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Droits du travail : passé, présent ; futur - AgoraVox le média citoyen
samedi 13 décembre 2025 - par Jacques-Robert SIMON

Droits du travail : passé, présent ; futur

Les Droits du Travail, ce qu'ils sont, ce qu'ils seront.

Les Droits du Travail ont été établis en 1945 à la suite de plusieurs dizaines de millions de morts dont 300 000 Français. Profitant du fait qu'une grande partie du patronat était déconsidérée à cause d'une collaboration plus ou moins visible avec un régime honni, l'établissement d'une Sécurité Sociale assise sur des cotisations salariales et non pas sur des impôts put être établi. La loi sur les 40 heures de travail est promulguée, un système permettant le financement de la retraite des travailleurs est construit. La richesse du pays mesurée en PIB/habitant était approximativement 40 fois moindre à cette époque que maintenant.

Il s'ensuivit 30 années dites glorieuses mais « Tant que la vie est ascendante, bonheur et instinct sont identiques. ». Les Temps Modernes s'annonçaient dès le début du XXsiècle en robotisant les ouvriers pour leur faire produire une automobile si peu coûteuse qu'ils pourront l'acheter avec le salaire reçu. Une bifurcation dans l'espèce humaine était en route vers la production d'individus mécanisés et collectivisés qui, tels des marionnettes, s'agitaient grâce à d'invisibles fils.

Le premier choc pétrolier en 1973 marque une dépossession de la puissance des pays occidentaux sur le Monde par l'accaparation du prix du pétrole par les pays producteurs. .En 1976, les accords de Bretton Woods sont abandonnés sont abandonnés, le dollar américain n'est plus convertible en or à taux fixe. Les révolutions ne consistent pas toujours à agiter les têtes de ses ennemis au bout d'une pique, elles peuvent consister en un changement irréversible des règles du jeu économique et par voie de conséquence politique. Le capitalisme industriel cède alors le pas au capitalisme financier. Pour compléter le processus, Les mouvements de capitaux sont entièrement libéralisés en 1988, Le capitalisme industriel ancien maintenait une certaine dépendance territoriale entre maîtres et valets, bien que l'affichage soit plus important que la réalité, culturelle ou cultuelle., Le capitalisme financier permet de supprimer totalement tout lien autre que financier. Ceux qui partent optimisent, ceux qui restent subissent.

En 2008, le Droit du travail va être révolutionné par la création du statut d'auto-entrepreneur. Les prélèvements sociaux des autoentrepreneurs sont de l'ordre de 10 à 20% du chiffre d'affaires qui peut être nul. Le régime de micro- ou auto-entreprise permet aux donneurs d'ordre ; à travers la sous-traitance ; de se débarrasser de la plupart des contraintes sociales (horaires flexibles, pas d'assurance chômage, pas de congés payés, pas de prévention des accidents du travail.... Ceci contribuera de façon significative à fluidifier les relations entre patrons (du latin patronus issu de pater, le père) et employés. C'est un petit pas vers l'autonomisation des travailleurs qui ne peuvent plus bénéficier de systèmes collectifs pour les Droits sociaux. Le piège est grossier, mais ceux qui dirigent se réfugient dans les bons sentiments puisqu'ils donnent du travail à des miséreux.

La Poste existe en France depuis 600 ans. Cette entreprise a connu divers statuts tous liés plus ou moins étroitement avec l'Etat, monopole public ou régie. En 2010, La Poste est transformée en Société Anonyme à capitaux 100% publics. Ceci suivait rn 2003 la nécessité d'ouverture à la concurrence puis deux ans plus tard la dérégulation postale. Les plans stratégiques se succédèrent pour qu'en 2022 le Groupe La Poste soit rebaptisé La Poste Groupe. L'année précédente le Groupe La Poste avait absorbé la Caisse des dépôts et la Banque Postale.. Le groupe fait un chiffre d'affaires de 34 milliards d'euros et il comprend 226 000 collaborateurs avec un statut lié au secteur public. Il compte 39,6% de femmes et le reliquat d'hommes. 

Cette exemplaire organisation, probablement réellement plus vertueuse que toutes ses consoeurs ; a l'habitude de déléguer une partie de ses activités à Chronopost, une Société par Actions Simplifiées de moindre envergure (CA ; 1,5 million d'euros) ; qui elle même sous-traite à Derichebourg puis Derichebourg Interim.

