’a » : quatre en arabe).
Arabe ne serait pas un nom de peuple, mais un nom générique désignant celui qui travaille la terre. « Arare » veut dire labourer.
Les Bretons étaient quelquefois appelés « arbi » (hébreu, heber, arabe), ceux qui travaillent.
Chez les Celtes, où « Vyer » signifie quatre, la grange dans laquelle se gardaient ces quatre parts fut appelée « Vyer heim » (« vyer », quatre, « heim », demeure), d’où nous avons fait « ferme ».
Le souvenir du cinquième lot payé à la Maîtresse laisse également des traces dans le mot « five », qui signifie cinq et dont on fait fief.
Une ferme s’appela « quinta » chez les Ibères. Le grec « pente », cinq, forma le latin « penaere », payer l’impôt.
Et, si nous poussons plus loin, nous trouvons que, dans la langue géorgienne, cinq se dit « chuth », qui n’est que le « schot » celtique, tribut. En Corée, cinq se dit « tasel », désignant par son nom même la taxe imposée au tenancier.
La personne à qui était payé l’impôt s’appelait « Fron » (Frau, Dame). La terre de son obédience prit le nom de « Fron-terre », dont nous avons fait frontière. L’homme tenancier se fixa sur le sol où il errait auparavant sans s’y intéresser. A partir de ce moment, il contracta des habitudes de permanence, et cela eut un retentissement sur sa vie morale ; ses affections passagères devinrent plus durables quand il demeura dans un même lieu. Mais ce fut aussi le commencement de l’idée de propriété foncière, qui devait avoir un si triste avenir à cause de l’exagération que l’homme met dans tout ce qu’il fait, et à cause aussi de ce manque de jugement qui l’empêche d’apercevoir les causes naturelles des choses, surtout du Droit des Femmes, ce privilège donné à l’autre sexe et dont il ne comprend pas le motif. C’est ainsi qu’avec le temps les hommes commencèrent à trouver bien lourde leur sujétion. Ils travaillaient sur un sol dont ils n’héritaient pas (la fille seule héritait). On vit alors des hommes, plus audacieux que les autres, s’attacher à la Maîtresse et prétendre partager avec elle la redevance des tenanciers.
Alors le cinquième donné fut divisé, et chacune de ses deux moitiés devint un dixième (la Dîme).
C’est ainsi que Joseph, à la cour de Pharaon, régla la taxe du peuple (Genèse, XLI, 24).
Théophile Cailleux ( Origine celtique de la civilisation de tous les peuples) dit : « Le cinquième se dédoubla dans la suite, par la séparation des pouvoirs (civil et religieux), ce qui produisit la Dîme. »
Par civil, il faut entendre le pouvoir masculin, et par religieux, le pouvoir féminin.
C’est le commencement du partage de l’autorité entre l’Homme et la Femme.
Par toute la terre, nous trouvons la même organisation.
La loi divine de Manou attribuait à la Déesse-Mère le sixième du revenu. Darius instaura en Perse cette redevance, mais dans des conditions de gouvernement masculin qui font de la Maîtresse un Maître. Quelle différence entre le Maître et la Maîtresse, entre la douceur dans l’assujettissement naturel de l’homme à la Femme et l’assujettissement forcé d’un homme sous le joug brutal d’un autre homme !
Le servage est issu de cet esclavage illégal, imposé par l’homme vainqueur à l’homme plus faible qui, ayant été dépossédé de ses droits de propriété par la force, est obligé de se soumettre à un Maître de terre, un Maître terrien, et se trouve forcé de lui consacrer une partie de son travail, comme l’homme des anciens temps gynécocratiques la consacrait à la Mère commune de la Tribu.
C’est encore ici l’imitation d’une loi légitime devenue illégitime par le changement des sexes.
L’homme doit le produit de son travail à la Femme parce qu’elle est d’une autre nature que lui et parce qu’elle est la Mère qui a enfanté l’humanité, il ne doit rien à un autre homme qui peut travailler comme il travaille.
L’obéissance de l’homme à la Femme est une vertu. L’obéissance de l’homme à un autre homme est une bassesse.
Celui qui, dans l’antiquité, cherchait à se libérer de l’autorité maternelle était flétri, et le mot libertin indique le sens de cette flétrissure.
Les principes qu’on inculquait à l’enfant lui donnaient le respect de l’autorité maternelle, il savait que sa soumission l’ennoblissait.
Le jeune homme était encore le dévoué serviteur de la Dame, et il en était récompensé par des marques d’approbation que sa conscience demandait, par des signes de tendresse que son cœur désirait. Cela mettait dans sa vie l’immense satisfaction du Bien réalisé, en même temps que cela le mettait à l’abri des soucis de la vie matérielle, la Dame pourvoyant à tout, et c’est pour cela qu’elle est la « Providence ». L’homme tenait tout de cette sécurité providentielle.
L’ancienne organisation matriarcale régnait partout, elle avait établi une autorité morale, religieuse et législative, invincible comme tout ce qui est basé sur les lois de la Nature.
NB : Le régime maternel, c’est l’égalité des enfants devant la Mère et devant sa loi.
Dans le régime maternel, les hommes ne sont pas divisés en castes, il n’y a ni pauvres ni riches, tous travaillent, mais le travail n’avilit pas, au contraire, c’est une loi générale à laquelle tous se soumettent avec joie. C’est pour cela que l’antiquité nous montre la vie agricole sous un aspect poétique, esthétique et joyeux, que les modernes ne connaissent plus.
Le travailleur n’a pas l’aspect du prolétaire moderne, il ne se distingue pas par des vêtements sordides, par un langage vulgaire, par un manque d’éducation ; tout cela est le résultat des castes masculines. Le travailleur de l’ancien régime, c’est le berger qui chante les vers du poète, c’est la bergère enrubannée, gracieuse et même élégante, les dryades, les hamadryades, les nymphes, etc. La caste pauvre n’existe pas. Le peuple malpropre n’est pas né. Il y a partout beauté, propreté, abondance et joie.
Rappelez-vous les Bucoliques de Virgile. Celui qu’il appelle Tityre et qui chante sous un arbre ne ressemble pas au paysan moderne, malpropre, mal élevé, avare et souvent brutal.
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