En 2022, 18 travailleurs sans-papiers sont employés illégalement par Chronopost grâce à un système de sous-traitance en cascade. En 2019/2020, 27 salariés sans-papiers étaient dans la même situation.de Chronopost. Les contrats sont bien entendus ultra précaires, à la journée ou la semaine, les salaires entre 600 et 900 euros par mois. La Poste a été condamnée en décembre 2023 au Tribunal de Paris pour non-respect du devoir de vigilance, concernant un recours au travail sans-titre de séjour et quelquefois usage de fausses identités.

7,2 millions d’immigrés (10,7% de la population) vivent en France, selon les données du recensement 2023 de l’Insee. La population immigrée vivant en France a été triplée en un siècle. En comptabilisant les titulaires de l’aide médicale d’Etat (AME), proposée aux personnes résidant depuis au moins trois mois en France, quelle que soit la régularité de leur statut, 439 000 personnes, très probablement sans autorisation de séjour recevaient cette aide en juin 2023. 

Le détricotage des Droits du travail n'est évidemment pas l'apanage de La Poste et d'autres mécanismes mis en place sont quelquefois plus frappants. Ainsi, depuis le début du mois de janvier 2025, les métiers du BTP s'ouvrent aux travailleurs étrangers qualifiés. Par circulaire, le Ministère de l'Immigration aux préfets autorise la régularisation de sans-papiers embauchés ou titulaires d'une promesse d'embauche.,

Les deux syndicats les mieux implantés (CGT, CFDT) regroupent environ 600 000 adhérents et s'insurgent souvent des situations les plus critiques, ils sont potentiellement puissants mais les forces opposées sont si considérables et les problèmes structurels tellement nombreux qu'ils n'ont aucune chance de changer la donne d'autant plus qu'ils sont tiraillés entre deux positions incompatibles : défendre le système social, défendre les plus faibles.

Le Présent consiste donc à détruire le passé. Quant au futur ?

Il est aujourd'hui tout à fait possible de demander à un robot intelligent de chercher votre poubelle au pied de votre immeuble, de la conduire à un camion benne puis de la rapporter. Dans le même ordre d'idée des voitures électriques sont massivement produites dans des usines presque entièrement robotisées 'et sans éclairage devenu inutile dans certains ateliers).. Des automobiles intelligentes peuvent aller de Paris à Bordeaux sans chauffeur, voire même sans passagers en cas de pari stupide. Il est également possible d'instaurer dès maintenant une agriculture presque entièrement automatisée pour semer et récolter dans les champs. D'autres robots jouent mieux que quiconque aux échecs ou au jeu de Go. D'autres encore écrivent des textes dont sont devenus incapables des universitaires pourtant reconnus. Les robots ne vont pas remplacer les seules tâches répétitives et simples, ils peuvent d'ores et déjà remplacer presque n'importe quel individu même talentueux dans n'importe quelle situation.

Pourquoi alors n'installe-t-on pas des robots partout où c'est possible, ce qui réglerait le problème des Droits du Travail puisque les Robots intelligents ou pas n'en auraient aucun. Pour une raison simple ; si les Hommes de peine sont moins coûteux à l'achat, pour leur fonctionnement et leur maintenance que les Robots, l'optimisation de la rentabilité de l'entreprise imposera de garder des humains. L'énergie nécessaire à la construction et à la marche des Robots comparée à celle nécessaire aux humains pour leur nourriture montre cependant que l'on devra se passer des collaborateurs humains un jour prochain.

A terme, les Robots vont assurer docilement toutes les tâches productives avec autant de talent, plus de zèle et bien plus d'ardeur que les humains. Une nouvelle structure sociale verra le jour. Une toute petite fraction de l'humanité refusera toute espèce d'accointance avec le Monde mécanique. Elle cultivera seule, elle cuisinera seule, elle fera des enfants en famille. Sauf extrême nécessité, elle n'acceptera aucune des facilités des humanoïdes.

Les humanoïdes résiduels ne seront pas tout à fait des robots mais plus du tout des humains. Ils erreront de site en site, de jeux vidéo en jeux vidéo, de sites de rencontre en sites de rencontre ; de plaisirs sordides en félicités artificielles. Ils seront bien au-delà de l'humain, dans le Néant.

 



8 réactions


  • lecoindubonsens lecoindubonsens 13 décembre 2025 08:59

    Désolé, rien à voir avec le sujet, mais ...

    si vous pensez que confinement et abattage des seuls animaux malades sont mieux qu’abattage massif de bêtes saines, vous pouvez signer cette proposition officielle

    https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-4553?locale=fr


  • Étirév 13 décembre 2025 09:59

    ORGANISATION DU TRAVAIL DANS LA JEUNESSE DE L’HUMANITÉ
    Quelques mots sur l’histoire de la propriété foncière, pour montrer que les biens nationaux ne sont légitimes que quand ils appartiennent à la Matrie.
    Avant l’organisation matriarcale, les hommes erraient d’un lieu à l’autre, étrangers au sol qu’ils occupaient.
    Les Déesses-Mères (« Reine » diront les modernes), en organisant le travail, divisèrent le sol et le délimitèrent pour les travaux agricoles. Elles donnèrent aux hommes la part de terre qu’ils avaient à cultiver. De là vint le mot tenancier, qu’on retrouve dans le vieux mot latin « tenere » (tenir ; celui qui a).
    Mais le tenancier devait donner une part de ses produits à la Mère, à l’organisatrice, dont le rôle moral, maternel, éducateur, n’était pas producteur des biens matériels nécessaires à la vie. Il fallait donc que l’homme travaillât pour elle et pour les enfants de la collectivité. Il faisait cinq parts du produit de sa terre, en gardant quatre et donnant la cinquième à sa Maîtresse. Le travail que représentent ces quatre parts a eu des appellations restées dans les langues. Ainsi, « arbé », dans les langues celtiques, veut dire quatre. De là s’est formé « arbeit » qui, en celtique, signifie travailler (en allemand « arbeiten »).
    « Arabe » est le nom donné à ceux qui étaient soumis à cette redevance (« arba’a » : quatre en arabe).
    Arabe ne serait pas un nom de peuple, mais un nom générique désignant celui qui travaille la terre. « Arare » veut dire labourer.
    Les Bretons étaient quelquefois appelés « arbi » (hébreu, heber, arabe), ceux qui travaillent.
    Chez les Celtes, où « Vyer » signifie quatre, la grange dans laquelle se gardaient ces quatre parts fut appelée « Vyer heim » (« vyer », quatre, « heim », demeure), d’où nous avons fait « ferme ».
    Le souvenir du cinquième lot payé à la Maîtresse laisse également des traces dans le mot « five », qui signifie cinq et dont on fait fief.
    Une ferme s’appela « quinta » chez les Ibères. Le grec « pente », cinq, forma le latin « penaere », payer l’impôt.
    Et, si nous poussons plus loin, nous trouvons que, dans la langue géorgienne, cinq se dit « chuth », qui n’est que le « schot » celtique, tribut. En Corée, cinq se dit « tasel », désignant par son nom même la taxe imposée au tenancier.
    La personne à qui était payé l’impôt s’appelait « Fron » (Frau, Dame). La terre de son obédience prit le nom de « Fron-terre », dont nous avons fait frontière. L’homme tenancier se fixa sur le sol où il errait auparavant sans s’y intéresser. A partir de ce moment, il contracta des habitudes de permanence, et cela eut un retentissement sur sa vie morale ; ses affections passagères devinrent plus durables quand il demeura dans un même lieu. Mais ce fut aussi le commencement de l’idée de propriété foncière, qui devait avoir un si triste avenir à cause de l’exagération que l’homme met dans tout ce qu’il fait, et à cause aussi de ce manque de jugement qui l’empêche d’apercevoir les causes naturelles des choses, surtout du Droit des Femmes, ce privilège donné à l’autre sexe et dont il ne comprend pas le motif. C’est ainsi qu’avec le temps les hommes commencèrent à trouver bien lourde leur sujétion. Ils travaillaient sur un sol dont ils n’héritaient pas (la fille seule héritait). On vit alors des hommes, plus audacieux que les autres, s’attacher à la Maîtresse et prétendre partager avec elle la redevance des tenanciers.
    Alors le cinquième donné fut divisé, et chacune de ses deux moitiés devint un dixième (la Dîme).
    C’est ainsi que Joseph, à la cour de Pharaon, régla la taxe du peuple (Genèse, XLI, 24).
    Théophile Cailleux ( Origine celtique de la civilisation de tous les peuples) dit : « Le cinquième se dédoubla dans la suite, par la séparation des pouvoirs (civil et religieux), ce qui produisit la Dîme. »
    Par civil, il faut entendre le pouvoir masculin, et par religieux, le pouvoir féminin.
    C’est le commencement du partage de l’autorité entre l’Homme et la Femme.
    Par toute la terre, nous trouvons la même organisation.
    La loi divine de Manou attribuait à la Déesse-Mère le sixième du revenu. Darius instaura en Perse cette redevance, mais dans des conditions de gouvernement masculin qui font de la Maîtresse un Maître. Quelle différence entre le Maître et la Maîtresse, entre la douceur dans l’assujettissement naturel de l’homme à la Femme et l’assujettissement forcé d’un homme sous le joug brutal d’un autre homme !
    Le servage est issu de cet esclavage illégal, imposé par l’homme vainqueur à l’homme plus faible qui, ayant été dépossédé de ses droits de propriété par la force, est obligé de se soumettre à un Maître de terre, un Maître terrien, et se trouve forcé de lui consacrer une partie de son travail, comme l’homme des anciens temps gynécocratiques la consacrait à la Mère commune de la Tribu.
    C’est encore ici l’imitation d’une loi légitime devenue illégitime par le changement des sexes.
    L’homme doit le produit de son travail à la Femme parce qu’elle est d’une autre nature que lui et parce qu’elle est la Mère qui a enfanté l’humanité, il ne doit rien à un autre homme qui peut travailler comme il travaille.
    L’obéissance de l’homme à la Femme est une vertu. L’obéissance de l’homme à un autre homme est une bassesse.
    Celui qui, dans l’antiquité, cherchait à se libérer de l’autorité maternelle était flétri, et le mot libertin indique le sens de cette flétrissure.
    Les principes qu’on inculquait à l’enfant lui donnaient le respect de l’autorité maternelle, il savait que sa soumission l’ennoblissait.
    Le jeune homme était encore le dévoué serviteur de la Dame, et il en était récompensé par des marques d’approbation que sa conscience demandait, par des signes de tendresse que son cœur désirait. Cela mettait dans sa vie l’immense satisfaction du Bien réalisé, en même temps que cela le mettait à l’abri des soucis de la vie matérielle, la Dame pourvoyant à tout, et c’est pour cela qu’elle est la « Providence ». L’homme tenait tout de cette sécurité providentielle.
    L’ancienne organisation matriarcale régnait partout, elle avait établi une autorité morale, religieuse et législative, invincible comme tout ce qui est basé sur les lois de la Nature.
    NB : Le régime maternel, c’est l’égalité des enfants devant la Mère et devant sa loi.
    Dans le régime maternel, les hommes ne sont pas divisés en castes, il n’y a ni pauvres ni riches, tous travaillent, mais le travail n’avilit pas, au contraire, c’est une loi générale à laquelle tous se soumettent avec joie. C’est pour cela que l’antiquité nous montre la vie agricole sous un aspect poétique, esthétique et joyeux, que les modernes ne connaissent plus.
    Le travailleur n’a pas l’aspect du prolétaire moderne, il ne se distingue pas par des vêtements sordides, par un langage vulgaire, par un manque d’éducation ; tout cela est le résultat des castes masculines. Le travailleur de l’ancien régime, c’est le berger qui chante les vers du poète, c’est la bergère enrubannée, gracieuse et même élégante, les dryades, les hamadryades, les nymphes, etc. La caste pauvre n’existe pas. Le peuple malpropre n’est pas né. Il y a partout beauté, propreté, abondance et joie.
    Rappelez-vous les Bucoliques de Virgile. Celui qu’il appelle Tityre et qui chante sous un arbre ne ressemble pas au paysan moderne, malpropre, mal élevé, avare et souvent brutal.
    Lien


  • titi titi 13 décembre 2025 17:42

    Le futur ?

    C’est que le salariat va disparaitre.

    Il faut être fou pour vouloir embaucher des salariés.


  • La Bête du Gévaudan 13 décembre 2025 23:48

    Quel salmigondis paranoïaque et dépressif ! 

    Je vous conseille de lire Frédéric Bastiat pour acquérir quelques notions en économie et sortir de votre dépression. 

    Bien cordialement. 


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